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[GUEST 1] De la déliquescence du néo-classicisme des Stoïciens à l'avènement de l'ère post-Œcuménique

Publié le 22 juillet 2013 par Teazine
[GUEST 1: Antoine]
Comme vous l'avez bien évidement compris, ce traité succinct va discourir d'un phénomène très en vogue depuis plusieurs siècles. Autant dire que c'est de dernière fraîcheur. Je me permets tout de même, et ce sans vouloir vous offenser, d'éclairer votre lanterne en explicitant mon propos. Le sujet de ce traité est le suivant : Comment briller en société en usant de citations latines et en citant quelques illustres personnages ?
Chacun de nous est confronté au quotidien à des situations délicates requérant l'emploi de telles ressources. Vous voulez faire bonne impression devant vos beaux-parents ? En imposer à un entretien d'embauche ? Ou simplement "pécho" comme disent les jeunes gens sans éducation ? Vous n'avez nul besoin d'avoir un doctorat en latin médiéval ou un diplôme de cet acabit pour parvenir à vos fins. Je vais vous donner de précieux conseils pour obtenir le résultat escompté sans passer pour un imposteur :
De prime abord, il est vital de toujours se promener avec un dictionnaire de latin de poche. Grâce à ce petit bijou, vous pouvez chercher en temps réel les mots dont vous avez besoin pour éblouir votre auditoire. De plus, c'est une méthode très discrète. En voici un magnifique exemplaire:
[GUEST 1] De la déliquescence du néo-classicisme des Stoïciens à l'avènement de l'ère post-Œcuménique
Il est également très important de connaître par cœur un certain nombre de citations latines telles que :
Margaritas ante porcos / Ne jetez pas des perles aux pourceaux.
- Servum pecus / Troupeau servile.
- Asinus asinum fricat / L'âne frotte l'âne.
- In cauda venenum / Dans la queue, le venin.
- Credo quia absurdum / Je le crois parce que c'est absurde.
En plus d'être utile, l'apprentissage de ces citations est un exercice des plus distrayants. Vous pensez sûrement qu'il est difficile voir même périlleux de placer ces phrases dans une discussion. Il faut penser au contexte et vous ne voulez pas non plus en faire trop. N'ayez crainte ! Vous n'avez pas besoin de connaître le sens des citations et le contexte importe peu. Vos interlocuteurs ne comprendront rien de toute façon. Ils se contenteront de tomber en extase devant l'étendu de votre savoir tels de vulgaires mouches attirées par une lampe. Le but n'est pas de dire quelque chose qui a du sens mais simplement d'agrémenter votre discours du maximum de citations latines. Si votre public a l'outrecuidance de se risquer à commettre un crime de lèse-majesté en suggérant que vous étalez votre culture, répondez ceci : "Excusez-moi, je suis cultivé". Cette observation tout à fait objective et impartiale aura tôt fait de calmer les esprits jaloux.
Citer des auteurs est une démarche plus risquée et nécessitant plus de travail. Il faut aller jusqu'à lire des livres ! Mais il existe une parade à cette tâche ingrate. Si vous connaissez les noms des personnages en question, il vous suffit de leur attribuer des propos qu'ils n'ont pas tenu et le tour est joué. Vous aurez l'air d'être un grand lecteur de Cicéron, Montesquieu et autres bonnes gens. Mais je conseille également de citer des auteurs peu connus pour éviter que la supercherie soit dévoilée. Vous pouvez aller jusqu'à inventer des auteurs. Plus ils seront exotiques, plus cultivé vous serez. Si vous connaissez un énoncé d'un auteur mais que vous avez eu la maladresse d'oublier son nom, ne paniquez pas. Il existe une solution des plus simples mais qui ne manque pas d'élégance. Utilisez la formule: "comme disait l'autre". Ça marche à tous les coups. Cette formule sous entend que vous et votre interlocuteur savez à qui vous faites référence. Comme l'interlocuteur ne voudra pas que vous pensiez qu'il ne sait pas, il ne posera pas de question gênante.
