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Cannabis, ou « comment l’argent transforme le crapaud en prince »

Publié le 22 septembre 2013 par Infodrogue

Cannabis, ou « comment l’argent transforme le crapaud en prince »Longtemps décrié, le cannabis quitte peu à peu sa cape noire pour revêtir son collant bleu, rouge et jaune, celle de Superman… Mais s’il a séché ses cours de bon sens et de biologie, il n’a visiblement pas manqué ses cours d’économie … A court terme !

C’est la rentrée ! Motivation maximum, quitter sa serviette pour se concentrer à nouveau sur ses cours, retourner au boulot … Heureusement, pour attaquer les révisions, ou pour déstresser le soir en rentrant, il y a notre bonne vieille copine Marie Jeanne … Remède unique à tous les petits maux, petits stress du quotidien, manque de motivation !

Alors qu’il y a quelques années encore, le cannabis était synonyme de débauche, de squat et de défonce, lentement mais sûrement il redore son blason… Il entre de plus en plus dans les mœurs, et n’est plus uniquement réservé aux camés des banlieues sombres … À la fac, au lycée, au collège et même à l’école ! Jusqu’alors destiné à se « détendre » en soirée, le cannabis est devenu au contraire un « stimulant » utilisé pour se donner du courage pour étudier et se concentrer ! Du moins … c’est comme cela que les génies en herbe pensent la chose.

Et oui, finalement pourquoi s’en faire ? Le cannabis n’est plus une drogue ! Non, depuis le mois de juin 2013, c’est aussi un … médicament ! En effet, avec la plus grande discrétion, un décret autorisant la mise sur le marché de médicaments à base de cannabis vient d’être inscrit au Journal Officiel. Cette mesure passée complètement inaperçue permet désormais à l’Agence Nationale de Sécurité (!) du Médicament et des produits de santé (ANSM) d’autoriser la mise sur le marché de médicaments à base de THC (TétraHydroCannabinol, substance active du cannabis). Et bien sûr, ce décret prévoit également l’autorisation des « opérations de fabrication, de transport, d’importation, d’exportation, de détention, d’offre, de cession, d’acquisition ou d’emploi relatives à ces spécialités ». Comme une odeur de légalisation …

Pourtant, les avis sont très largement partagés quant à l’avancée médicale que représente le premier médicament à base de THC mis sur le marché en France, à savoir le Sativex. Destiné aux malades atteints de sclérose en plaque, ses effets ne sont que très médiocres, voire inférieurs à ceux d’autres molécules déjà sur le marché. Certains spécialistes affirment clairement  » qu’il ne s’agit pas d’un produit révolutionnaire « . Et c’est un doux euphémisme !

La vérité est ailleurs … Si l’on regarde chez nos voisins pionniers en la matière, on peut facilement comprendre ce qui pousse à une telle hérésie… En effet, Outre-Atlantique, le marché du cannabis thérapeutique représente à lui seul deux milliards de dollars, et pourrait rapidement atteindre environ neuf milliards si d’autres Etats l’autorisent aussi. Le leader mondial du cannabis thérapeutique, GW Pharma (celui-là même qui fabrique le Sativex) a vu son cours multiplié par cinq en moins d’un an…
Oui, là, on comprend mieux …

Outre une liste d’effets secondaires impressionnante, le cannabis thérapeutique aura bien au moins une « vertu » : celle de sa banalisation… En effet, depuis lors, l’ouverture au cannabis thérapeutique entraine chez nos voisins une série de dérives des plus grotesques. Par exemple, en voyage à Amsterdam, comment expliquer à votre enfant que « la drogue, c’est mal ! » au moment même où le serveur vous propose d’accompagner vos frites de leur toute dernière mayonnaise parfum cannabis ? Ou encore aux States ! Sitôt arrivé, votre fils vous apprend que le père de son tout nouveau friend Brian mange un drôle de Nutella, mais que lui, il appelle ça du « Nugtella ». En effet, il ne vous ment pas. Un dispensaire médical de cannabis basé en Californie a eu l’ingénieuse idée de décliner un Nutella contenant de la marijuana (d’où son nom provenant de la contraction de « Nug », qui signifie « marijuana de qualité supérieure » et Nutella). Depuis, les recettes les plus farfelues s’échangent à qui mieux mieux sur le net. Mais, bien sûr (!) réservé aux « malades », titulaires de la « carte de marijuana médicinale ». Et là vous réalisez avec cynisme qu’il y a donc plus grand malheur que celui d’être malade : celui d’être soigné …

Qu’il soit fumé, gobé sous forme de pilule, ou aromatisé au chocolat, le cannabis n’en reste pas moins une drogue aux effets les plus néfastes tant sur le plan physique que psychologique.
Tous les jours, la rubrique faits-divers croule sous les exemples des conséquences dramatiques de l’usage du cannabis. Sa banalisation à outrance a tout récemment conduit un jeune homme à se présenter à l’examen du permis de conduire en étant positif au cannabis… (Mention spéciale à son accompagnateur qui lui n’avait plus de points sur son permis). Un autre n’a plus aucun souvenir du meurtre qu’il vient de commettre après avoir mangé un space-cake … Après tout, il ne s’agissait que de son père … !

Doux euphémisme que de penser que la dépénalisation voire la légalisation du cannabis ne conduira pas notre société vers le haut. Se logeant dans le cerveau et altérant la mémoire, le cannabis réduit largement les capacités d’apprentissage. Sa banalisation ouvre la voie à un taux croissant d’échecs scolaires, et tous les efforts budgétaires visant à mieux former nos jeunes auront la même utilité qu’une armée de climatiseurs dernier cri en Alaska ! Responsable également d’une forte perte de motivation, l’usage du cannabis contribuera également à une diminution de la productivité. Altérant catégoriquement le comportement, le cannabis conduit à des troubles dépressifs, augmente l’anxiété et favorise l’apparition de troubles psychotiques comme la schizophrénie, ce qui contribuera tout droit à augmenter le nombre d’accidents ainsi que le taux de criminalité… Outre les altérations psychologiques, le cannabis a de nombreuses conséquences sur la santé physique. Il est 5 à 7 fois plus toxique que le tabac et a un potentiel hautement cancérigène, ce qui n’arrangera certainement le fameux « trou » de la sécu …
Bref, il faut s’attendre bientôt à payer la note, et elle risque d’être salée !

Donc, en connaissance de cause, il devient difficile de trouver un quelconque avantage à l’usage du cannabis, en dehors de ses vertus financières pour certains, bien entendu…

Comment enrayer ce fléau ? Le bon sens élémentaire peut nous guider car « seule la connaissance rend libre » : La seule vraie solution est donc d’informer.
C’est ce que fait l’association « Non à la drogue, oui à la vie » qui distribue gratuitement les livrets d’information de la série « la vérité sur la drogue ».
Ces livrets sont conçus dans ce sens et expliquent ce qu’est une drogue, comment les drogues agissent dans l’organisme et donnent les effets à court et à long terme des drogues les plus courantes, telles alcool, cannabis, ecstasy, héroïne, cocaïne, crack, LSD, antidouleurs, drogues psychotropes prescrites, Ritaline, drogues par inhalation ou le Cristal Meth.
Pour obtenir davantage d’information sur les actions de l’association ou pour télécharger gratuitement les brochures « La vérité sur la drogue », visitez le site internet : www.nonaladrogue.org ou le blog www.cestquoiladrogue.fr


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