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Insaisissables [Critique]

Publié le 30 juillet 2013 par Kevin Halgand @CineCinephile

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"« Les Quatre Cavaliers », un groupe de brillants magiciens et illusionnistes, viennent de donner deux spectacles de magie époustouflants : le premier en braquant une banque sur un autre continent, le deuxième en transférant la fortune d’un banquier véreux sur les comptes en banque du public. Deux agents spéciaux du FBI et d’Interpol sont déterminés à les arrêter avant qu’ils ne mettent à exécution leur promesse de réaliser des braquages encore plus audacieux. Ils font appel à Thaddeus, spécialiste reconnu pour expliquer les tours de magie les plus sophistiqués. Alors que la pression s’intensifie, et que le monde entier attend le spectaculaire tour final des Cavaliers, la course contre la montre commence."

Louis Leterrier est un réalisateur qui a fait son petit bonhomme de chemin et qui se retrouve aujourd’hui a réalisé des films à gros budgets aux États-Unis. Alors qu’il a débuté sa carrière chez Europacorp en réalisant les deux premiers opus d’une certaine trilogie consacrée à un homme qui fait Le Transporteur, c’est avec Danny the Dog qu’il a pu prendre son envol vers le territoire américain. Avec L’Incroyable Hulk il nous avait conquis puis il nous a concocté un film qui se nomme Le Choc des Titans et malgré un rythme efficace et des scènes d’actions spectaculaires, la sauce ne prenait pas. C’est trois années après qu’il revient avec un film assez ambitieux et au casting de folie. Avec pas moins de huit acteurs internationaux en haut de l’affiche, il se devait de nous faire un bon divertissement, mais est-ce vraiment le cas ?

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Insaisissables fait en sorte que le spectateur soit immergé dans le film tel un spectateur du tour dans un tour de magie. Il s’agit d’un film sur la magie, mais contrairement au Prestige par exemple, Insaisissables souhaite faire réfléchir le spectateur tout en le divertissant par le biais de tours modernes et impressionnants. Le scénario de ce film peut paraître convenu et sans grande originalité, puisqu’il s’agit ni plus ni moins que de magiciens qui se servent de l’illusion de leurs tours pour réaliser des braquages, mais ce scénario se révèle très rapidement plus malin qu’il ni paraît. Au lieu de s’embourber à nous révéler davantage d’informations sur les quatre cavaliers ou encore sur leurs relations, il rentre directement dans le vif du sujet par le biais d’un tour de magie spectaculaire. On a un scénario qui est simple, mais il se déroule au fur à partir du moment où débute le premier spectacle de magie. Une fois ce premier spectacle achevé, le spectateur se prend au jeu et s’en suis une course poursuite pour découvrir pourquoi ces quatre magiciens ont été réunis et pourquoi ils braquent les banques sans pour autant garder tout l’argent, qui les a engagés et surtout ont-ils un cinquième complice ?

La construction du film permet la mise en place d’un suspense qui va se révéler très bon puisque le scénario prend un malin plaisir à envoyer le spectateur sur de mauvaises pistes. Le film se joue du spectateur telle l’illusion qui se joue du spectateur du tour de magie. Parce qu’au final, si l’illusion n’est qu’un prétexte pour braquer des banques, l’illusion est bien présente dans le film par le biais de différents tours de magie, mais surtout grâce au scénario qui repose intégralement sur la définition du terme : illusion. Le film est construit de manière à ce que les réponses aux questions que se pose le spectateur soit devant ses yeux durant tout le film. Au départ, le personnage incarné par Jesse Eisemberg va réaliser un tour avec un jeu de cartes. Ce tour consiste à vous montrer une certaine carte et il le fait via un cran d’arrêt sur le jeu pour qu’il puisse repérer cette carte sans avoir à les regarder. C’est l’illusionniste qui guide votre regard et non pas le spectateur qui choisit sa carte. Ce concept est utilisé pour le film dans son intégralité puisqu’on nous montre ce qu’on veut nous montrer et non pas ce que l’on veut voir. L’illusion est omniprésente dans le film et ce principe est admirablement utilisé pour divertir tout en faisant réfléchir. C’est simple, mais bien fichu, avec un suspense efficace et c’est au combien gratifiant lorsqu’on arrive à déchiffré l’illusion.

