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Jonny Flynn espère toujours rejouer en NBA

Publié le 20 août 2013 par Insidebasket @insidebasket

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Jonny Flynn
a été drafté à la 6ème position en 2009 par les Timberwolves (ainsi que Ricky Rubio). Ce brave Jonny avait comme mission de remplacer Ricky resté en Europe. A cette époque, Flynn jouit d'un buzz: il a emmené son équipe universitaire de Syracuse 6 fois en prolongation contre Connecticut tout en remportant la victoire. Le coach de Syracuse -Mike Waters- explique l'impact de ce match pour la draft:

"Je ne suis pas sûr qu'il aurait pu aller à la draft sans ce match et je suis sûr qu'il n'aurait jamais été drafté si haut à la 6ème place."

Les propos du coach sont assez incroyables et ne sont pas en faveur finalement du meneur. Jonny arrive donc à Minnesota avec un sentiment particulier:

"De nombreuses fois, les gens m'ont dit que le basketball était un business. Ce fût le cas lors de la draft. J'étais content et en même temps dans le doute. C'était étrange comme émotion car j'étais supposé être important en étant drafté à la 6ème place. Mais j'ai été drafté derrière un gars qui disait ne pas vouloir jouer pour l'équipe et qui va venir au final. Donc vous êtes dans une situation de bail de deux ans où il préviendra quand il voudra venir. Vous savez que votre temps ici est limité."

On peut comprendre Flynn, surtout que Rubio était très attendu à Minnesota; Flynn devenait alors un joueur en remplacement dans l'attente du meneur espagnol. Malgré tout, le GM David Kahn affirme croire en Flynn et il pense aussi qu'il sera complémentaire de Rubio:

"Les grands joueurs aiment jouer avec les grands joueurs. Je pense qu'il est vraiment spécial [Jonny Flynn]."

Kurt Rambis, le coach, joue avec un système en triangle si difficile à comprendre. Flynn a beaucoup de mal à l'intégrer:

"C'était comme une deuxième langue. Tu vois les gens qui apprennent l'espagnol et qui sont capables de communiquer assez vite, sans être bilingues? J'étais comme cela dans le triangle. Je venais d'un système universitaire et j'avais toute ma vie joué en pick-and-roll, où j'étais libre de faire ce que je voulais."

Al Jefferson, alors encore à Minnesota, confirme toute la difficulté de jouer en triangle. Il pense qu'avec d'autres systèmes, l'équipe aurait bien mieux joué, et Flynn aussi. Les relations entre le jeune meneur et le coach sont alors conflictuelles. Sa saison rookie n'est pas si mauvaise puisqu'il affiche plus de 13 points et 4,4 passes décisives en moyenne. Le staff croît en lui pour la deuxième saison (tout en gardant un œil très attentif sur Rubio) mais il se blesse rapidement à la hanche. Pire, les médecins le font sans doute reprendre trop vite la compétition mais le meneur n'est pas apte. Il n'arrivera pas à retrouver toutes ses qualités, louées par le staff. Kurt Rambis confirme:

" A mon avis, il est revenu trop tôt. Je voyais qu'il n'était pas prêt. Il n'avait pas retrouvé tous ses moyens. Le management l'a poussé à revenir et à recommencer à jouer. Je ne pensais pas qu'il était prêt à jouer. Le chirurgien a estimé qu'il avait bien récupéré de l'opération et qu'il était prêt à jouer, mais il suffisait de le regarder, il n'était pas capable de faire ce qu'il faisait avant sa blessure. Je ne pensais pas qu'il était prêt à jouer et résultat, il n'a pas pu ouer au niveau qui était le sien à la fin de sa première saison. Il a perdu la confiance. Les fans le huaient. On ne jouait pas bien en équipe."

Résultat: la saison est mauvaise et Flynn n'est même plus là lors des derniers matchs (des raisons personnelles invoquées). Pour lui, la spirale négative continue puisque Ricky Rubio annonce qu'il arrivera la saison suivante. Minnesota le transfert à Houston. On ne comprend pas comment le staff et les dirigeants ont pu aussi mal gérer le cas de Jonny Flynn. Beaucoup de ses proches et de ses anciens coachs universitaires voient le malaise de la situation. Flynn a un genou à terre, il ne veut même plus parler du basket. La NBA est un business, elle peut faire mal et Flynn est au cœur de la tempête. Aux Rockets, il ne jouera que 11 matchs (pour 3 points et un peu plus de 2 passes décisives) avant d’être envoyé à Portland (18 matchs, 5 points et 3,8 passes). Portland ne le conserve pas. Il tente une pige à Detroit, qui rompt son contrat lors du camp de pré-saison. Flynn n’y est plu, il a perdu le rythme et la confiance. Il disparait des radars de la NBA. La saison dernière, on le voit en Australie, chez les Melbourne Tigers :

"Je voulais vraiment jouer dans un endroit où l’on parle anglais […]. Je voulais juste me battre et repenser à la NBA, j’avais cet objectif dans la tête."

Il faut maintenant lui laisser l’opportunité de revenir, et de saisir sa chance. Mais tout le monde a oublié sa saison rookie prometteuse et garde en tête ses mauvaises prestations. Quel est l’avenir pour Flynn ? Son objectif est bel et bien de retrouver une équipe NBA. Pour cela, il a choisi de faire la Summer League pour se montrer :

"Il y a 30 équipes dans cette league et beaucoup ne m’ont pas vu depuis deux ans. "

Après les Pacers, il joua pour les Clippers à Las Vegas. Seul problème : il n’a joué que 78 secondes en tout ; un peu court pour montrer ce que l’on vaut vraiment. On a l’impression que Flynn est une victime (de plus ?) du business NBA. Les gens s’inquiètent de son état physique, et ne lui laissent pas la chance de prouver son bon état :

"En NBA, dès que tu es identifié comme abîmé, c’est comme avoir une énorme croix au milieu du front et personne ne veut avoir affaire à toi. "

Lui veut avoir la possibilité de montrer qu’il va bien, que sa blessure se conjugue définitivement au passé :

"J’ai juste besoin d’être sur le terrain et le reste suivra. Je me sens bien. Je suis dans la meilleure forme de ma vie. "

La NBA, le jeu, les fans, l’ambiance, le locker-room, tout cela lui manque. Il n’a pas pu retrouver cela en Australie même s’il ne regrette pas sa saison passée à Melbourne :

"Juste retourner dans un vestiaire NBA, c’est ce qui m’a le plus manqué lorsque j’étais en Australie. Juste revenir dans l’ambiance, ce serait génial. Même si c’est la Summer League, c’est encore la NBA. La camaraderie dans un locker-room est sans doute ce qui m’a le plus manqué. "

Le meneur de 24 ans va devoir se battre pour retrouver une place. Si la NBA ne lui donne pas une seconde chance, Flynn choisira d’aller en Chine ou en Espagne pour tenter de poursuivre sa carrière et peut-être montrer qu’il peut encore être un joueur NBA. On espère sincèrement qu’il pourra avoir cette deuxième chance et ne pas avoir de regrets.


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