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Les médicaments au cannabis autorisés

Publié le 11 juin 2013 par Seifenblase @Pointe_d_Actu

Alors que la répression contre les stupéfiants s’accentue, l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a autorisé l’utilisation du cannabis dans la fabrication de médicaments en France, dans un décret publié dans le Journal Officiel le 7 juin 2013.

C’est un premier pas vers la réglementation de l’usage thérapeutique de dérivés du cannabis en France. Le gouvernement autorise l’ANSM a examiner les demandes de mise sur le marché de médicaments à base de cannabis. Une nouvelle passée plutôt inaperçue, après le scandale  de conditionnement du diurétique Furosémide Teva, remplacé par des somnifères. Pourtant, pour certains, c’est la première étape vers la dépénalisation du cannabis. Dans le décret actuel, rendu possible après la modification du texte interdisant l’utilisation des dérivés du cannabis à visée thérapeutique, les « opérations de fabrication, de transport, d’importation, d’exportation, de détention, d’offre, de cession, d’acquisition ou d’emploi relatives » aux seules « spécialités pharmaceutiques à base de cannabis ou ses dérivés » sont autorisées. Le but premier semble être l’autorisation du Sativex, un spray à base de dérivés du cannabis visant à soulager les patients atteints de sclérose en plaque. C’est la ministre de la Santé, Marisol Touraine, qui avait demandé à l’ANSM d’étudier ce dossier en février dernier. Interrogée par le site d’informations Street Press, l’ANSM confirme : « Dorénavant nous allons pouvoir étudier les dossiers des laboratoires qui souhaiteraient commercialiser en France des médicaments avec des dérivés cannabitiques ».

Répondre à un besoin thérapeutique

Le Marinol a été mis sur le marché en 1992 sous forme de gouttes ou de capsules pour être prescrit aux malades atteints du VIH, qui connaissent souvent une perte d'appétit.

Le Marinol a été mis sur le marché en 1992 sous forme de gouttes ou de capsules pour être prescrit aux malades atteints du VIH, qui connaissent souvent une perte d’appétit.

Produit par les laboratoires Bayer, le Sativex est notamment disponible aux Etats-Unis, en Suisse, et au Canada, où il est également utilisé dans le traitement de la douleur pour les personnes atteintes de cancer. En effet, les phyto-cannabinoïdes, substances chimiques contenus dans la plante,  peuvent se présenter sous la forme de dragées, comme le dronabinol, du THC synthétique autorisé par exemple en Allemagne pour lutter contre les vomissements et les nausées des patients sous chimiothérapie. Chez les patients souffrant de sclérose en plaque, le cannabis apparaît également soulager efficacement les forte douleurs et les spasmes. Il serait également capable de soulager les effets secondaires d’une chimiothérapie comme la perte d’appétit ou encore le glaucome. Aux Etats-Unis, le cannabis est autorisé depuis 1986 pour contrer les effets de la chimio et depuis 1992  dans le traitement de l’anorexie et de la perte de poids chez les patients porteurs du VIH.

Il n’est pour l’heure toujours pas question de libre circulation de ces médicaments. Le Marinol, un autre dérivé du cannabis, pouvait déjà être délivré mais dans des conditions très strictes. Depuis 2001, seule une centaine d’autorisations temporaires d’utilisation a été délivrée sur 150 demandes. Considéré comme insuffisamment puissant, le Savitex pourrait être plus efficace. 

Les réactions promettent néanmoins d’être houleuses. En février, lors de la demande de Marisol Touraine, le président de Parents contre la drogue, Serge Lebigot, déplorait « une première étape vers la dépénalisation » dans le magazine Valeurs actuelles, même si le ministère insiste bien sur sa « plus ferme opposition à la dépénalisation du cannabis ».

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