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MLC, des roses et des orties et Cabrel aussi

Publié le 21 avril 2008 par Prland

C’est dans l’Eurostar que ça m’est venu. Mon iPod sur les oreilles, histoire de décompresser d’une journée où je jouais au formateur tout en anglais, les journaux sous les yeux, à la recherche de l’Eurostar qui met 10 heures à rejoindre Londres à Paris, j’ai eu un flash d’un coup. Cabrel et le Figaro m’amenaient inexorablement vers la même question : et si la vraie vie commençait à 50 ans ? C’est allé un peu vite ? Ok, on reprend tout depuis le début.

J’avais déjà fait état de mon admiration totale pour Francis Cabrel, hors actu du monsieur. En écoutant son dernier album, Des roses et des orties, j’ai réalisé que je retrouvais le talent incroyable d’un artiste que j’avais finalement un peu perdu au fil des années. Le dernier album que j’avais aimé intégralement était Sarbacane en 1989. De ses productions suivantes, je ne retenais que quelques pépites (La Corrida du Samedi Soir sur la Terre, Vengo o a frecer mi corrazon de son album espagnol Algo Mas de Amor, Hors-Saison, Bonne Nouvelle des Beaux Dégâts…).  Avec des Roses et des Orties, c’est un album digne de Carte postale, Quelqu’un de l’Intérieur ou Photos de Voyages que je retrouve. 

Des roses et des épines Francis Cabrel 2008

Francis Cabrel a quitté depuis quelques albums le terrain quasi-exclusif des chanson d’amour pour s’engager sur un terrain plus “humaniste” comme il dit. D’autres diront politique. Cet opus en est la démonstration flagrante : à part le titre phare La Rose et l’Echelle, et encore, c’est avec un regard tendre sur ses premiers émois qu’il nous y parle d’amour. Et ce sont celles que j’aime le plus, définitivement. Qu’il s’agisse des Cardinaux en Costume qui s’attaque à tous les notables qui piétinent les droits des exilés en France, le Cygne Blanc qui me semble traiter d’Alzeimer, Des hommes pareils qui réclame le droit au même traitement pour tous à travers le monde, Mademoiselle l’Aventure vibrant hommage à la mère de sa fille adoptive vietnamienne, Le titre qui donne son nom à l’album aux reflets arabisants qui porte un regard résigné sur la vie, African Tour qui suit l’exil désespérés d’africains vers une Europe idéalisée. Ce qui nous fait quand même 7 tubes en puissance.

Quelques titres sont un moins forts à mon goût, souvent moins engagés justement, parfois trop rythmés “tendance country”… Ceci dit, le chêne liège, Né dans le Bayou, Madame n’aime pas, Des gens formidables, L’Ombre au Tableau, Elle m’appartient restent des morceaux qui valent l’écoute, je ne vois rien à jeter dans ce sublime album.

En boucle dans mon iPod donc, toujours dans mon Eurostar, je tombe sur un dossier du supplément Réussir du Figaro intitulé “Cadres : les quadras au bord de la crise de nerf”.  Un nouveau mal, pour nous les hommes, que les américains ont eu la bonne idée de nous envoyer. C’est la Mid Life Crisis ou MLC. Elle désigne une période de doute persistant, parfois associé à une dépression, plutôt masculin donc. Ca nous tomberait dessus entre 35 et 50, tranche d’âge intégrée un peu vite par le Figaro dans la catégorie des quadras. Cette période pendance laquelle On éprouve un “sentiment de frustration”, on ressent “le besoin de donner un sens à notre existence”, on se console dans la bouffe ou l’alcool ou pire, on veut faire jeune, on achète n’importe quoi… En bref : on veut changer de vie. On appelait ça le démon de midi, c’est devenu le MLC.

Francis Cabrel a 54 ans, peut-être a-t-il fait sa MLC ? Il me tarde de sortir de la mienne, arrêter de rêver de baraque à frite sur la plage, de contourner les fondements pour afficher une pleine légéreté sur mon blog pour revenir enfin à l’essentiel. Un peu d’humanisme en somme. Vivement ma vraie vie de cinquantenaire !


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