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« Crafted in Switzerland »

Publié le 23 mai 2013 par Toulouseweb
« Crafted in Switzerland »Un biréacteur d’affaires conçu par Pilatus volera l’année prochaine
Bien réelle, la qualité suisse fait la réputation d’horlogers et la réputation de chocolatiers. Mais elle est aussi bien réelle en matičre de construction aéronautique, bien qu’elle s’exerce sur une échelle modeste. Le slogan Ťcrafted in Switzerlandť s’applique en effet ŕ des produits réalisés avec art, un label que s’attribue aujourd’hui l’avionneur Pilatus pour vanter les mérites du PC-24, petit biréacteur d’affaires annoncé cette semaine, qui volera dans le courant du quatričme trimestre de l’année prochaine et commencera sa carričre opérationnelle début 2017.
Cette initiative témoigne d’une grande audace. Le marché est en effet déprimé, ŕ l’image d’une conjoncture économique détestable tandis que la concurrence est rude, ŕ l’échelle du monde. En cette matičre, les couleurs de l‘Europe sont défendues avec vigueur par Dassault Aviation, avec la gamme des Falcon, tandis que les autres intervenants, pour l’essentiel, sont américains. D’oů l’événement que constitue l’arrivée de Pilatus, société qui tient davantage de la PME que du géant industriel avec un effectif de moins de 1.600 personnes et un chiffre d’affaires annuel de 600 millions de francs suisses environ. Mais rien ne fait peur ŕ cette entreprise atypique, installée dans les Alpes uranaises, prčs de Lucerne, dans le canton de Nidwald. Pilatus est le nom d’une montagne qui, en 1939, a inspiré les pčres fondateurs du constructeur.
Pilatus a trouvé sa voie grâce ŕ des appareils utilitaires, d’entraînement, de voyage, ŕ commencer, clef de voűte de sa gamme actuelle, par l’excellent monomoteur PC-12 produit au rythme d’une soixantaine d’exemplaires par an. Il y a longtemps, Pilatus espérait réunir les conditions qui lui auraient permis de voir grand et, notamment, d’aborder le marché militaire avec un avion de combat, lequel n’alla jamais au-delŕ du stade du prototype. Aujourd’hui, lancer un jet d’affaires constitue un défi peu banal, d’autant qu’il s’agit lŕ d’une opération de longue haleine. Prudent, Pilatus ne prend pas encore de commandes mais affiche des données prometteuses. A commencer par un prix de 8,9 millions de dollars seulement.
La maquette en vraie grandeur de l’appareil, qui vient d’ętre dévoilée dans le cadre du salon professionnel EBACE, tenu ŕ Genčve, a aussitôt été trčs entourée. Doté de deux moteurs américains Williams FJ44, prévu pour 4 ŕ 10 passagers en plus des deux pilotes, il affichera une masse maximale au décollage de 8 tonnes et une distance franchissable de 3.610 kilomčtres. Des caractéristiques proches de celles des VLJ, Very Light Jets, mini jets relativement peu coűteux qui défrayčrent la chronique il y a quelques années, bénéficičrent de commandes massives puis se heurtčrent ŕ des difficultés diverses avant de quitter la scčne.
Pilatus préfčre parler de SVJ, Super Versatile Jet, ce qui ne veut pas dire grand’ chose. Si ce n’est qu’il s’agit ici d’appliquer le sérieux helvétique ŕ un programme que l’on imagine volontiers préparé avec le plus grand soin. De plus, męme si un tel objectif n’est pas évoqué, ce PC-24 devrait prouver qu’une entreprise de taille modeste peut arriver ŕ s’imposer dans le monde de l‘aéronautique fait de géants. D’oů la sympathie dont bénéficie d’ores et déjŕ ce nouveau venu.
Pierre Sparaco-AeroMorning

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