Une fois que vous domptez ces nobles techniques, tout n'est pas gagné. Vous pouvez encore tomber dans des situations fort embarrassantes. Le sage n'est pas à l'abri de toutes complications. Il peut arriver qu'un latiniste accompli se cache parmi votre auditoire bêlant. Dans ce cas là, vous vous trouvez dans une immense merde, si j'ose. Deux solutions s'offrent alors à vous; soit vous fondez en larmes en implorant le pardon de ce grand ponte, soit vous approuvez tout ce qu'il dit en ayant l'air de maîtriser parfaitement la langue de Cicéron. Pour cette deuxième alternative, vous pouvez vous contenter de ponctuer son discours de formules telles que: "c'est exact !", "j'allais le dire !", "magister dixit !" et de pleins d'autres encore. 
Il existe encore un type différent de situation. En effet, il peux arriver que vous rencontriez un confrère qui use des mêmes stratagèmes en matière d'étalage de culture. Là également, deux solutions se donnent à vous. Soit c'est le début d'une belle amitié et vous pourrez par la suite officier en équipe pour captiver davantage votre public inculte, soit vous considérez ce confrère comme un adversaire et vous l'écrasez avec moins d'égard qu'un vulgaire insecte. Pour abattre un adversaire, rien de plus trivial. Sortez lui des répliques du genre: "Excuse-moi j'ai un doctorat en latin archaïque du 1er siècle avant J-C". ou encore "Pardon, j'ai participé à la dernière édition du Gaffiot" (c'est le splendide dictionnaire visible sur l'image au dessus). Surtout, il faut le tutoyer pour lui montrer que vous n'avez pour lui aucune considération. Personne ne résiste à de tels assauts.
Je vais conclure en mettant sommairement en pratique ce qui est mentionné plus avant:
Du Bellay rappelait souvent que le latin était un véritable trésor à qui savait en exploiter les propriétés. Je suis tout à fait de son avis. Homo homini lupus est. Cela me fait penser au fameux Tertrapharmakos d'Épicure. Si vis pacem, para bellum. Ni plus ni moins, si j'ose. Si par un hasard des plus déplaisant, un latiniste confirmé en venait à lire ce texte et qu'il aurait de la peine à retenir de virulentes critiques quant à mon respectable usage de cette langue, je lui rétorquerais en toute modestie que je suis le doyen de la faculté de lettres classiques à l'université de la Sorbonne. Et oui ! Ego sum qui sum. Excusez-moi. Ma trop grande culture me fait perdre le fil de mon discours. Revenons à l'essentiel. Je vous souhaite beaucoup de succès dans l'apprentissage de cette vertueuse pratique du latin qui est mienne et comme disait l'autre : barba non facit philosophum.
***
[GUEST 1] De la déliquescence du néo-classicisme des Stoïciens à l'avènement de l'ère post-Œcuménique Le Dr Kölbl a suivi un parcours scolaire et gymnasial exemplaire. A tout juste 13 ans, il termine son lycée avec la mention "excellent". C'est à l'âge de 15 ans qu'il publie sa première thèse sur la place du latin dans la société guatémaltèque. Cette œuvre est encore aujourd'hui considérée comme une trace majeure de la pensée intellectuelle du 21ème siècle. Les années suivantes, il produira à un rythme effréné une trentaine de thèses et d'essais philosophiques. Tous portent sur le latin. A tout juste 22 ans, il est élu doyen de la faculté de lettres classiques à la Sorbonne. En parallèle, il occupe le poste de professeur dans plus de 17 universités de renommée mondiale. En 2012, il est contraint de refuser un prix Nobel de littérature pour la troisième fois consécutive car, dit-il: "J'ai reçu tellement de prix que je n'ai plus de place pour les stocker dans ma villa de 32 hectares". Il dirige également à ses heures perdues un groupe de parole sur les Modestes anonymes.

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