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Doit-on désormais détester le cyclisme ?

Publié le 14 juillet 2013 par Antoine06 @AVissuzaine
En 1924, les frères Pelissier quittaient le Tour de France en dénonçant auprès du journaliste Albert Londres de l’usage de cocaïne dans le peloton. En 1966 les coureurs se mettaient en grève pour dénoncer l’arrivée des contrôles anti-dopage (on sait ce qu’il advint de Tom Simpson l’été suivant au pied du Mont Ventoux). La question du dopage n’est pas nouvelle. Depuis 1998 et la sinistre affaire Festina le cyclisme a évolué favorablement dans ce domaine. Souvenons-nous que cette année-là les multiples descentes de police dans les chambres d’hôtel avaient provoqués la grève des coureurs, l’abandon d’équipes entières (dont toutes les équipes espagnoles le même jour) et la victoire de Marco Pantani, dont on connait le funeste destin, à la vitesse de 41,7 kilomètres heure. Ce record sera battu l’année suivante par Lance Armstrong à 42,3 kilomètres heure pour des Tour de près de 4 000 kilomètres (limités désormais à moins de 3 500 et qui se courent à moins de 40 kilomètres heure). En 2008, les grèves de coureurs ne protestaient plus contre les perquisitions mais manifestaient contre la mise dans le même panier de tous les coureurs, le raccourci du « tous dopés ». Si les cas de dopage sont plus fréquents dans le cyclisme c’est bien que ce sport est le plus contrôlé. Supprimez les radars sur les routes et vous n’observerez plus d’excès de vitesse ! Pourtant, Lance Armstrong a reconnu s’être dopé, Jan Ulrich également. Pourtant il y a les affaires Puerto, Rico, Vinokourov, Rasmussen. Le retour gagnant (suspect ?) de Contador en 2012 remportant le Tour d’Espagne un mois seulement après son retour de suspension, donc sans un jour de compétition de la saison ! L’affaire Jalabert n’est pas une surprise à proprement parler (Il faisait partie de ces équipes espagnoles de 1998 qui avaient quittés le Tour, et avait refusé de courir en France pendant plusieurs mois pour ne pas se soumettre aux contrôles) mais à qui profite la révélation quelques jours avant le début du Tour qu’il co-présentait pour France Télévisions ? Bernard Hinault a raison de gueuler « Pourquoi on va toujours chercher dans le vélo ? Pourquoi les flacons des années 90 (des autres sports) n'existent plus ? » Le quintuple vainqueur du Tour faisant référence aux échantillons de contrôle anti-dopage dans le football en 1998, détruits sur instruction de la FIFA Pour autant, il ne suffit pas d’avoir recours à quelques artifices pour gagner des compétitions. Jalabert, par exemple, après sa carrière cycliste s’est mis au triathlon alors qu’il ne savait pas encore nager. Aucun produit ne permet de nager, cela s’apprend. Cette année hélas, ne sera pas celle d’un Tour au-delà de tous soupçons. A Ax 3 domaines, Chris Froome écrase la course dès la première étape de montagne, tant pis pour le suspense, mais surtout à une vitesse impressionnante, comparable aux duettistes de 2003, Armstrong et Ulrich comme le révèle le site slate.fr . Rebelote au Mont Ventoux le 14 juillet, où il couvre les 21 kilomètres du Mont Ventoux en 57 minutes, alors que le record est détenu par Iban Mayo en 2004 lors du contre la montre du Dauphiné en un peu moins de 56 minutes. (Iban Mayo, espagnol, contrôlé positif à la testostèrone sur le giro 2007…) Mais que l’on se rassure, Froome n’est pas dopé, il l’a clairement dit à Gérard Holtz qui lui a posé très clairement la question « avez-vous eu recours au dopage ? » (Ceci est rigoureusement authentique, Holtz est un grand journaliste). Personne n’imagine une seconde que Froome fit un aveu. S’il est vrai qu’une des plus retentissante affaire de dopage ne concernait pas le cyclisme mais l’athlétisme et le record du monde de Ben Johnson sur la course la plus courte et la moins dénivelée qui soit, il n’en est pas moins qu’il semble surprenant que la plus longue étape de ce Tour 2013 soit une étape de montagne, s’achevant au Mont Ventoux après 242 kilomètres que le vainqueur couvre malgré tout à la vitesse de 41,7 kilomètre heure. Alors cette année je m’ennuie à suivre le Tour. Outre les commentaires pénibles de Thierry Adam et Cédric Vasseur, comme le souligne Télérama,  il faut également subir les récitations de Jean-Paul Olivier sur les lieux traversés. Les dites récitations étant précisément apprises sur le site Wikipédia !  Ce n’est pas la course qui relève l’intérêt de la retransmission cette année. Toutes les étapes de plaine se sont terminées au sprint (3 victoires pour Kittel, 2 pour Cavendish), à l’exception de la 14e, Froome a écrasé de domination (suspecte ?) la première étape des Pyrénées, le Mont Ventoux et le contre la montre du Mont Saint Michel, et la minute qu’il a perdu sur un « coup de bordure » sur la 12e étape n’a pas relancé le suspense. Ajoutons à cela « L’injustice Molemma » pour que la coupe soit pleine. Bauke Molemma, coureur hollandais de 27 ans,  2e du général entre Froome et Contador, me semble être la révélation de ce Tour bien qu’il soit très peu cité par la presse sportive. Espérons que la révélation ne soit pas factice, je me souviens aussi m’être enflammé pour Oscar Sevilla en 2001 avant que le coureur ne disparaisse dans les spirales de l’affaire Puerto en 2006. Pourtant j’aime ce sport, j’étais un grand admirateur de Bernard Hinault et les contreperformances cette année de mes chouchous Thomas Voeckler, Pierre Roland ou Thibault Pinot ne m’empêche pas de continuer d’aimer ce sport. Mais parfois, la lassitude me gagne.
DOIT-ON DÉSORMAIS DÉTESTER LE CYCLISME ?
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