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Banques, la guerre du recrutement

Publié le 29 avril 2008 par Sia Conseil

illustration_rh_banquePremier recruteur privé de France, la banque de détail n’a jamais autant embauché qu’aujourd’hui. En effet, avec le départ à la retraite de plusieurs dizaines de milliers de salariés d’ici 2010-2015 et le développement exponentiel des agences (plus de 500 nouvelles agences par an actuellement), les besoins en termes de recrutement sont immenses. Les chiffres sont éloquents : pour la seule année 2008, des groupes bancaires comme BNP Paribas

ou le Crédit Agricole prévoient chacun d’accueillir parfois plus de 5000 nouveaux collaborateurs. Dans ce contexte, les banques françaises se livrent une véritable guerre pour attirer les candidats.

Les profils recherchés

Premières et principales cibles des banques, les jeunes diplômés de Bac+2 à Bac+5 constituent la très grande majorité du recrutement. Ainsi, les jeunes de moins de 30 ans représentent plus de 70% des embauches, assez équitablement réparties entre les Bac+2/3 et les Bac+4/5[1]. D’un point de vue sectoriel, les profils commerciaux remportent la palme du recrutement. A titre d’exemple, 90% des embauches prévues pour 2007 au LCL les concernent. Le défi numéro un des groupes bancaires est de trouver des vendeurs afin de répondre à leurs activités de banques de détail (chargé de clientèle, conseiller en patrimoine, chargé d’accueil…) et de gestion d’actifs. La fibre commerciale est donc la qualité la plus recherchée car, pour la plupart des postes, le contact direct avec le client est omniprésent.

Viennent ensuite dans les besoins en termes de recrutement les profils relatifs à la finance – comptabilité pour combler des postes comme consolidateur fiscal, auditeur interne…postes nécessitant le plus souvent de nombreuses qualifications. De même, l’émergence de nouvelles réglementations bancaires (Bâle II, normes IAS/IFRS…) requière de véritables spécialistes.

Enfin et non des moindres, le secteur informatique connaît aussi une forte pénurie dans les banques. Or, celles-ci ne peuvent se passer de profils dont les compétences sont indispensables au développement de leurs différentes fonctions informatiques en interne. Preuve une nouvelle fois que le recrutement dans le secteur bancaire est marqué par la diversité. 

Le problème de la formation et de l’attrait pour les métiers de la banque

S’il n’y a aucun doute sur les besoins de recrutement des banques et sur la hausse constante du nombre de candidatures, les bons profils se font en revanche de plus en plus rares. Plusieurs raisons peuvent être invoquées pour expliquer ce phénomène. Tout d’abord, les formations académiques se révèlent pour la plupart très mal adaptées aux métiers spécifiques de la banque. En guise d’illustration, peu de filières commerciales (écoles de commerce, universités…) proposent des formations spécialisées en gestion du patrimoine. Et quand bien même ce genre de formations existe, elles sont loin de faire l’unanimité auprès de la population estudiantine. C’est la seconde explication aux difficultés de recrutement dans le milieu bancaire : les étudiants sont peu attirés par ce secteur. En effet, l’univers de la banque souffre de manière générale d’une image assez négative auprès des jeunes qui considèrent ce secteur comme peu stimulant, peu dynamique…bref une image plutôt administrative.

Les stratégies mises en œuvre pour recruter

Cette lutte dans le recrutement des jeunes diplômés a incité les banques à anticiper la difficulté, en développant des initiatives de pré-recrutement dans le milieu scolaire. Elles ont fait le choix de professionnaliser cette activité et se dotent de véritables ressources dédiées, les Campus managers, en charge d’établir la stratégie de développement d’actions ciblées :

  • Mise en place d’actions de communication et de partenariat auprès d’écoles (visite de campus, sponsoring sportif, témoignage de professionnels…) pour se faire connaître auprès des candidats et recruter des stagiaires.
  • Développement de l’alternance : en 2006, près de 8000 personnes avaient une formation en alternance dans les banques pour préparer des diplômes de Bac+2 à Bac+5. L’alternance présente l’avantage d’avoir un excellent taux de transformation de pré-recrutement du jeune en recrutement définitif.

Pour se démarquer les unes des autres au moment du recrutement, les banques rivalisent d’imagination en développant des actions innovantes s’apparentant à des « opérations séduction » d’un public assez jeune. BNP Paribas a par exemple transformé des agences en bureaux de recrutement avec premier entretien sans rendez-vous, la Société Générale organise des opérations d’embauche de grande ampleur au Stade de France, la Banque Postale propose un accès à son site de recrutement via un téléphone mobile…

Temps mort dans les banques d’investissement

Toutefois, il est à noter que cette actuelle euphorie se limite essentiellement aux banques de détail. Pour les banques d’investissement (comme Calyon ou SGCIB) qui attirent les jeunes diplômés des écoles les plus prestigieuses, la tendance est à la baisse en ce qui concerne le recrutement. Crise du « subprime » oblige, la prudence est de rigueur au sein de certaines activités de ces banques.

Sia Conseil


[1]Source AFB (Association Française des Banques)


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