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Un pharaon donna la main de sa fille, à un voleur ! En Egypte ancienne !

Par Aimejc @aime_ankh

ankh hiero

Est-ce une histoire anecdotique ?

Est-ce une évocation d'une certaine vérité historique ?

En tout cas, ce récit serait daté du Nouvel Empire !


L'émotion gagne...

Peu à peu...

Lorsqu'on imagine la réalité de ces histoires vécues, histoires bien humaines...

Alors, souvenez-vous de cette "Querelle d'Apopi et de Séqenenrê" ! Elle devait bien nous évoquer cette deuxième période intermédiaire avec la domination des Hyksôs !

Même si cela fut en quelque sorte un "faux" historique, souvenez-vous de cette "Princesse de Bakhtan" qui devrait nous faire allusion à quelques événements du règne du pharaon Ramsès II...

Un faux probable, car il semblerait qu'il soit en vérité daté de l'époque des Perses, des Ptolémée,...

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/b3/Bakhtan_stele_Louvre.JPG
 

Stèle racontant la Guérison de la princesse de Bakhtan !
21e - 22e dynastie (1 069 - 715 avant notre ère.)
Elle provient du temple de Khonsou à Karnak...

Source

On y découvre un commentaire qui proviendrait du pharaon Ramsès II...

Il aurait alors sauvé sa belle sœur...

La princesse de Bakhtan...

Pourquoi est-ce si intéressant de lire ce genre de récit ?

Tout d'abord parce qu'ils sont plaisant à lire !

Et de plus, ils ont cette chance inimaginable, d'avoir pu ainsi traverser tant de siècles...

Le moins que l'on puisse faire, c'est bien de les lire...

Ainsi...

Les documents officiels sont en quelque sorte la propagande d'un monde idéalisé par les différents pharaons...

Ces récits quant à eux...

Ils "peuvent" nous apprendre ce que les gens du peuple, ceux de la rue en disait...

Pharaon fut alors représenté beaucoup moins divinisé que sur les bas-reliefs, les...

Il pouvait même être représenté de façon ridicule !


Le payrus Rhampsinite...

Cela ne serait qu'une forme de Ramsès... 

Certains y voient Ramsès II ou III...

Il serait daté de la 20e dynastie...

1 186 à 1 069 avant notre ère ! 

Voici donc un extrait, tiré des contes populaires d'Égypte ancienne de G. Maspero :


"Le roi Rhampsinite

possédait un trésor si grand que nul de ses successeurs non seulement ne l’a surmonté, mais davantage n’a su en approcher.

Pour le tenir en sûreté, il fit bâtir un cabinet de pierre de taille et voulut que l’une des murailles sortît hors l’œuvre et hors l’enclos de l’hôtel ; mais le maçon tailla et assit une pierre si proprement, que deux hommes, voire un seul, la pouvaient tirer et mouvoir de sa place.

Le cabinet achevé, le roi y amassa tous ses trésors…"

Ainsi, le pharaon Rhampsinite voulait mettre à l'abri ses trésors dans un caveau...

Mais comme toute richesse est toujours convoitée, il fut bien victime d'un voleur !

Ce dernier recourra à de multiples ruses pour ne pas se faire prendre !

Finalement, le pharaon fut émerveillé par tant d'habileté !

Tellement subjugué d'ailleurs, qu'il ira même jusqu'à lui donner sa propre fille en mariage !

L'origine de ce récit...

Il semblerait que ce récit nous soit parvenu par l'intermédiaire d'Hérodote !

Il nous le relate d'ailleurs à travers son livre II de ses histoires (ch. CXXI)...

Mais son origine réelle nous est inconnue !

Certains auteurs suspectent même le fait que ce récit fut en quelque sorte Égyptianisé comme si son invention provenait hors des terres de Kemet...

Et qu'il le fut bien avant qu'Hérodote lui même nous la retranscrive ! 

Un architecte félon... 

Rhampsinite possédait tant de richesse...

De tous les pharaons de Kemet qui lui succédèrent, pas un seul ne l'avait dépassé voir même égalé... 

Afin de mettre ce précieux trésor en pleine sécurité, il fit donc bâtir un caveau en pierre, dont une paroi donnait hors de l'enceinte du palais !

http://www.hellenicaworld.com/Egypt/Literature/PerrotChipiez/en/images/i193.jpg

Mais voilà !

L'architecte, qui avait de bien mauvais desseins, s'arrangea afin de placer dans ce mur une dalle mobile qu'un seul homme pourrait ôter sans trop d'effort. 

L'édifice achevé Rhampsinite y fit porter toutes ses richesses !

Quelque temps après...

L'architecte, sentant venir l'heure de sa mort, expliqua à ses deux fils la manière d'ôter la pierre puis de la remettre en place !

Leur père disparu, ses héritiers se mirent bientôt à l'ouvrage !

Ils se rendirent la nuit au palais, trouvèrent effectivement la pierre !

L'ôtèrent facilement...

Ils emportèrent de fait une importante "somme d'argent"...

http://www.hellenicaworld.com/Egypt/Literature/PerrotChipiez/en/images/i195.jpg

© Ch. Chipiez.

