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Vincent Clerc, dernière victime en date du calendrier ?

Publié le 22 avril 2008 par Ansolo

Vincent Clerc, dernière victime en date du calendrier ? (Au dessus de la mêlée) posté le mardi 22 avril 2008 19:29

calendrier, rugby, top14

La blessure de Vincent Clerc, samedi dernier lors du match Toulouse – Clermont, a de nouveau donné lieu à des débats sur le calendrier surchargé du rugby professionnel. Ce trop fameux calendrier qui a conduit, par exemple, les internationaux Français sélectionnés pour la Coupe du Monde à débuter leur saison en Juillet 2007, sans avoir eu de réel coupure après la fin du Top14 2006-2007.

Vincent Clerc, à trop solliciter son organisme, a fini par craquer physiquement. Et si l’on peut augmenter sa masse et son tonus musculaire à grand renfort d’entraînements et de séances de musculation, les ligaments sont souvent le maillon faible des sportifs de haut niveau, a fortiori professionnels.

La responsabilité des dirigeants Français est très importante, eux qui ont accepté une évolution ayant conduit à développer le nombre de matches plutôt que celui des plages de repos.

Le président de la Ligue, Serge Blanco, est souvent montré du doigt. Sa gestion de la crise récente avec l'ERC n'a abouti à aucune avancée significative en direction des clubs. Il est bon, néanmoins, de rappeler que si l’emblématique président incarne la Ligue, il ne la dirige pas seul.

La LNR, comprend un comité directeur, son organe d'administration, composé de 17 membres, dont 7 représentants des clubs, un représentant des présidents de club, un représentant des joueurs, un représentant des entraîneurs.

En tout état de cause, 10 des 17 membres de ce comité sont les premiers concernés par la situation des clubs. On y retrouve, excusez du peu, les présidents Martinet, Martin, Pérez et... Bouscatel…

La Fédération Française de Rugby a, elle aussi, une attitude ambiguë, qui résulte de son positionnement, entre les milliers de clubs amateurs et l’International Rugby Board, le grand écart permanent aboutit souvent à lui voir adopter deux attitudes : absence de position tranchée ou décisions contradictoires. Le dernier épisode en date concerne le calendrier de la saison 2008-2009 du Top14. Les représentants de la FFR qui siègent au comité directeur de la Ligue ont voté contre en arguant que celui-ci ne respectait pas les conclusions du séminaire IRB de Woking, qui demandait aux fédérations de faire terminer leur championnat avant le 31 mai…

La question de la suppression des clubs ne se pose pas : la France est attachée à cette forme d’organisation, ce qui n’est pas vraiment le cas des anglo-saxons. On rappellera que l’entrée de la France dans le giron du rugby international a longtemps été freiné par la condamnation du système de championnat par nos voisins d’outre-Manche. Cela explique peut-être pourquoi les franchises ont été rapidement mises en place en Irlande ou au Pays de Galles, et pourquoi les clubs Anglais se satisfont d’un championnat resserré avec une seule relégation en division inférieure.

Dès lors que l’IRB ne parvient pas à harmoniser les calendriers des Tournées qui permettrait notamment d’unifier la période de Tournées et de supprimer les doublons, il faudrait s’attacher à trouver une solution en interne.

Et il n’y en a pas cinquante. Pour réduire le nombre de matches, et dès lors que ceux prévus par l’ERC (Hcup et Challenge Cup) et l’IRB (6 Nations, Tournées) sont " imposés ", il revient à la Ligue Nationale de Rugby de mettre en place une formule qui réduisent le nombre de matches du Top 14.

Actuellement, le championnat de l’élite compte 26 journées " régulières ", auxquelles s’ajoutent les demi-finales et la finale. Pour réduire le nombre de rencontres, il n’y a que trois possibilités.

  • Maintenir une poule unique et diminuer le nombre de clubs. Avec un " Top12 ", il est possible de gagner 4 journées (22 au lieu de 26), soit un mois entier.
  • Créer deux poules de huit clubs. Cela permettrait d’augmenter le nombre de clubs de l’élite, tout en allégeant le calendrier : 14 journées " régulières " et 2 ou 3 journées pour les phases éliminatoires en fonction de l’organisation de quart ou de demi-finales, et de " play-down ", le cas échéant.
  • Maintenir une poule unique de 14 clubs avec l’abandon des phases " aller – retour ", comme cela est pratiqué dans le Super14. Seulement 13 journées plus deux pour les demies et la finale.

Des trois hypothèses, la dernière répond le moins à la culture Française et…aux besoins des trésoriers des clubs. La deuxième est sans doute la plus intéressante sportivement. Quant à la première, elle représente un bon compromis entre les différentes formules. Mais elle n’allège que partiellement le calendrier et pose la question du nombre de relégués : deux pouvant paraître disproportionnés, un seul relégué fermant quelque peu la porte aux clubs de ProD2.

Ce dossier ressemble fort à un casse-tête pour les dirigeants Français. Mais il faudra vraiment parvenir à régler le problème des cadences infernales, si l’on veut éviter que les blessures (et les contre-performances) ne se multiplient…


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