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Bonne fête à toutes les mamans

Publié le 27 mai 2013 par Legraoully @legraoully

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Avant de rentrer dans le vif du sujet, je dois battre ma coulpe, profitez-en c’est pas tous les jours. Il y a quelques temps, j’appelais de mes vœux la naissance  d’un printemps français, sur le modèle des printemps arabes qui avaient envoyé valdinguer quelques dictateurs. Comme j’étais un chroniqueur immondain débutant, j’étais loin de me douter que les chrétiens liraient ma prose avec tant d’intérêt, et je me doutais encore moins que ces petits salopards rétrogrades allaient usurper l’appellation pour protester contre le mariage pour tous. Bien fait pour ma gueule, j’aurais dû la déposer à l’INPI. Voilà, fin de l’autoflagellation; Ludovine de la Rochère, si tu nous lis, sache que tu iras en enfer pour avoir dérobé le bien intellectuel de ton prochain, et que je t’y attendrai pour te trouer la culotte de cheval à coups de trident pour t’apprendre la politesse. (Ne vous inquiétez pas, je n’irai pas en enfer, ça n’existe pas, c’est juste pour épouvanter les simples d’esprit. En plus je suis un ange).

Mais l’objet de ma préoccupation ne se situe pas dans ces sombres histoires de plagiat éhonté. Comme vous l’aurez observé, les organisateurs de la Manif Pour Tous et du cortège de fachos qui les accompagnait ont astucieusement placé leur défilé le jour de la fête des Mères, pour bien rappeler à quel point ils tenaient à ce que le rôle de pondeuse en série ne revienne qu’à une femme, fécondée par un homme. Cet homme, outre la fourniture de la semence sacrée qu’il sait ne pas devoir gaspiller dans un Kleenex ou dans l’anus ou sur le visage d’un de ses copains, pourvoira par la suite à la protection de la famille (très important, ça, la famille). Expliqué comme ça c’est simple. Si on implique deux femmes ou deux hommes dans la problématique, on ne sait plus qui doit mettre bas, qui doit ensemencer et qui doit protéger, et c’est le bordel. La seule exception, c’est Jésus dont la daronne a eu le privilège de se faire engrosser par une tourterelle nommée Saint-Esprit. Je vous laisse vérifier si la loi sur le mariage pour tous inclue les columbiformes. En bref, c’est une organisation sociale passablement misogyne, on en a déjà parlé ailleurs et on n’y reviendra pas.

Ceci étant posé, posons-nous l’autre question induite par le symbole de la fête des Mères: qu’est-ce au fond qu’une mère, autrement appelée daronne, génitrice, auteure de nos jours, matrone ou parturiente? Sortez vos cahier, et prenez des notes. Pour les mêmes raisons que dans le paragraphe précédent, parfois la femme souffre d’hallucinations et prétend voir tourner une « horloge biologique », ou se sent subitement un « instinct maternel ». L’homme peine à comprendre ces notions inventées par nos glorieux anciens pour trouver un moyen de retenir leurs bourgeoises à la maison pendant qu’ils allaient au bistrot, mais comme la femme lui a fait comprendre qu’elle avait les ovaires qui roucoulent, son sang n’a fait qu’un tour. L’homme bande. Certains disent comme un cerf, d’autres comme un âne, mais bon, il a moins de sang dans le cerveau et sa vigilance baisse. Neuf mois plus tard, la femme accouche après avoir emmerdé son entourage avec une ténacité qu’on ne retrouve guère que chez les Témoins de Jéhovah. Les plus odieuses iront jusqu’à vous empêcher de fumer ou de boire en leur présence, et morigéneront sans vergogne le chat du foyer qu’on a, lui, stérilisé à temps. Bref, la femme devient mère, et c’est le début des emmerdes.

En effet, rien n’est pire que l’amour d’une mère, qui est la forme de dictature la plus répressive et la plus pernicieuse qu’on ait jamais imaginé. A telle enseigne que pendant l’enfantement, même si elle s’est fait dilater comme une petite Kosovare prise dans une tournante par des Serbes sous stéroïdes/Viagra/gingembre transgénique, et qu’elle extrait de son corps un rôti gluant et braillard de six livres, la mère affirmera que c’était le plus beau jour de sa vie. Elle perd également tout sens de l’esthétique en affirmant que ledit rôti est magnifique, alors que franchement ça ne vaut pas un tableau du Titien ou de Botticelli.

Après quoi, la mère est flanquée de l’enfant, et elle devient pire qu’une bête sauvage. Le reste du monde n’existe plus à ses yeux, elle n’a plus d’autre vision ni aucun autre sujet de conversation que sa progéniture et sa condition de « maman », qui vous comprenez ma bonne dame est bien difficile. C’était bien la peine que Neuwirth et Veil se décarcassent. Souvent, on aimerait lui dire à la mère, qu’on en a rien à foutre de son lardon, de ses vomis, de ses nuits qu’il fait en entier ou pas, de ses dessins hideux, de ses dents et de sa varicelle. On aimerait se venger des neuf mois où elle était un dragon cyclothymique en ne lui adressant plus la parole pendant toute la croissance de sa portée pour ne plus en entendre parler. On voudrait parfois même sauver l’enfant des griffes de cette harpie abusive et monomaniaque qui s’abrite derrière l’ »amour maternel » pour justifier tous ses délires paranoïaques, mais un enfant chez moi c’est pas possible je n’ai pas de jardin. On rêve qu’elles ne prennent plus jamais le train tant que la SNCF ne se sera pas décidée à affréter des wagons spécifiques où elles pourront partager leur passion avec des gens que ça intéresse, donc pas avec moi.

On voudrait bien leur expliquer que l’horloge biologique et l’instinct maternel sont des fictions aussi crédibles que l’honnêteté en politique ou la virginité de la daronne de Jésus. D’ailleurs, je préfère de loin parler de transsubstantiation avec un curé intégriste de n’importe quelle chapelle que de discuter avec une jeune maman de sa descendance.

D’autres espèces, qui ne sont pas plus dénuées d’instinct maternel que la daronne ordinaire, s’empressent d’abandonner leurs petits sitôt que ces derniers sont sevrés. Je suis d’avis que l’on devrait faire de même, ça nous ferait des vacances.

Bref, toutes les mamans sont des emmerdeuses, sauf la mienne. Dans un prochain épisode, on souhaitera une bonne fêtes des pères à tous ces feignants incapables de garder leurs spermatozoïdes à leur place.


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