Les drones, ou la révolution aéronautique militaire à venir

Publié le 19 juin 2013 par Edelit @TransacEDHEC

« Préparez-vous à une nouvelle façon de faire la guerre. »
Si jusqu’à présent les pilotes de chasseurs bombardiers dans l’aéronautique militaire étaient contraints, à l’instar de leurs frères d’armes fantassins, à des Opérations Extérieures  synonymes d’éloignement familial, de contraintes et de privations, l’essor des drones ces dernières années est en passe de changer la donne. Outre les économies drastiques qu’ils permettent aux armées de l’air partout dans le monde, avec leur consommation moindre, leur faible coût de maintenance et l’absence de statut d’officier pour leurs pilotes (du moins aux États-Unis), ces avions commandés à l’autre bout du monde introduisent également un concept nouveau dans l’Histoire militaire : la transformation du métier de militaire opérationnel, faisant la guerre le jour et rentrant sagement chez lui le soir. Les psychologues s’intéressent particulièrement à ces nouveaux types de militaires « pères de famille » quasi ordinaires, et des syndromes de stress post traumatique se font sentir chez certains sujets, preuve s’il en faut que la guerre reste la guerre, même confortablement installé derrière un écran d’ordinateur.

Mais revenons au marché des drones. Sans surprises, les leaders mondiaux restent les Américains (avec leurs modèles phares comme les Predator et Reaper, et aussi des drones « de poche » utilisables en soutien des troupes au sol) mais aussi les Israéliens, pionniers de cette technologie.
Au-delà du simple système d’armement, relativement assimilé par les grands pays industrialisés, c’est le système de communication ultra performant des drones qui fait leur utilité opérationnelle et donc leur prix. Et force est de constater que sur ce point, l’Europe est à la traîne : aucun industriel n’est clairement engagé sur ce secteur pourtant prometteur et en pleine expansion, à tel point que les « Harfang » français, vieillissants, ne suffisent plus aux besoins de l’armée de l’air, pour ses opérations au Mali et en Afghanistan notamment.

Ainsi, si la France a été lourdement critiquée ces derniers mois, notamment suite aux affaires Dailymotion et concernant « l’exception culturelle », nous valant d’être taxés au mieux de protectionnistes (au pire de réactionnaires), elle fait preuve d’une grande ouverture sur ses achats militaires, en témoigne l’achat de deux drones predator américains, par le ministère de la défense.
Jean-Yves le Drihan, Ministre de la défense, a regretté cet immobilisme français et européen : «La France a raté le rendez-vous des drones. Elle ne produit pas de drones, ce qui est invraisemblable pour une nation qui a un savoir-faire technologique, aéronautique, électronique considérable avec des entreprises majeures qui étaient en situation de pouvoir le faire (…)Alors qu’est-ce-qu’on fait? On attend que peut-être un jour certains industriels décideront d’agir ensemble pour le produire? Mais ça sera quand? Dans dix ans. Mais il y a une urgence et j’assume cette responsabilité».

 

En attendant, General Atomics, concepteur des modèles Reaper et Predator, enregistre  un carnet de commandes plein à craquer. Et à 19 millions d’€ minimum le ticket d’entrée pour un modèle Reaper, gageons que la compagnie ne ressentira pas  de turbulences…  La guerre et l’armement restant des secteurs en très bonne santé en ces temps de crises politiques, économiques et diplomatiques aux quatre coins du monde.

Alexandre Gaïo