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Syrie: Hollande et la punition nécessaire

Publié le 30 août 2013 par Juan
Syrie: Hollande et la punition nécessaire
L'interview éclaircit davantage que le simple sujet international. Mais la perspective d'une intervention militaire en Syrie est dans tous les esprits. La veille, la Chambre des Communes britannique a refusé à son premier ministre David Cameron une action militaire là-bas. Ce fut un choc, et une leçon de parlementarisme retrouvé.
Mais Hollande défend encore et toujours la perspective d'une intervention, mais sous conditions.
"Aujourd'hui, une étape dans l'horreur a été franchie. Et c'est la riposte, et non l'inertie, qui imposera une solution politique." François Hollande, 30 août 2013

1. Il recadre quelques points: n'en déplaise aux réticents et dubitatifs, le massacre chimique a bien eu lieu: "C'est un fait établi. Même les autorités syriennes ne le nient plus". On ne parle pas d'hypothétiques armes de destruction massive. Parallèlement, John Kerry, le secrétaire d'Etat américain, ne disait pas autre chose: "la question n'est plus ce que nous savons mais ce que nous allons faire" face à "un crime indicible" en Syrie. Selon RFI, les Etats-Unis affirment que "1 429 personnes ont été tuées lors d’attaques chimiques en Syrie, dont au moins 426 enfants".
2. "La question est de savoir qui en sont les auteurs". Or il y a, explique-t-il, "un faisceau d'indices": (1) le régime a déjà pratiqué; les stocks sont en sa possession; (2) "il est avéré", affirme le président, "que l'opposition ne détient aucune de ces armes"; (3) la zone frappée était "clé pour le contrôle par le régime des voies de communication vers Damas"; (4) et, enfin, " tout a été fait dans les heures qui ont suivi ces exactions pour en effacer les traces par des bombardements dont on est sûr de l'origine".
3. Un massacre chimique peut-il rester impuni ? Non, pour des raisons morales mais aussi d'efficacité. Il faut décourager. "Le massacre chimique de Damas ne peut ni ne doit rester impuni. Sinon, ce serait prendre le risque d'une escalade qui banaliserait l'usage de ces armes et menacerait d'autres pays."Pouvait-on applaudir cette real-politik là pour une fois qu'elle se conjugue avec une nécessité morale impérieuse ?
4. Hollande clarifie l'objectif: il ne s'agit pas d'une invasion, d'une guerre d'un renversement, comme en Irak en 2003, en Afghanistan en 2001, ni même comme en Libye en 2010: "Je ne suis pas favorable à une intervention internationale qui viserait à 'libérer' la Syrie ou à renverser le dictateur."
5. Certains chercheront de la "légalité" internationale, au sein du Conseil de Sécurité. Celui est "bloqué". Hollande rappelle d'autres conventions internationales. Si l'ONU ne donne pas son blanc-seing, il y aura une coalition internationale. Quelques heures après la publication de cet entretien, John Kerry mentionne les mêmes contours d'une alliance - les Etats-Unis, la France, la Ligue arabe, l'Australie.
6. Le Parlement est prévenu. Il est convoqué en urgence le 4 septembre. "J'exclus de prendre une décision avant de disposer de tous les éléments qui la justifieraient." Il ne les a donc pas encore.

"Chaque situation est différente. Pour chacune d'entre elles, la France prend ses responsabilités au nom de ses valeurs et de ses principes."

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