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Parade’s end – Angleterre, convenances et fin de cycle – Arte : 7 et 14 juin 2013

Publié le 06 juin 2013 par Cbth @CBTHblog

Parade's_End_(TV_series)_titlecardIl faut croire que le début du 20ème siècle inspire beaucoup les anglais ces derniers temps. Depuis le succès de Downtown Abbey, on ne compte plus le nombre de séries ou mini-séries qui se déroulent durant cette période (The Paradise, Mr. Selfridge, The Village…). Parade’s End, ne fait pas exception mais elle a un avantage qui m’a poussé à la regarder avec un certain entrain : Benedict Cumberbatch. Oui, moi aussi je fais partie de la secte des Cumberbitches (mais je fais partie de tellement de sectes !).

Il incarne ici Christopher Tietjens, statisticien travaillant pour le gouvernement britannique issue d’une famille de riches propriétaires terriens. Il est, comme cela sera dit plus tard dans la série, le dernier des « Tory ».  Très à cheval sur les principes (la parade qui donne son nom au titre) et les valeurs propre aux gentlemen, il fera toujours le nécessaire pour sauver les apparences. Il se retrouve marié à Sylvia, femme volage qui privilégie l’amusement à l’image, alors que celle-ci est enceinte d’un enfant qui est peut être celui de Christopher, peut-être pas. Ils sont tous les deux opposés. Elle est le feu, il est la glace. Et entre eux d’eux, vient se glisser Valentine Wannop, une jeune suffragette mignonne comme tout, idéaliste et fraîche comme la rosée (oui, j’utilise des comparaisons moisie si je veux).

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 Ce triangle amoureux (comme le précisent tous les synopsis que j’ai pu lire jusqu’à présent) se dessine sur fond de fin de lignée et de première guerre mondiale. Le monde change et chacun va devoir se faire une place dans cette nouvelle ère.

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Parade’s end est adaptation d’un roman de Ford Madox Ford que je n’ai pas lu. Je n’ai donc aucun point de comparaison et aucune possibilité de vous dire si l’adaptation effectuée par Tom Stoppard est fidèle au moins à l’esprit de l’œuvre. Ce qui est sûr, ce que le Christopher Tietjens de Tom Stoppard est parfaitement incarné par Benedict Cumberbatch. Je ne pourrais jamais suffisamment insister sur son talent. Il est réellement un des meilleurs acteurs de sa génération. Il EST complètement cet homme, très (trop) intelligent, lucide, rongé par les conventions sociales auxquelles il n’arrive pas à se soustraire. Face à une femme passionnée, il est perdu. Au fond, il sait tout. Sauf ça. Et sa rencontre avec Valentine va bousculer un peu son «intérieur » trop bien rangé. Mais Benedict (oui parce que je l’appelle par son prénom) n’est pas le seul a jouer merveilleusement. Rebecca Hall, qui joue Sylvia, est impressionnante de passion. On la déteste et on la comprend en même temps. Elle est cette femme que les conventions ennuient, uniquement guidée par sa passion et sa volonté de se divertir. Quand à Adélaïde Clemens (Valentine Wannop), je pense que les mots que j’ai utilisés pour la décrire plus haut suffisent à vous convaincre. A noter, également, la présence du trop rare Rupert Everett dans le rôle du frère de Christopher.

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 L’histoire prend son temps (c’est un euphémisme) malgré quelques rebondissements et intrigues secondaires. Les personnages et leurs déchirements internes sont au centre de la série. C’est ce qui compte le plus ici. Les émotions, les relations, les points d’ancrage et d’échauffement, comment faire ou ne pas faire bouger ses propres lignes.

Assez lente, la réalisation est parfois trop esthétisante, mais je pense qu’il s’agit d’un défaut du genre qui sert justement le propos et l’œuvre qui se révèle très fine et pleine de nuance. J’ai pris un certain plaisir à changer d’avis sur chacun des personnages pour me retrouver moi-même à remettre en cause certaines de mes valeurs.

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 Parade’s end est une œuvre qui pourra vous laisser sur le carreau. Je ne vous promets pas que vous accrocherez, car elle a ce côté un peu « élitiste », froide et réservée, à l’image de son personnage principal. Mais si vous accrochez, vous serez enveloppés par cette très jolie série, pris au piège d’un brouillard particulier dont vous hésiterez à ressortir.

Mélanie

Parade’s End – 7 et 14 juin 20h50, Arte.


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