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[Orange Is The New Black S01] : Remember all their faces, remember all their voices

Publié le 28 juillet 2013 par Laserietheque @laserietheque

Actuellement une des séries qui fait le plus parler d’elle, sur les réseaux sociaux notamment, Orange Is The New Black a donc attiré mon attention de sériephile convaincue. Habituellement, je ne suis pas une grande fan de ce genre de séries, j’entends par là celles dont on ne cesse de chanter les louanges, celles dont on dit « Tu dois absolument la regarder ! ». Je suis parfois même très entêtée et refuse catégoriquement de visionner un show sous prétexte que tout le monde le regarde. Les exemples les plus parlants pour moi sont Homeland, Mad Men, Doctor Who et bien d’autres. Plus on me dit de faire quelque chose, moins j’en ai envie, et ça marche comme ça pour quasiment tout. Pour une raison que j’ignore encore, je me suis finalement laissée tenter (je mets ça sur le compte de la chaleur et de mon besoin urgent de vacances).

Curieusement -mais en fait pas vraiment- au visionnage du pilot, je me suis demandé pourquoi la série de Netflix créée par Jenji Kohan (à qui l’on doit Weeds) connaissait un tel engouement, une telle passion du public qui clamait à qui voulait bien l’entendre que c’était ô combien formidâââââble. Pour ma part, j’ai trouvé cet épisode inaugural très très moyen. Je n’ai pas compris la ferveur qui s’en dégageait. J’ai apprécié le spectacle, et pensé tout au plus que c’était un divertissement estival potable. Et puis je me suis enfilé les épisodes suivants et en fait non. Ce n’est pas potable c’est brillant. Les paragraphes suivants contiennent évidemment des spoilers. 

[Orange Is The New Black S01] : Remember all their faces, remember all their voices

Orange Is The New Black dépeint un univers carcéral avant tout porté par sa galerie de personnages édulcorés, forts, charismatiques et parfois violents.

On suit donc Piper Chapman (Taylor Schilling), une trentenaire dénoncée par son ex-petite amie, Alex Vause (Laura Prepon) pour un avoir transporté de la drogue 10 ans plus tôt. Depuis sa vie a changé, elle est fiancée et décide de plaider coupable parce qu’elle veut assumer ses erreurs passées. Son arrivée dans cette prison de sécurité minimale pour quinze mois bouleverse évidemment sa vie mais aussi celle de son fiancé, Larry Bloom (Jason Biggs connu notamment pour American Pie), qui n’était au courant de rien (oui apparemment son homosexualité était juste une "phase"). Si le déroulement des événements dans la prison est captivant, la vie du boyfriend en dehors est très peu intéressante ou en tout cas m’a si peu intéressée que ça m’a radicalement ennuyée. L’idée est évidemment de montrer à quel point cette situation va les éloigner et l’affecter lui aussi, mais il tire partie de l’enfermement de Piper pour se faire connaître à la radio, je trouve ça limite détestable mais l’épisode 11 m’a finalement rendu triste pour lui, je le trouve pathétique la plupart du temps, encore plus lorsqu’il propose à Piper de se marier au plus vite alors qu’elle a encore un an à tirer. The fuck, dude ?

Le moyen employé pour que le téléspectateur apprenne à connaître les nombreux personnages de la série est basé sur les systèmes du flashback couplé à celui d’un épisode / une histoire ce qui est sur le fonds une bonne idée même dans les faits certains épisodes sont décevants (ou plutôt frustrants) car on aurait aimé en savoir plus, celui de Nicky Nichols par exemple était trop peu exploité à mon goût. La plupart des personnages sont attachants, singuliers et hauts en couleurs avec des backgrounds tantôt complexes tantôt clichés mais bien souvent réalistes. Le fait que les informations soient disséminés par petites doses, ici et là, rend le récit fluide et la réalisation, soignée, délivre des épisodes étonnants comme la storyline du poulet malgré des directors différents tout au long de la saison. Sur cet épisode, Gary Lennon, à l’écriture, et Michael Trim à la réal’ ont tout de même réussi à nous faire une heure entière sur la course-poursuite du poulet par les prisonnières. Magique.

