Magazine

Système public

Publié le 21 avril 2008 par Jfa

Libération de Vendredi 18 avril consacre un article au dernier rapport (en date) commandé par notre président, relatif à la “réforme” de la fonction publique. J’y tombe sur cette phrase d’un haut-fonctionnaire de Bercy, à laquelle j’adhère totalement: “«Le système public est complexe, opaque et déresponsabilisant…”.

Ce rapport, commandé à M. Silicani, vient à la suite de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) qui, toujours selon Bercy, “gratte les dernières marges de manœuvre,Après, pour vraiment faire des économies dans la fonction publique, il faut voir plus grand”.

Notre pays compte 5,3 millions de fonctionnaires répartis dans les 3 fonctions publiques (Etat, Territoriale et Hôpitaux), loin derrière le Danemark mais un peu au dessus de la moyenne européenne. Des rationalisations sont vraisemblablement à opérer et la rentabilité du système peut certainement être améliorée mais…

Reste que le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite relève d’une pure logique comptable, afin de récupérer des économies (faibles) pour compenser la gabegie du “bouclier fiscal”.

Que propose le Rapport Silicani ? Bien entendu, d’externaliser, euphémisme pour dire “privatiser” un maximum de choses. Là encore, je n’y suis pas opposé par principe, encore faut-il s’entendre sur ce qui sera “externalisé”. Il propose aussi de remplacer les 700 corps de la fonction publique par une cinquantaine de familles de “métiers”. Cela me semble une idée à creuser.

Il est question, aussi de la “professionnalisation des agents contractuels”, en clair, de recruter un plus grand nombre de contractuels, sous contrats privés au lieu de fonctionnaires. Pourquoi faire si, en plus, on externalise si ce n’est vider la focntion publique de son sens? Le rapport préconise encore de favoriser la mobilité entre les corps, tarte à la crème dont on parle depuis maintenant près de 30 ans et que pas grand chose n’ait avancé sur le sujet.

Enfin, le rapport souhaite le “licenciement des agents devenus inemployables ou insuffisants”. Ce qui est déjà possible mais qui se heurte à l’inertie d’une haute-fonction publique qui voit là des risques en ce qui la concerne.

Enfin, l’évolution de carrière ne serait plus automatique et une part variable, au mérite, serait introduite dans les salaires.

Ces deux dernières mesures, si elles peuvent paraître séduisantes (qui serait contre le fait que les fonctionnaires les plus efficaces soient avantagés ?), posent le problème des critères de la “culture du résultat” chère à N. Sarkozy et celui d’une fonction publique à l’américaine, étroitement soumise à la majorité politique du moment, entraînant donc des nettoyages systématiques à chaque changement de majorité et donc la fin du dogme de la neutralité de notre fonction publique.

Le tout est à interpréter dans le cadre de la fascination de notre Président pour le modèle américain, son souci de donner au privé un maximum de ce qui pourra dégager du profit, et sa volonté de diminuer les services aux plus démunis pour permettre que le monde de la finance continue à prospérer, privatisant tout ce qui permettra à ses amis de “faire de l’argent”.


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Jfa 25 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte