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Les compulsions alimentaires ou TCA

Publié le 20 août 2013 par Juval @valerieCG

Je voudrais re-aborder aujourd'hui le problème de la compulsion alimentaire en réaction à cet article  qui m'a fait littéralement bondir.

J'aimerais commencer en précisant que si vous n'avez pas de TCA (troubles du comportement alimentaire) il est parfaitement et totalement inutile de donner des conseils ou votre avis sur le sujet ; merci d'avance.

Scoop ; quand vous avez une soudaine envie de sucre/gras, non dans l'immense partie des cas votre corps ne manque de rien.

Et re-scoop dans le cas d'une compulsion alimentaire, on a tout le temps envie d'aliments que j’appellerais "aliments réconfortants" donc gras/salés/sucrés.

Mais qu'est ce qu'une compulsion ? C'est l'envie irrépressible d'avoir un comportement compulsif (ici manger donc) pour calmer un inconfort émotionnel. Bien évidemment de nombreuses personnes en butte à des compulsions vont tenter de les contourner par des stratégies d'évitement comme les conneries racontées dans l'article en lien ; manger des trucs sains, boire de l'eau, bouffer une pomme. Au final votre compulsion s'achèvera toujours de la façon suivante ; vous aurez mangé 3 pommes + la plaquette de chocolat que vous vouliez manger au départ (voire deux car vous vous détestez de ne pas vous être arrêté après ces si délicieuses pommes donc vous vous sentirez comme une merde sans volonté donc vous mangerez trois fois plus que prévu).

Un compulsif n'est pas un "gourmand" ; il n'y a qu'à voir de toutes façons comme il avale l'objet de sa compulsion pour comprendre qu'il n'est pas en état d'apprécier quoi que ce soit. Dire qu'un compulsif alimentaire est un gourmand est aussi con que de dire qu'un alcoolique aime le vin. Un alcoolique peut l'aimer à certains moments de la journée bien sûr ; mais l'alcool est surtout là pour répondre à sa compulsion.

Mais qu'est ce qu'une compulsion ? Il est très difficile de la décrire à quelqu'un qui n'en a pas. J'ai déjà pris l'exemple de l'accident de voiture qui me semble assez parlant. Imaginez que vous traversez tranquillement la route. Tout d'un coup un chauffard sorti de nulle part manque vous écraser et vous n'avez que le temps de faire un bond de côté. Vous arrivez de l'autre côté de la route, tout blanc, le coeur qui bat la chamade. Vous vous tapez un pic d'adrénaline (si un médecin passe par là, qu'il explique plus en détail ce  qui se passe exactement) qui va mettre du temps à redescendre. Et vous êtes, donc, en état d’inconfort émotionnel. Cet inconfort va perdurer un moment.
Un compulsif sera dans cet état à plusieurs moments de sa journée.

Un compulsif est en effet quelqu'un qui maîtrise mal ses émotions ; là où vous arrivez à conserver un relatif sang-froid, lui n'y arrivera pas.

Comment se passe la chose ?

vous  vivez une situation stressante, angoissante (par ex au boulot).
Vous vous tapez un pic de stress (là vous êtrs bloqué et évidemment ne mangrz pas)
Vous vous calmez et êtes en situation d’inconfort émotionnel
Vous mangez
Vous vous sentez moins mal (et quand je parle de "moins mal" je vous renvoie toujours à mon histoire de voiture qui vous écrase, on parle d'un vrai sentiment d'inconfort).
Personnellement - en plus des autres moments - j'éprouve ce sentiment de grand inconfort à la fin de chaque repas depuis que j'ai arrêté de fumer (depuis 3 ans donc).

Que faire par rapport à cela ?
Il n'est pas possible de ne plus avoir d'émotions.
Il est extrêmement difficile de ne pas adopter un comportement compulsif car celles et ceux qui en éprouvent savent combien on est mal lors de la crise.
La compulsion a besoin d'une satisfaction immédiate c'est pourquoi l'on se tourne vers des aliments qui permettent d'éprouver cette satisfaction de remplissage. Le plaisir à déguster est évidemment faible dans la compulsion comme le plaisir de manger. Il est tout à fait inutile de conseiller des pommes ou autres conneries car la compulsion ne se raisonne pas et nécessite un aliment confort.

Plusieurs solutions s'offrent à nous face à ces compulsions :
- s'efforcer de mieux contrôler ses émotions. il ne s'agit pas de ne plus en éprouver, il s'agit de moins sur-réagir face à une situation lambda. Je peux prendre un exemple personnel ; les situations d'injustice et où je suis impuissante face à cette injustice me mettent dans des états nerveux abominables et déclenchent des compulsions.
Il convient donc de faire des exercices de relaxation, du yoga, de la sophrologie, et ce le plus souvent possible. C'est extrêmement compliqué à faire et oui cela sera LONG. La plasticité du cerveau n'est pas un mythe mais avant d'adopter de nouveaux comportements, le temps sera long. Cela ne veut pas dire que, de façon magique, on ne  va plus s'énerver mais ca paiera un jour. Je sais que beaucoup peinent à cet exercice (imaginez moi qui suis montée sur du 200 V tenter de faire de le relaxation... les premières fois je passais la séance à écrire mes articles de blogs dans ma tête à base de "tuons tous les machos" c'est dire si je me calmais !).

En cas de crise (là est donc la partie que je n'applique pas

:)
) .
- Si vous choisissez de céder (céder n'est pas consentir.. même ici !!) à la pulsion, essayez d'apprécier ce que vous mangez et de ne pas l'engloutir. Je pense que celles et ceux qui y arrivent sont quasi guéris.. Malheureusement la compulsion nous fait avaler à toute vitesse car on n'a pas envie de voir ce qu'on mange n'est ce pas
:)
. Il convient donc de prendre ce qu'on va manger et d'essayer de le déguster.
- Si on choisit de ne pas céder et d'attendre un peu, il convient de trouver un exercice de relaxation qui dure quelques minutes (2 ou 3)  ou de respirer, d'essayer de faire le point sur les sentiments qui nous envahissent. Je trouve cela extrêmement difficile et n'y arrive pas pour ma part. On peut ainsi faire les 3 minutes de relaxation, voir ensuite si cela va mieux. Si cela n'est pas le cas, soit refaire 3 mn, soit manger etc.

Je vous invite en commentaires à décrire vos expériences, à me corriger si j'ai dit de la merde et à partager vos trucs si vous en avez. Je ré-insiste sur le fait que les TCA sont une maladie. Vos commentaires à base de "quand on veut on peut" et "y'a ka faut qu'on" sont inutiles.


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