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L’ami Reggiani

Publié le 27 avril 2008 par Frontere

L’ami ReggianiDe tous les chanteurs à texte d’expression francophone Serge Reggiani (ici avec Barbara) reste mon préféré.

J’ai eu la chance de le voir sur scène à deux reprises à Béziers, en juillet 1970 aux arènes, puis vers novembre 1973 au théâtre municipal.

 Lui qui venait du théâtre et du cinéma avait eu l’idée saugrenue de commencer une carrière de chanteur à quarante-cinq ans. Dans quelles circonstances?

Un directeur artistique, Jacques Canetti?avait proposé à Yves Montand d’adapter des chansons de Boris Vian mais l’imbécile avait refusé! Serge Reggiani repris ce projet et fit ainsi son apparition dans la chanson tel un météore.

Comme il avait d’excellents paroliers, dont au premier chef Georges Moustaki, le public - même le plus jeune - fut au rendez-vous.

J’appréciais la façon qu’il avait inventée de réciter un poème avant d’attaquer une chanson de son répertoire, il servait ainsi la poésie et comme sa diction était parfaite c’était toujours réussi, par exemple :

«  Si vous la rencontrez, bizarrement parée,
Se faufilant, au coin d’une rue égarée,
Et la tête et l’oeil bas comme un pigeon blessé,
Traînant dans les ruisseaux un talon déchaussé,

Messieurs, ne crachez pas de jurons ni d’ordure
Au visage fardé de cette pauvre impure
Que déesse Famine a par un soir d’hiver,
Contrainte à relever ses jupons en plein air.

Cette bohème-là, c’est mon tout, ma richesse,
Ma perle, mon bijou, ma reine, ma duchesse,
Celle qui m’a bercé sur son giron vainqueur,
Et qui dans ses deux mains a réchauffé mon coeur. »

(Charles Baudelaire, Je n’ai pas pour maîtresse une lionne [1] illustre, poésies de jeunesse)

Et il enchaînait avec Sarah, ou :

« Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la
peine »

(Apollinaire, Le pont Mirabeau

suivait Et puis, ou encore :

« Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve. Mais de quoi? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous »

Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris

Après suivait … je ne me souviens plus! (2)

Mais peu importe, écoutez donc, Madame :

http://www.dailymotion.com/video/x22xff_reggiani-serge-votre-fille-a-20-ans_music

Notes

(1) une actrice de théâtre  

(2) je vais essayer de retrouver d’autres exemples


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