La série connaît deux intérêts principaux à mon sens : la galerie de personnages que Jenji Kohan nous offre et le cheminement de Piper à travers eux. Parce que ça ne va pas être de la tarte pour elle malgré le ton et l’univers carcéral pris au second degré. Si au cours des premiers épisodes l’écriture penche plus vers une dramedy, la transition opérée entre cette touche et le pur drama correspond au cheminement de Piper, qui un peu surprise au début tournait tout à la dérision, mais qui se rend vite compte que la prison s’avère plus sombre et dramatique qu’il n’y paraît. Sans oublier que la miss est carrément fucked up, à tous les plans. Elle refuse de voir la réalité en face et son monologue à l’adolescente en chaise roulante est criant de vérité pour elle : elle est face à elle-même, ses propres décisions, ses erreurs et surtout devant son désir d’être aimée par tout le monde. On est dans l’attente d’un changement pour Piper car elle est parfois dépeinte à la limite de la superficialité, surtout dans le pilot où les flashbacks et les scènes dans le présent sont bien trop lourdes et évidentes. Les treize épisodes se matérialisent donc comme une sorte de chemin initiatique où elle découvre sa nouvelle maison, sa nouvelle famille ce qui rend évidemment le lien avec l’extérieur confus. Au départ partagée entre ses problématiques internes et la survie de son entreprise, Piper est forcée d’admettre que son quotidien prend le dessus sur tout le reste, y compris Larry, sa meilleure amie ou son frère. Sa vie à l’intérieur de la prison prend une toute autre tournure, elle qui désirait au départ se faire toute petite se retrouve sur le devant de la scène. Son désir de ne plus subir la prison comme une sentence mais d’en tirer le maximum ne lui rapportera au final que des ennuis jusqu’à l’apothéose du dernier épisode où le déferlement de la violence et de la colère accumulées l’obligent à se défendre contre une Doggett toujours aussi timbrée.

La boulette tonitruante de Piper le premier jour à la cantine est bien plus un prétexte à l’introduction des nombreux personnages forts de la série qu’une banale erreur de nouvelle arrivante naïve mal sentie. Je ne les appellerai pas personnages secondaires car selon moi ils sont bien plus que ça. Le casting cinq étoiles (tant sur le plan des actrices que de l’écriture des personnages) y est pour beaucoup dans l’évolution de mon amour pour le show au fil des épisodes. Certaines ont fait leur trou dans mon cœur lentement mais sûrement, comme Suzanne aka Crazy Eyes, qui porte bien son nom d’ailleurs puisqu’elle est littéralement un mélange magique de Dobby et de Whoopi Goldberg, ou encore Alex Vause, l’ex de Piper.  Oh Laura Prepon, j’ai désormais envie de regarder toute ta filmographie tant ta voix, ton charisme et tes yeux m’ont séduit… D’ailleurs, si au départ j’ai pu penser que la relation entre elles deux était uniquement sous-entendue sous l’angle sexuel via la toute première scène de la série sous la douche et les nombreux flashbacks par la suite, il n’en est finalement rien. Et c’est plutôt plaisant. C’est peut-être une des seules choses qui échappent au stéréotype même si la fin est prévisible, à savoir que Piper se retrouve seule, sans Larry ni Alex pour lui porter secours ou la réconforter. J’ai beaucoup apprécié les vérités qu’Alex lui balance, notamment lorsqu’elle est enfermée dans la machine à laver. Leur relation était bien plus qu’une phase, Alex était, et est toujours, folle amoureuse d’elle. Vous savez donc ce que je pense du rapprochement Nicky / Alex que j’avais pressenti il y a plusieurs épisodes déjà, à mon grand désarroi. D’autres prisonnières emblématiques comme Red, Taystee, Miss Claudette, ou Janae m’ont particulièrement touchée par leur cynisme, leur humour ou par le talent des actrices tout simplement. Chacune à leur façon essaie de survivre, jour après jour, et tente autant qu’elle peut d’éviter d’avoir à faire avec le personnel de la prison. En effet, les personnages masculins ne sont pas en reste et sont, pour moi, parmi les plus antipathiques du show à commencer par Healy et Mendez aka Pornstache, deux raclures homophobes en puissance, à des niveaux différents mais aussi méprisable l’un que l’autre. Leurs relations avec les femmes sont biaisées et influencées par leurs propres incertitudes, frustrations et échecs notamment Healy qui idéalise Piper pour finir par la détester au point d’être complice de sa tentative de meurtre par Tiffany aka Pensatucky lors de la scène finale du dernier épisode de la saison. A contrario, la relation entre Dayanara  et John, bien qu’attendrissante, est trop peu crédible pour soutenir mon intérêt, tout comme le clan des latinos à bien y réfléchir.

[Orange Is The New Black S01] : Remember all their faces, remember all their voices

En conclusion, malgré un début difficile et un cliffangher qui me laisse un peu perplexe, Orange Is The New Black se révèle être une série ambitieuse qui réussi à imposer son style et délivre des épisodes tantôt attachants, tantôt poignants naviguant ainsi toujours avec justesse entre les émotions, le rire et l’attachement grandissant aux personnages. Les épisodes s’enchaînent à une vitesse frénétique à la limite de l’indécence portés par un casting solide qui jouit d’une écriture brillante dotée de références et de punch lines efficaces. La saison deux prévue pour 2014 se fait déjà trop attendre…


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