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Hollande: où l'on parle des actifs de la France d'après-demain.

Publié le 20 août 2013 par Juan
On critique Hollande de n'avoir aucun cap. Voici qu'il se lance dans de la prospective, reconnaît la nécessité de fixer un cadre après une grosse année de gouvernement. Et, sans surprise, les mêmes raillent l'incongruité de la démarche ou l'exercice de communication.
Bien sûr que c'est de la communication. On imagine bien que Hollande ou Ayrault échangent sur l'avenir avec leurs ministres. Ce "séminaire" est là pour mettre en scène l'action politique.
Demain...
Cela nous changeait des réunions de travail au Fort de Brégançon - en mode "cellule de crise" après un accès de fièvre spéculatif contre l'euro; ou des rencontres au Cap Nègre à l'abri des caméras; ça change aussi de la grandiloquente "politique de civilisation" que Nicolas Sarkozy exhiba le temps d'un discours de voeux pour l'oublier dès le lendemain. Mais c'était encore et toujours une opération de communication. Le gouvernement était au complet, ce lundi.
On compare les mines, car peu sont bronzées. Manuel Valls marche d'un pas assuré, chemise et cravate bleue ciel. Pour ce premier jour de rentrée, il y a séminaire. Il est content, on a encore davantage parlé de lui cet été. Le sujet occupe (un peu) les esprits.
Hollande justifie la nécessité de l'exercice, après sa première année de gouvernance: il faudrait donner  "un cadre, une cohérence à ces décisions."
Alors où va-t-on ?
Hollande repère trois défis (la souveraineté du pays, l'excellence de son système, et l'unité de la nation. Et cinq objectifs pour encapsuler la démarche. On pourrait applaudir car cela fait du bien de penser à beaucoup plus tard. Cela force à un débat soulagé des contraintes du quotidien. Sarkozy naviguait à vue, à quelques heures près, entre un déplacement et un JT. Chirac roupillait à l'Elysée. Les élections cristallisent l'excitation sur les recettes du lendemain. Pouvait-on enfin penser à plus loin ?  La politique, c'est du temps long. Quelle est la France de 2025 pour l'UMP, le Parti de Gauche ou le Front national ? La question mérite d'être posée.
Hollande a retenu 5 objectifs, l'un est agaçant, cherchez un peu:
1. Utiliser pleinement notre avantage démographique.
2. Gagner la bataille de la mondialisation.
3. Réussir la transition énergétique et écologique.
4. Faire de notre territoire un levier de développement.
5. Inclure tous les citoyens dans la République.
Quelle sera la France de 2025 ? A 15 heures, Jean-Jérôme Bertolus, l'habituel envoyé spécial d'iTélé sur le perron de l'Elysée, s'inquiète: les ministres sont toujours séquestrés. Jean-Marc Ayrault est bien apparu quelques instants. Il se défend. Il a bien sûr quelques urgences plus proches, comme la réforme des retraites: " Je recevrai avec les autres ministres concernés les partenaires  sociaux pour la réforme des retraites." Et d'ajouter: "Le gouvernement est bien dans l'action pour aujourd'hui."
"La France a pris du retard dans la mondialisation" nous traduit Ayrault.  C'est donc une course, une grande compétition. Cette formule fera grincer. Mais il y a pire. Le "vivre ensemble" ne séduit pas tout le monde au sein du gouvernement. Manuel Valls était trop heureux de se distinguer. Il commence par sourire à Christiane Taubira, les photos officielles sont presque drôles. Sur la fin du séminaire, le voici qui sort une salve sur l'immigration africaine et le regroupement familial. Le gars s'est égaré. Il n'a pas compris.
Que Hollande ne craigne rien, virer Valls du gouvernement ne changera rien. Il faut le faire tôt, très tôt.
Ailleurs, en même temps, l'ancien maire socialiste d'Hénin-Beaumont, Gérard Dalongeville écope de 4 ans de prison, dont trois ferme, pour détournements de fonds publics. Qu'en pense Manuel Valls ? L'arbitrage sur la réforme pénale est pour "bientôt", promet Ayrault.
... aujourd'hui
En 2025, combien coutera la rentrée scolaire ? La France d'aujourd'hui pense à la rentrée scolaire.  Les élèves de 2013 seront les actifs de 2025.
L'UNEF dénonce, cette année, un renchérissement de 1,6% en moyenne de la vie étudiante. La ministre de l'Enseignement pointe les problèmes de logement. Sa feuille de route, dit-elle, c'est d'ouvrir 40.000 logements étudiants supplémentaires d'ici la fin du quinquennat. Il lui en manquerait 10.000. Geneviève Fioraso annonce aussi l'établissement d'une caution étudiante locative, par l'Etat, pour les "étudiants de familles monoparentales".
D'après une autre estimation des frais de rentrée, établie par la FAGE, ce sont d'autres frais que le logement qui augmentent: les cotisations sécu, les mutuelles, et même le Resto U. Les frais de scolarité progressent, mais peu: deux euros de plus en Licence (183 euros au total), quatre euros en Master (254 euros), huit euros en Doctorat (388 euros).
La ministre peut faire valoir sa réforme des bourses étudiantes, sur des critères enfin sociaux, avec une dotation supplémentaire de 120 millions d'euros. Un peu moins de 100.000 étudiants modestes sont concernés.
La rentrée scolaire, elle, ne coûterait que 0,3% de plus que l'an prochain d'après une évaluation des indices de prix de l'INSEE sur les catégories de biens et services concernés. L'allocation de rentrée, revalorisée de 25% l'an passé, est augmentée de 1,2% cette fois-ci.
Certains couineront que cela n'est pas assez.
Bien sûr.
Lire aussi:
  • La contribution du Commissariat au Plan: "Quelle France dans 10 ans ?"
  • "Des grands projets pour 2025 ?" (jegoun.net)
  • "L'Odyssée de l'Elysée"(El Camino)


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