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Quand Valls se calme...

Publié le 15 août 2013 par Juan
Valls rétro-pédale. 
La technique est connue, à moins qu'elle ne soit sincère. Quelques heures après la révélation de son courrier adressé à François Hollande - par-dessus son premier ministre Ayrault et sans prévenir sa collègue Garde des Sceaux - le voici qui rétro-pédale en tentant de "calmer le jeu".
Du côté de l'Elysée, on nous explique que les "divergences d'appréciations entre les ministres" ne sont pas "anormales" dans "la phase d’échanges interministériels préalables aux arbitrages." C'est une évidence.
La surprise vient plutôt du contenu de la divergence, ou, plus précisément, de la critique formulée par Valls par voie de presse (même si le ministre s'est encore essayé à démontrer qu'il n'était pas l'auteur des fuites). Le ministre de l'intérieur avait juste aggravé un bilan, le sien.
On attend son remplaçant, il y a des candidats.
A droite, on couine. Eric Ciotti, ex-Monsieur Délinquance de l'UMP avant qu'il ne devienne directeur de campagne interne de François Fillon, précise que "l'un des deux doit partir." La remarque est curieuse. Depuis leur nomination, Valls et Taubira sont les deux faces d'une même politique. La première question est de savoir quand la distance politique entre les deux sera trop grande.
"Depuis un an avec Christiane Taubira, nous avons donné, contrairement à ce qui se faisait par le passé, une image d'une entente qui va durer. Car la Justice et l'Intérieur doivent travailler ensemble au service des Français pour être efficace." Manuel Valls, 14 août 2013.
Cette polémique a enterré une sortie estivale du député Frédéric Lefevbre sur la situation carcérale. Rendons-lui grâce. Quand il était simple porte-flingue de Sarkozy, et l'une des chevilles ouvrières de la Firme, Lefebvre enquillait les outrances avec une régularité déconcertantes. Sur le terrain judiciaire, on se souvient de son bruyant soutien pour le dépistage des comportements délictueux dans les classes de maternelles.
Re-devenu député de l'une de ces circonscriptions "abstentionnistes" créée par Nicolas Sarkozy pour les Français de l'étranger, le voici plus calme, ... mais tout aussi simpliste et caricatural. Vendredi dernier, il nous a presque amusé avec sa tribune fort à propos sur l'emprisonnement. Il partait d'une bonne idée - réserver la prison aux cas les plus graves: "Notre système abuse de la détention provisoire qui devrait être limitée au risque effectif pour la collectivité. " Mais il ajoute deux idées, l'une détestable, l'autre ignoble.
Primo, exclure la délinquance en col blanc de l'emprisonnement. Quelle belle affaire ! Il faut savoir protéger ses amis. Les futurs Madoff français et autres patrons voyous, dans l'esprit du sieur Lefebvre, n'ont rien à faire entre quatre murs. Il faut laisser cette éprouvante expérience à la racaille des pauvres.
Secundo, expulser les prisonniers étrangers: "Celui qui commet un acte de délinquance purge sa peine de prison dans son pays." Là, on tombe de sa chaise... Lefebvre explique qu'il ne s'agit pas d'une double peine: cela y ressemble pourtant sacrément !  Lefebvre re-valide ainsi l'habituel argument de la droite sécuritaire qu'un délinquant français soit mieux traité qu'un délinquant étranger...
De Lefebvre à Valls, quelle formidable semaine ...


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