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Karens et femmes girafes en Thaïlande, l'envers du décor

Publié le 26 juillet 2013 par Asianmike
Sur Thailandee.com, on a pris depuis longtemps le parti de ne pas recommander d'aller voir les femmes girafes non pas parce qu'on ne trouve pas d'intérêt à leur particularité qui reste étonnante, ni même pour le côté artificiel et tradition rejouée des villages où vous emmènent les agences qui sont des sortes de "zoos humains" à but mercantile mais pour la situation dans laquelle se trouve ces femmes et les Karens en Thaïlande en général.
karens ThailandeLes Karens des réfugiés devenus attraction touristique
Sur les photos ça fait joli, ces jeunes femmes avec leur cou allongé enfermé dans une série d'anneaux. Oui, mais ce que ne vous disent jamais les brochures, c'est qui sont vraiment les Kayans, la tribu à laquelle elles appartiennent. C'est un sous-groupe des Karens. L'ethnie Karen est un peuple de tradition nomade originaire des régions tibéto-birmanes. Probablement issu du Yunan et des hauts-plateaux birmans, il se fixe au Nord de la Birmanie aux alentours du 7ème siècle après Jésus-Christ. Au cours du 17ème siècle, il doit fuir à cause des conflits entre Birmans et Thaïs. Certains d'entre eux s’installent alors dans les montagnes du Sud de Chiang Mai, près de la frontière. La dynastie des Rama en Thaïlande se déclare en faveur de leur intégration et de très nombreux Karens vivant en Thaïlande acquièrent ainsi la nationalité thaïe vers la fin du 19ème siècle. Ceux-là, ont une situation plus enviable que les Karens arrivés depuis les années 80 de Birmanie dans le nord de la Thaïlande pour échapper aux combats entre des rebelles de l'ethnie Karen et des troupes gouvernementales du Myanmar. Ce sont ces Karens réfugiés que vous font visiter les agences. Et s'ils ne sont pas à proprement parlé dans des camps de réfugiés, ça y ressemble beaucoup. Ils sont dans des villages créés spécifiquement pour les touristes dont ils n'ont, tout comme ceux qui vivent dans les camps de réfugiés, pas le droit de sortir mais où au moins les contacts avec les gens de l'extérieur sont autorisés et même encouragés car bigrement lucratifs. Lucratifs pour les Karens ? Oui, mais surtout pour les agences qui se vantent de leur amener beaucoup de visiteurs pour qu'ils gagnent de l'argent sur la vente de leurs produits artisanaux mais sont loin d'être philanthropes puisqu'ils ne reversent aucune part du prix des excursions vendues aux Karens. Et le plus scandaleux, c'est qu'en plus, chaque année, une famille Karen de ces villages paie en moyenne 300 euros au propriétaire terrien, et autant à la police des frontières pour avoir l’autorisation de vivre en dehors du camp de réfugiés. Certes, la situation de ces Karens parqués et mis à disposition des touristes est plus enviable que celle de leurs congénères enfermés dans des camps de réfugiés où ils ne peuvent ni travailler, ni quitter l’enceinte gardés par l’armée thaïlandaise. Mais comment s'en satisfaire ? Comment encourager l'exploitation touristique de ces populations ?
Beaucoup appellent au boycotte de ces villages. Le souci, c'est que sans ces visites, leurs conditions de vie déjà peu enviables se détérioreront encore faute de revenus. Peut-être que la solution c'est de boycotter les visites des camps Karens et soutenir les associations qui tentent de leur venir en aide, ce sera peut-être plus efficace et surtout plus humain. Par exemple en soutenant Terre Karens. On vous laisse juges, nous, on n'arrive simplement pas se balader dans ces "camps de réfugiés touristiques" comme si de rien n'était...

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