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Interview de Jérôme Hamon

Par Luffyichigo @mangaenfolies
Lors de Japan Expo, Jérôme Hamon était présent sur le stand Kana pour dédicacer son oeuvre Yokozuna.
Voici l'interview qu'il a bien voulu accorder :
Pouvez-vous vous présentez et présenter votre parcours ?

Interview de Jérôme Hamon
Bonjour, je suis Jérôme Hamon et je suis le scénariste de Yokozuna. J'ai eu un parcours atypique pour rentrer dans la bande dessinée. Pour commencer, j'ai fait une école de commerce après je suis parti aux USA pour faire un double diplôme et j'ai travaillé là-bas en tant qu'analyste financier. Je ne m'imaginais pas finir ma vie là-bas et passait ma vie dans ce milieu là et de ce fait j'ai commencé à réfléchir pour savoir ce que je voulais faire de ma vie.
Quel a été l'élément déclencheur pour le changement de carrière ?
Il y a eu plusieurs éléments. Sur le long terme, le fait de réaliser que mon boulot m'intéressait mais que je ne prenais pas plus de plaisir que cela. J'ai eu un colocataire qui était aussi un ami qui lui était passionné de comédies musicales et il voulais faire ça de sa vie. Le fait de voir quelqu'un de passionné, rêver et essayer d'accomplir ses rêves m'a motivé car je me suis dit que moi aussi j'aimerai bien faire un truc qui me plaît. J'étais aux USA quand le 11 septembre est arrivé donc cela m'a marqué et m' a conforté dans mon envie de faire autre chose.
Pourquoi avez-vous décidé avec Yokozuna de parler du monde des sumos ?
J'aime beaucoup l'Asie et j'ai voulu partager cette passion avec les gens. L'idée de départ était de parler du Japon et de la culture japonaise. Après avoir réfléchi à ce qui n'avait pas été fait, je me suis intéressé au sumo et je me suis dit qu'en effet rien ou quasiment rien n'a été fait sur le sumo en France. Pourtant c'est un sport et un art qui est très révélateur de la culture japonaise. Ce fut donc ma porte d'entrée. Le choix du personnage principal c'était tout simplement pour avoir une légitimité dans mon propos. N'étant ni spécialiste du sumo ni spécialiste de la culture japonaise, je n'avais aucune chance d'avoir un propos pertinent si je suivais un sumo japonais qui était censé tout connaître de cette culture. En prenant comme personnage principal un hawaïen qui ne connaît rien sur le Japon et rien sur la culture japonaise en arrivant au Japon, je suis dans ses baskets. De ce fait, je peux le comprendre et je peux partager son point de vue avec les gens.
Vous êtes-vous inspiré de véritables matchs de sumo lors de l'écriture de Yokozuna ?
Oui car Yokozuna est une biographie de Chad Rowan ou en tout cas une histoire inspirée de sa vie qui sera connu dans le monde entier sous le nom d'Akebono et qui va devenir le premier yokozuna étranger de toute l'histoire du sumo. C'est à dire que quand il arrive au Japon, il y a eu 63 yokozunas dans toute l'histoire du sumo et tous ont été japonais. Lui, il arrive là-bas avec ce rêve un peu fou de devenir yokozuna. L'intérêt c'est donc évidement de découvrir ce sport mais aussi de découvrir cette culture.C'est le choc des cultures de ce fait on découvre l'impact de la culture japonaise sur ce dernier et sur le regard qu'il porte sur sa propre culture.
Comment avez-vous procédé pour le travail de recherche ?
Je me suis beaucoup inspiré et basé sur la biographie de Chad Rowan. J'ai regardé beaucoup de documentaires sur le sumo et lu beaucoup de biographie de pratiquants de sumo. J'ai aussi énormément regardé de combats de sumo. Tout cela afin d'essayer d'être aussi proche que possible de la réalité.
Comment s'est déroulé l'élaboration de ce premier tome ?
Cela a été un long travail. Le premier tome nous a pris deux et demi de travail. La première étape a été la réalisation d'un scénario détaillé d'une centaines de pages. Ensuite, on va vers des étapes de plus en plus précises et proche de ce que l'on va avoir dans le manga. C'est à dire un découpage page par page et case par case, ce qui va se passer et les dialogues. A chacune des étapes de la création, j'ai échangé avec Marc le dessinateur pour avoir son avis afin d'essayer de faire vraiment un travail à deux et afin de faire une oeuvre que l'on s'approprie tous les deux.
Comment s'est effectué votre travail avec Marc Van Straceele ? 
Marc habite dans le Sud et j'habite la Bretagne donc on était assez éloigné et du coup on a échangé par mail, par téléphone sur ma vision des choses, le scénario, le découpage et sur son retour dans la façon de voir les choses. A chaque fois, j'ai essayé de tenir compte de son avis pour essayer d'arriver à quelque chose qui nous convienne à tous les deux. Marc a voulu qu'il y ait des moments de pause dans la récit pour que le lecteur puisse s'imprégner de l'atmosphère. Cela permet de partager les émotions de Chad et de vivre avec lui ces moment forts. Cela peut être lors du trajet en taxi qui va le conduire de l'aéroport à la confrérie de sumo dans laquelle il va s'entraîner, on aurait pu faire cela en deux cases mais on a voulu montrer cette découverte de Tokyo et cela permet au lecteur de se plonger dedans. Cela nous paraissait très important.

Pourquoi avoir fait une série courte ?
Ces deux tomes de 250 pages mis bout à bout cela fait 500 pages. Même si se n'est réparti qu'ne deux tomes, c'est quand même long et beaucoup de travail. On aurait pu en faire beaucoup plus mais on a voulu garder une histoire relativement restreinte pour avoir le temps de bien traiter notre sujet.
Pourquoi avoir découpé en deux grands tomes ?
Comme on est sur quelque chose de très contemplatif et comme on veut laisser le temps au lecteur de se plonger dans cet univers si on avait découper cela en tomes de 100 pages, le premier aurait été relativement vide. L'histoire prend un peu de temps à démarrer car on part du principe que le lecteur ne connaît rien au sumo. Pour partager ce que vit Chad, il faut que l'on lui explique les choses. Cela prend du temps. A travers le premier entrainement, on va détaillé ce qu'est le sumo. Notre point névralgique n'est  pas le fait de devenir ou non yokozuna mais c'est de montrer Chad évoluer vers ce moment fort de sa vie.
Referiez-vous le même genre d'histoire ?
Je pense que l'on a fait le tour du sujet sur le sumo. On essayé d'y mettre le meilleur de nous même. Je ne vois pas aujourd'hui ce que l'on pourrait rajouter sur le sumo. Cela ne m’intéresserait pas de traiter une histoire sous cette forme là. J'aurai l'impression de me répéter.
Quels sont vos futurs projets ?
Oui, on a d'autres projets avec Marc. On essaye de monter divers projets ensemble.
Avez-vous un message pour vos lecteurs ?
J'ai essayé de le faire passer dans le manga. Le plus important n'est pas la destination mais le cheminement. Le courage de se dépasser, d'avoir un rêve et d'y croire. Cela n'est pas le plus important et même si la réussite est là ne signifie par forcément grand chose en elle-même.
Je remercie beaucoup Kana et Jérôme Hamon pour cette interview et pour leur accueil. Je remercie Jérôme Hamon d'avoir pris le temps de répondre à mes questions.

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