Le piège fonctionnait bien...

Lorsqu'un jour pharaon vint pour inspecter son caveau, il fut fort étonné de constater que le niveau de son or avait fortement baissé !

Il ne savait pourtant qui accuser puisque les sceaux étaient entiers et le caveau bien fermé !

Après y être retourné deux ou trois fois, il s'aperçut que le contenu de ses coffres ne cessait de diminuer !

De fait, il fit fabriquer des pièges, qu'il plaça autour des coffres où était disposé son fameux trésor.

Les voleurs arrivèrent une nuit, selon visiblement leur habitude ! L'un deux vint directement aux coffres et se trouva pris au piège... 

Il appela aussitôt son frère et lui conseilla de lui couper la tête, afin qu'il ne fut impossible de le reconnaître et qu'il ne fut pas la cause de sa perte...

Celui-ci voyant qu'il avait raison, obéit, puis remit la pierre et s'en retourna chez lui en emportant la tête de son frère.

Quand le jour parut, pharaon entra dans son caveau...

Il fut fort étonné de voir le corps du voleur pris au piège, sans tête, et tout autant en remarquant que l'édifice n'était pas endommagé.

Il décida de faire pendre le corps sur la muraille de la ville...

Sous la surveillance de gardes qui avaient ordre de lui ramener celui qu'il verrait s'émouvoir de ce spectacle...

Un audacieux artifice...

La mère du voleur, indigné du traitement infligé à son fils, alla trouver son autre garçon et lui enjoignit de tout mettre en oeuvre pour lui ramener le corps.

Faute de quoi elle irait elle-même le dénoncer à pharaon...

Après mûre réflexion, le jeune homme imagina un artifice !

Il chargea des ânes d'outres en peau de chèvre remplies de vin, puis les chassa devant lui...

Arrivé près des gardes, il délia deux ou trois de ces outres. Alors, devant le vin qui coulait par terre, il se mit à se frapper la tête à grands cris, comme un homme au désespoir. Les gardes voyant, quant à eux, le vin se répandre à terre accoururent pour le recueillir, se disant que ce serait pour eux autant de gagné !

Le jeune homme, feignant d'être en colère, les couvrit d'injures ! Mais comme les gardes cherchaient à le consoler, il cessa ses comportements et finit même par leur donner une outre de vin, puis une autre...

Le jeune homme leur tint compagnie pendant qu'ils s'enivraient et, vaincus par le sommeil, s'endormaient enfin !

Une habilité sans égale...

La nuit avancée...

Le jeune homme alla dépendre son frère et, pour se moquer des gardes, "leur rasa à tous la barbe de la joue droite", avant de s'en retourner chez lui. 

Le lendemain, pharaon, apprenant qu'on avait enlevé le corps du voleur, se mit fort en colère.

Voulant à tout prix retrouver celui qui l'avait ainsi bafoué, il prostitua sa propre fille, lui ordonnant avant d'accorder ses faveurs d'obliger les hommes à lui dire ce qu'ils avaient fait en leur vie de plus subtil et de plus méchant !

La princesse obéit...

Le voleur, ayant entendu raconter tout cela, voulut encore une fois se montrer plus habile que le roi !

Il coupa le bras d'un jeune homme récemment décédé et, l'ayant cacher sous son manteau, alla trouver la fille du souverain !

Celle-ci lui ayant posé les mêmes questions qu'aux autres, il lui conta que la plus méchante action qu'il ait jamais faite avait été de trancher la tête à son frère pris au piège dans le caveau du pharaon, et que la plus subtile avait été d'enivrer les gardes afin de pouvoir détacher le corps...

Une histoire qui, finalement, ne se termina pas si mal que cela...

La princesse ne l'eut pas plutôt entendu, qu'elle voulu l'arrêter, mais le voleur lui laissa prendre le bras du défunt, qu'elle saisit, croyant que c'était celui du voleur !

Il lâcha alors ce bras...

Courut...

Il fila donc !

Quand la chose fut rapporter au souverain, il fut émerveillé à la fois par l'astuce et la hardiesse de cet homme !

Il ordonna qu'on fit publier dans toute les villes, qu'il lui pardonnait, et que s'il voulait se présenter à lui, il lui donnerait en outre de grands biens...

Le voleur, se fiant à la parole du roi...

S'en vint alors le trouver !

Rhampsinite conçut pour lui une si grande admiration qu'il lui donna sa fille en mariage ! Le regardant comme le plus ingénieux des hommes, parce qu'il en savait plus que tous les Égyptiens, qui possédaient eux-mêmes plus de ressources d'esprit que tous les autres peuples...

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A fin d'en connaître davantage, je vous invite à consulter :

   • Sources...

Le Conte Du Tresor Du Roi Rhampsinite (1907),  Gaston Paris, Kessinger Publishing 

Claire Lalouette, Textes sacrés et textes profanes de l’ancienne Égypte, Gallimard 

          Sitographie... 

   
Wikipedia   

   Taggé avec :

Contes en Égypte ancienne  

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