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Favoriser une agriculture biologique locale créatrice d'emplois

Publié le 22 juillet 2013 par Rcoutouly

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Comment nourrir la population tout en favorisant la production locale et, surtout, en créant des emplois? Voilà un modèle économique qui fonctionne, celui de la micro-ferme.

Expérimentée par un agriculteur canadien, Jean-Martin Fortier, il permet de produire beaucoup de légumes sur une petite surface. Avec moins d'un hectare de terre, cet agriculteur arrive à vivre. 

Pour cela, il applique plusieurs principes:

-on pratique une agriculture intensive, dans le sens où les légumes sont cultivés très serrés sur des planches surélevées qui ne sont jamais retournées et labourées. Elles sont alimentées périodiquement avec de la matière organique. On limite ainsi les mauvaises herbes, on maintient une humidité favorable à la croissance des plantes, en utilisant "intensivement" les micro-organismes et les vers présents dans le sol.

-pas de tracteurs et peu d'intrants: on limite ainsi la dépendance et les investissements financiers.

-la production locale est revendue sous la forme de paniers. Jean-Martin Fortier arrive à vivre grâce à 200 familles qui lui fournissent chacune 18 euros par semaine. Le chiffre d'affaires a été de 97000 euros en 2011, ce qui est suffisant pour vivre. La plupart des AMAP arrive à ce niveau mais ont besoin de 5 hectares pour équilibrer leurs comptes et payer le coût de la mécanisation. Le paysan doit donc travailler davantage pour financer ces investissements.

La micro-ferme est donc bien un modèle économique viable.

Ce système de micro-fermes peut permettre plusieurs applications concrètes et pratiques:

-alors que les pays industrialisés ne cessent de voir diminuer leur nombre d'agriculteurs, on peut ainsi recréer des micro-exploitations qui réclament peu de surfaces utiles et peu d'investissements. Jean-Martin Fortier  a démarré avec 26 000 euros d'investissements. On pourrait ainsi "transformer"  certains chômeurs en agriculteurs en convertissant l'argent public utilisé pour  assister et  soutenir le chômeur en financement pour lancer des micro-fermes.

-la faible surface nécessaire permet de rapprocher l'agriculteur de ses clients locaux: on peut utiliser des toits, des interstices urbains, réutiliser des friches industriels, ...

-le modèle proposé est celui de la micro-ferme maraîchère mais on peut aussi en imaginer d'autres. On pourrait ainsi "mettre en réseau" des micro-fermes maraîchères avec une micro-ferme pratiquant l'élevage de volailles. Les premières fournissent de la nourriture pour les animaux, la seconde, en échange leur apportant de la matière organique sous la forme de fumiers.

-on voit apparaître aussi des systèmes intégrés d'aquaponie combinant hydroponie et pisciculture, tournant en circuit fermé: les déjections des poissons nourrissent les plantes, l'eau est filtrée par les plantes et réinfectée dans le bassin à poisson. On expérimente des systèmes où un conteneur surmonté d'une serre fournit la nourriture pour 10 personnes (200 kilos de légumes et 60 kilos de poissons). Si les investissements nécessaires restent encore élevés, ces démarches vont permettre, à terme, de rapprocher encore le producteur du consommateur et de limiter les surfaces nécessaires à la production agricole.

Ces démarches de micro-fermes, produisant locales sont sources de création d'emplois. Il faut donc se donner les moyens de les favoriser.

 Plusieurs politiques publiques sont donc nécessaires:

-celles de contributions incitatives favorisant la production locale bio.

-des politiques de reconversion des aides publiques aux chômeurs en direction de l'investissement dans ces micro-entreprises que sont les micro-fermes.

-des politiques de reconversion des aides publiques à la création d'entreprises en direction des investissements dans ces systèmes d'aquaponie.

-des politiques assouplissant les règles très contraignantes des politiques publiques agricoles. Il faut, par exemple, assouplir les règles des baux agricoles obligeant un propriétaire possèdant de la terre agricole, à le louer au même agriculteur. Ce propriétaire doit pouvoir louer un hectare de ces terres à un micro-exploitant sans dépendre de son fermier qui pratique une agriculture industrielle traditionnelle.


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