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Sète : Expo Manuel Ocampo

Publié le 29 juillet 2013 par Idherault.tv @ebola34
Sète : Expo Manuel Ocampo Carré Sainte-Anne (Montpellier), du 31 mai au 5 septembre 2013

Manuel Ocampo investit deux centres culturels du Languedoc-Roussillon. En tant qu'artiste à Montpellier et en tant que commissaire-passeur à Sète.

Sète : Expo Manuel Ocampo
Au Carré Sainte-Anne, il présente une exposition formée essentiellement de peintures auxquelles s'ajoute un gisant longiligne réalisé à partir de papier mâché doré disposé au centre de l'espace désacralisé. Après avoir passé trois mois sur place, il produit une série d'œuvres inédites, clairement inspirées par le lieu. Depuis les années 1990, l'artiste philippin travaille des symboles et des images liées aux religions (l'art des retablos y est prégnant) et à la conquête espagnole. Il puise son inspiration non seulement dans la culture philippine, mais aussi dans les différentes cultures underground, dans l'art occidental (on note un hommage à Picabia), ainsi que dans les arts populaires et vernaculaires.

Au Carré Sainte-Anne, on observe une évolution dans sa réflexion plastique. Laissant derrière lui une figuration léchée, une profusion de détails et un goût certain pour la provocation, il se concentre davantage sur la matière, le geste et la brutalité de la peinture. Il est entré dans une nouvelle radicalité. Ses toiles aux formats généreux nous apparaissent comme des rébus générés à partir de symboles qui forment son alphabet : dents, oiseaux, déchets alimentaires et humains (notamment des viscères et des excréments), croix, crânes, yeux, ampoules, épées et formes embryonnaires. Il jongle avec un répertoire de formes empreintes d'un symbolisme multiréférentiel. Son langage pictural a d'ailleurs une forte incidence sur la scène émergente philippine.

Au MIAM, Manuel Ocampo troque sa casquette d'artiste pour celle de commissaire. Après avoir vécu en Californie et en Espagne, il a choisi de revenir à Manille pour y vivre et travailler. Là, il met son expérience et sa notoriété internationale au profit de la scène philippine en ouvrant une galerie et plusieurs ateliers. Dans la continuité de cet engagement quotidien, il présente Manila Vice, une exposition envisagée comme un panorama non exhaustif de ce qu'Hervé di Rosa (directeur du MIAM) nomme son " biotope intellectuel et esthétique ".

Sète : Expo Manuel Ocampo

Il a ainsi invité 23 artistes qui ont reconfiguré l'espace de manière à recréer l'ambiance des rues de Manille : matériaux de récupération, taxis-tricycles, posters, pancartes handmade, bibelots religieux, déchets, couleurs. Issus de différentes générations, ils présentent principalement des peintures sur toiles, murs, bois et bâches. Si la religion et l'empreinte des conquistadors nourrissent leurs réflexions, ils sont aussi totalement imprégnés par les vibrations de la mégapole, ses rues, ses odeurs, ses musiques, ses visages, son caractère incontrôlable et excessif. Manila Vice révèle une scène bouillonnante, dynamique et percutante.

L'ensemble du projet orchestré par Ocampo atteste d'un engagement, d'une radicalité et d'une générosité sans limite. Des armes rares et indispensables pour barrer la route à une standardisation asphyxiante.

Carré Sainte-Anne
2, rue Philippy - 34000 Montpellier
http://www.montpellier.fr/505-les-expos-du-carre-sainte-anne.htm

Musée International des Arts Modestes (MIAM)
23, quai Maréchal de Lattre de Tassigny - 34200 Sète
http://www.miam.org/

SOURCE : JULIE CRENN et ART PRESS

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