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Drrriiiiiing... Allo, L'Esprit Vagabond?

Publié le 26 mai 2013 par Espritvagabond
Je n'aime pas le téléphone, ce n'est pas un mode de communication que j'apprécie. J'utilise donc la chose le moins possible.J'ai toujours trouvé le téléphone dérangeant; on vous sonne, on s'attend à ce que vous arrêtiez toute activité pour accourir et répondre, peu importe vos plans. Ce n'est donc une surprise pour personne de savoir que je partage un cellulaire (un simple téléphone) avec mon amie Suze, et que je ne dispose d'aucun autre numéro de téléphone officiel.À l'autre bout du spectre des communications - c'est-à-dire l'écrit - là, je suis un fan. Vive le courriel. Vous expédiez le message quand vous voulez et d'où vous voulez, avec plus ou moins de détails au besoin, au rythme qui vous convient, avec la réflexion qui s'impose parfois, puis le correspondant en prends connaissance quand il veut, et d'où il veut. Convivial et pas du tout envahissant. Ainsi, la priorité dans mon appartement est bien plus d'avoir une bonne connexion internet qu'un téléphone!Cette longue introduction pour vous dire qu'en fait, il y a bien un téléphone chez moi, mais que je ne m'en sers pas. Ou seulement à l'occasion, et pour appeler, pas pour recevoir des appels. La ligne est là parce que la coopérative qui me fournit mon service internet inclus la ligne téléphonique dans le service. Depuis quelques années, j'avais branché sur cette ligne un téléphone acheté dans une boutique de scrap à 10$, mais il fonctionnait relativement mal, était très inconfortable, et sa sonnerie - un bilibilibip strident impossible à éteindre - était irritante. Tellement irritante que juste de l'entendre sonner m'enlevait toute envie d'y répondre! Quand les touches de composition ont commencé à ne plus fonctionner, j'ai décidé qu'il me fallait acheter un téléphone.Est-ce mon intérêt pour l'histoire et les antiquités, ou encore mon aversion pour les téléphones que l'on dit plus "intelligents" que leurs propriétaires (et qui semblent rendre ceux-ci moins intelligents au passage), je ne sais trop quel a été le facteur-clé, mais voilà, j'ai acheté un téléphone, qui trône maintenant fièrement au bout de son fil dans mon salon:
Drrriiiiiing... Allo, L'Esprit Vagabond?
J'ai toujours eu une certaine affection pour ces vieux téléphones Northern Telecom que l'on retrouvait partout dans ma jeunesse. Évidemment, les meilleurs étaient ceux avec la roulette, bien plus amusants que ces boutons, mais je pense que ma ligne téléphonique ne transmet plus les impulsions, seulement les tonalités. Aussi, comme les appels que je fais de ce salon impliquent souvent des conversations robotisées du genre "appuyez sur le 2", un antique téléphone à roulette n'aurait pas été très utile. Enfin, l'avantage de ce modèle sur les téléphones sans fil ultramodernes - ou cette scrap que l'on vend à 10$ - c'est sa charmante sonnerie, franche et honnête (et ajustable!) qui rappelle les beaux jours de mon adolescence, que je passais parfois à ouvrir les appareils à la recherche de compréhension sur leur fonctionnement.
Drrriiiiiing... Allo, L'Esprit Vagabond?
D'ailleurs, je n'ai pu résister longtemps à "ouvrir" ma nouvelle acquisition - bon, c'était d'abord pour le nettoyer de la poussière accumulée pendant ses mois/années au marché au puces à m'attendre - et je suis toujours admiratif de la charmante simplicité, l'élégance même, de l'appareil et de son fonctionnement. L'ensemble est un superbe exemple d'ingéniosité humaine à l'échelle humaine; la plupart des gens ayant un minimum de connaissances scientifiques peuvent démonter ce téléphone et en comprendre le fonctionnement. Essayez de faire ça avec un iPhone!
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Ne vous inquiétez pas, ceci n'est pas une chronique L'Esprit Vagabond devient un vieux grincheux nostalgique anti-progrès. Je vis dans la bonne époque, en ce qui me concerne, comme le démontre le merveilleux MacBook sur lequel je rédige ceci - et la tout aussi merveilleuse connexion internet qui me permet de publier ce texte dans les minutes qui suivront sa rédaction. Ce téléphone me rappelle toutefois (sans jeu de mot, haha) que parfois, les choses plus vieilles et moins in, sont mieux adaptées à certains de nos besoins.
Il y a donc deux commentaires politiques sous-jascent à cet achat (d'où ce billet de blogue, je vous ai bien eu).
Un. Ces vieux appareils n'étaient pas frappés par la maladie de l'obsolescence planifiée. Car contrairement à l'autre cochonnerie qu'il a remplacée, vieille de 3 ans, mon nouveau téléphone, âgé d'au moins 35 ans, fonctionne parfaitement et les voix y sont très claires. (Vous tenterez d'acheter et faire fonctionner un Blackberry en 2043 et on s'en reparlera).
Deux. Parfois, au lieu d'encourager la production de nouveaux biens et la consommation de ressources non renouvelables nécessaires à leur fabrication, mieux vaut regarder ce qui est déjà là, et qui peut parfaitement convenir à nos besoins.
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