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Pointe du Hoc, devoir de mémoire pour ceux qui nous libérèrent du joug allemand le 6 juin 1944

Publié le 26 juillet 2013 par Micheltabanou
La Pointe du Hoc c'est aujourd'hui un site de cratères qui témoigne de la violence des combats du 6 juin 1944 lorsque les Rangers du Colonel James  Ridder prirent d'assaut cette Pointe  et sa redoutable batterie allemande... Pour les Alliés, il faut s'en emparer pour dégager les plages (Omaha et Utah) de la menace que cette batterie fait peser sur elles. Telle est la mission confiée au 2ème bataillon de Rangers. La Pointe du Hoc fait l'objet, dans les jours et les mois précédants le débarquement, de bombardements massifs. La position, au sommet de la falaise, reste cependant importante, et difficile à conquérir.

 

Le 6 juin en l'espace de quinze minutes, la Pointe est prise et sécurisée par les Américains. Mais les Allemands ont retiré les pièces d'artillerie de 155 mm. Ces dernières ont été remplacées, suite aux multiples bombardements et en attendant la construction de tous les abris bétonnés, par des poteaux en bois qui ont trompé les avions de reconnaissance alliés.

Une fois la surprise passée, le lieutenant-colonel Rudder organise la défense du bout de terre qu'il contrôle. Il lance un appel radio l'après-midi, de son poste de commandement derrière un blockhaus de D.C.A.:: "Ici Rudder, le Hoc est sous contrôle... J'ai besoin de renforts et de munitions... Lourdes pertes...!" On lui répond peu après : "Bon boulot. Désolé pour les renforts, tous les Rangers ont déjà débarqué à Omaha."

Les pertes sont, en effet, très élevées : sur les 225 Rangers débarqués, 90 sont hors de combat pendant l'escalade de la falaise et la prise de la batterie allemande. Rudder doit faire avec. Les bâtiments de guerre au large effectuent un tir de barrage autour des zones contrôlées par les Américains. Une patrouille de deux Rangers découvre à environ un kilomètre au sud de la batterie les canons de 155 mm, cachés derrière une haie, en position de tir. Une cinquantaine de soldats allemands sont présents, à environ cent mètres plus loin au sud. Le jeune sergent américain qui commande la petite équipe donne ses ordres : son camarade doit fournir un tir très nouri sur les Allemands tandis qu'il lance des grenades thermiques sur les pièces et détruit les systèmes de visée avec la crosse de son arme. Après avoir réussi cette opération, la patrouille revient sur ses pas pour rendre compte à Rudder de leur découverte et de ce qu'ils en ont fait.

La nuit tombe et les Allemands organisent une contre-attaque. Ils s'infiltrent à travers les lignes américaines puis sont repoussés par les Rangers. Mais les munitions s'épuisent et les renforts ne sont toujours pas là. De plus, de nombreux Rangers sont faits prisonniers car, trop peu nombreux, ils ne peuvent mettre sur pied une défense hermétique et sont souvent pris à revers. Une explosion plus forte que les autres se fait soudain entendre : un Ranger vient de faire exploser le dépôt de munitions allemand.

Au petit matin du 7 juin, Rudder fait à nouveau un terrible constat : les munitions et vivres sont insuffisantes pour tenir ce siège et les effectifs américains sont en baisse. Et le 116ème régiment d'infanterie n'est toujours pas là ! Mais il faut tenir, ce sont les ordres. Le 116ème régiment d'infanterie est en effet retardé par une très forte résistance, à Vierville et sur la route vers la Pointe du Hoc. Personne ne connaît la date, l'horaire de leur arrivée pour relever les Rangers.

La défense allemande se concentre à l'ouest de la Pointe, aux alentours du blockhaus de D.C.A. ouest, renforcée par la présence d'un canon de 88 mm. Rudder abandonne l'idée de  s'en emparer, ayant déjà perdu vingt soldats pour tenter de réduire au silence ce point de forte résistance allemande. Partout ailleurs, de nombreux tireurs isolés blessent et tuent des Rangers.

La deuxième nuit tombe sur la Pointe du Hoc depuis que ce bout de terre appartient pour moitié aux soldats américains qui s'y accrochent avec les ongles. Les renforts ne sont toujours pas arrivés, la fatigue gagne (beaucoup n'ayant pas fermé l'oeil depuis deux jours), les munitions et vivres sont pratiquement épuisées et les effectifs sont encore en baisse. Dans le but de mettre un terme à la résistance américaine, les Allemands lancent pas moins de trois contre-attaques sur le secteur tenu par les Rangers. Peu à peu, les points de résistance américains tombent, les combats deviennent des corps à corps sanglants. Au petit matin du 8 juin 1944, alors que les Allemands lancent ce qui doit être pour leur adversaire le coup de grâce, les chars américains du 116ème régiment arrivent enfin à la Pointe du Hoc avec l'infanterie. Les Allemands s'enfuient et Rudder, blessé, peut enfin souffler, la première fois depuis plus de 48 heures. Les Rangers sont relevés.

Bilan de l'assaut de la Pointe du Hoc

 

Sur les 225 Rangers engagés à la Pointe du Hoc, seuls 90 d'entre eux sont encore en état de se battre et beaucoup sont blessés.


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