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Tour : le peloton français en surchauffe...

Publié le 09 juillet 2013 par Jean-Emmanuel Ducoin
On les espérait, les attendait, mais jusqu’à présent les coureurs français brillent surtout par leur absence de succès.
Depuis Saint-Nazaire (Loire-Atlantique).

Tour : le peloton français en surchauffe...

Thibaut Pinot.

Fort de l’expérience et des résultats des derniers Tours, le peloton tricolore est parti de Corse avec la ferme intention de briguer à tous les étages : classement général, étapes et maillot distinctif. Il est vrai que jusque-là, tout avait plutôt souri. Maillot Jaune pour Thomas Voeckler et 4e place à Paris en 2011 ; maillot à pois pour le même Voeckler en 2012 ; maillot blanc du meilleur jeune pour Rolland en 2011 et victoire historique à l’Alpe d’Huez la même année ; victoire d’étape et 10e place en 2012 pour la révélation Thibault Pinot. Sans compter un grand nombre de victoires d’étapes et de belles places au classement final…
Tout donc laissait entendre des lendemains qui chantent! Pierre Rolland (Europcar), Thibaut Pinot (Fdj) et Jean-Christophe Péraud (AG2R) se positionnaient en tant que valeurs sûres. Mais après une semaine de course, les résultats sont malheureusement très en-deçà des espoirs claironnés. Les deux caniculaires étapes pyrénéennes ont vu fondre comme bitume au soleil les espoirs de notre dorénavant « invisible armada ».  Seul, à ce jour, le très régulier Jean-Christophe Péraud, 14e à 3’29’’ du leader britannique Christopher Froome, confirme ; en compagnie de son jeune équipier Romain Bardet 20e à 7’09’’.
Pour le reste, la débandade est visible ou souvent – mais pour combien de temps? – dissimulée. Thibaut Pinot, 47e à plus d’une demi-heure, ne pratique pas le Normand: «Dans la tête, ça m'a lâché dans la descente de la première étape de montagne. Une fois que dans la tête ça lâche, il n'y a plus grand-chose qui va. Je n'y suis plus ! J'étais formaté pour le général…» Pierre Rolland l’était tout autant, mais la stratégie des Europcar a changé au gré des circonstances. Déjà écarté au général (26e à 12’34’’), l’Orléanais se raccroche aux manches de sa tunique à pois rouge afin de cacher, lui aussi, une immense déception. Incapable de suivre les meilleurs, aurait-il montré ou atteint un plafond au delà duquel, on entre dans une autre dimension de son sport?
Faut-il déjà tirer la sonnette d’alarme, alors même qu’un seul petit tiers de la course a été entamé? Sans doute pas, mais la démonstration faite par l’équipe Sky le premier jour des Pyrénées, suivi, le lendemain vers Bagnères-de-Bigorre, du travail aussi impressionnant que vain des Mobistar et des Garmin semble clore bon nombre d’ambitions estampillées «France».
[ARTICLE publié dans l'Humanité du 9 juillet 2013, avec Eric Serres]

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