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Pour créer une illusion parfaite, Louis Leterrier a décidé d’opter pour un film moderne et spectaculaire. Esthétiquement parlant, Insaisissables est une grosse réussite. À la fois coloré, moderne et réaliste dans ses décors, le film nous en met plein la vue puisqu’il se permet d’être extravagant dans sa réalisation et dans ses effets visuels qui sont très nombreux. Tel un spectacle de magie à gros budget, Louis Leterrier utilise sa réalisation pour mettre en avant le côté festif et spectaculaire des spectacles de magie, mais également la grandeur des scènes sur lesquelles se produisent les quatre cavaliers. La réalisation est assez intéressante, car elle n’est pas centrée sur les personnages à proprement parler, elle est centrée sur le groupe qu’ils forment ainsi que sur la salle de spectacle. De cette façon, le réalisateur se permet de faire tourner sa caméra dans tous les sens afin d’offrir des plans de plus en plus larges. On reprochera malgré tout à Louis Leterrier d’user à trop de reprises de caméras montées sur grues et de plans tournants. Lors des spectacles, ces plans sont bien utilisés puisqu’ils permettent de mettre en avant la salle, les magiciens et les spectateurs, mais lors des scènes de dialogues, il aurait été préférable d’utiliser des plans fixes et d’user du montage pour créer le rythme.

Tout cela nous amène à parler d’une chose très importante pour le film, il s’agit du casting. Avec un tel casting international, Louis Leterrier se devait de bien les diriger afin de les rendre crédibles, drôles et attachants. Le pari est réussi puisque les personnages sont bons, sans pour autant sombrer dans la caricature du magicien braqueur et voleur d’argent. Les acteurs sont tous vraiment bons, à commencer par un Woody Harrelson toujours aussi fun et décomplexé ainsi qu’un Mark Ruffalo sérieux et surprenant. Au casting, on retrouve également Jesse Eisemberg, Isla Fisher, Dave Franco, Morgan Freeman, Michael Caine, mais également Mélanie Laurent. C’est plaisant de la retrouver au cinéma avec ce film, mais elle n’y trouve pas son meilleur rôle puisque le personnage n’est que peu utile dans l’avancement du scénario. Malgré tout, elle se révèle convaincante tout comme la majorité du casting.

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J’attendais Insaisissables, car j’avais envie de voir un très bon divertissement utilisant la magie pour divertir. Finalement, j’ai eu un film qui va au-delà de mes espérances, car en plus de divertir, le film permet au spectateur de réfléchir au pourquoi du comment. Malgré un scénario convenu au premier abord, celui-ci se révèle bien écrit, car il utilise de belle manière l’illusion et sa définition première. Avec un suspense efficace et des rebondissements qui peuvent être prévus grâce à des indices laissés préalablement dans le film tel un tour de magie, Insaisissable est donc plus qu’un simple divertissement. Qui plus est, Louis Leterrier nous offre un film visuellement très satisfaisant, car chatoyant, moderne et spectaculaire tel un show de magie. À cela on rajoute un casting international convaincant, un rythme qui ne faiblit pas durant les 2 heures de film, une bande sonore dynamique ainsi qu’un montage efficace, même si trop saccadé par moment. Le film n’est pas parfait puisque la réalisation possède quelques défauts, tout comme le scénario qui aurait pu être plus poussé concernant la psychologie des personnages…mais je chipote. Insaisissables est un très bon divertissement, qui vous permet de vous en prendre plein la vue tout en vous permettant de réfléchir.

4/5


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