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Prostitution : Mobilisons pour une loi d’abolition

Publié le 26 septembre 2013 par Micheltabanou

Pour une ville comme Fontenay-sous-Bois limitrophe du Bois de Vincennes il est une espèce de pollution de proximité avec le cortège de camionnettes qui stationne dans le bois qui nous rappelle l'exercice d'un système de violence sociale et sexuelle s'appuyant sur un prétendu besoin d'assouvissement sexuel masculin: la prostitution. Des parlementaires se mobilisent pour combattre un fléau qui relève comme le soulignent ces parlementaires du cadre des violences faîtes aux femmes. Ces élus de la République ne se posent nullement en briseurs d'une liberté; bien au contraire car ceux qui sont liberticides sont bien ceux qui au nom de poncifs éculés perpétuent des traditions patriarcales de mise à disposition du corps de la femme au besoin sexuel de l'homme, qui laissent prospérer des réseaux violents de traite et d'asservissement. Je soutiens ce "manifeste" paru dans le journal Le Monde et m'en fait le relais dans cette page de mon blog. Ce texte est signé par des hommes et des femmes d'horizons politiques divers car il s'agit d'un acte citoyen qui doit dépasser le cadre strict que délimite l'appartenance à une famille politique. Y figurent des personnalités comme  Adeline Hazan, Secrétaire nationale aux droits des femmes du PS, Laurence Rossignol, sénatrice (PS),   Marie-Georges Buffet et Pierre Laurent Députée et Sénateur ( PC ), Roselyne Bachelot, ancienne ministre (UMP),  Chantal Jouanno, sénatrice (UDI),..

Mobilisons nous pour une loi d'abolition

La complaisance a assez duré. C’est le sentiment de l’urgence qui nous pousse aujourd’hui, quelle que soit la diversité de nos horizons, à nous mobiliser ensemble autour d’un vrai mouvement citoyen.

Contre tous les poncifs qui nous sont trop souvent servis dans les médias – mal nécessaire, projet liberticide – nous affirmons la nécessité et la cohérence de notre engagement pour l’abolition du système prostitueur. Pourquoi s’être mobilisé-es contre les violences et les discriminations, pour l’égalité entre les femmes et les hommes, pour le droit de chacun-e à disposer de son corps, si c’est pour laisser prospérer un système porteur d’une double-violence, sociale et sexuelle ?

Bastion d’une inoxydable tradition patriarcale de mise à disposition du corps, et donc de la personne des femmes, au profit de prétendus besoins sexuels masculins, ce système consacre le droit du client prostitueur à imposer un acte sexuel par l’argent. En exploitant la précarité et les vulnérabilités des personnes en situation de prostitution, ce système archaïque met à mal tous les efforts visant à vivre une véritable égalité où le désir est réciproque et le plaisir partagé. Il nie le seul véritable droit : celui à une sexualité libérée de toutes les injonctions, qu’elles soient morales, psychologiques ou financières.

LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

Comme le viol, le viol conjugal ou le harcèlement sexuel, le système prostitueur ne relève pas de la sexualité mais des violences sexuelles. Comment penser qu’un système qui repose sur la négation systématique du désir de l’autre et le rapport de force financier relève de la sexualité dans ce qu’elle a de libre et d’épanouissant ? Les associations de soutien aux personnes prostituées et de lutte contre les violences faites aux femmes le constatent chaque jour : la répétition d’actes sexuels non désirés, même lorsqu’ils sont consentis, est en soi une violence sexuelle aux conséquences physiques et psychologiques équivalentes aux autres formes de violence sexuelle.

Non, l’abolition du système prostitueur n’est pas une utopie, si ce n’est au sens que Victor Hugo donnait à ce mot, une « réalité de demain ». Loin de constituer une volonté d’éradication, elle engage enfin une politique résolue qui donne un cap à notre société, qui responsabilise pénalement les acteurs de ce système et offre enfin des alternatives aux personnes en situation de prostitution.

L’abolition du système prostitueur ne fera certes pas disparaître la prostitution du jour au lendemain. Mais elle engagera résolument la société tout entière aux côtés des victimes de ce système d’exploitation et contre ceux qui en tirent profit.

Car qui se satisferait du statu quo ? Des personnes prostituées toujours considérées comme des délinquantes, une impunité persistante des clients prostitueurs, des étrangères exposées à la menace de l’expulsion quand il faudrait les protéger des réseaux qui les exploitent…

Le temps est venu de changer radicalement de perspective. Ce que nous exigeons aujourd’hui, c’est la mise en place, pour la première fois dans l’histoire de notre pays, d’une politique réellement abolitionniste permettant de tarir les entrées dans la prostitution et de multiplier les possibilités d’en sortir. Il s’agit d’un devoir éthique.
POUR L’ADOPTION D’UNE POLITIQUE GLOBALE

C’est pour cela que nous nous engageons pour l’adoption d’une politique globale incluant

L’inversion de la charge pénale par l’abrogation du délit de racolage et l’interdiction de tout achat d’un acte sexuel.

Un plan national d’alternatives à la prostitution par un soutien social global aux personnes prostituées françaises et étrangères désirant s’extraire de la violence prostitutionnelle.

La mise en œuvre effective de la confiscation des biens du proxénétisme et l’indemnisation effective de ses victimes.

Le développement d’une politique ambitieuse d’éducation à l’égalité et à la sexualité.

Nous déclarons haut et fort qu’il est lâche et hypocrite de se réfugier derrière le « consentement » des personnes prostituées pour s’empresser de ne rien faire. Nous savons pertinemment que le « consentement » n’a de sens qu’au regard des options et alternatives réelles de chacun-e. Or, face aux tentatives de banalisation du « travail sexuel » et en l’absence d’une prise de conscience collective et de moyens effectifs, un très grand nombre de personnes prostituées ne dispose d’aucune alternative réelle à la prostitution.

Que certain-e-s consentent à travailler pour moins que le smic ou à se séparer un organe pour survivre, n’a jamais justifié les salaires en dessous du smic ni l’achat d’un organe. Nul ne doute plus du fait que, face aux inégalités, ce seront toujours les plus vulnérables qui en seront réduits à sacrifier leur force de travail ou leur intégrité physique. Si certains font le choix de la loi de la jungle – que les plus forts soient libres d’exploiter les plus faibles tant que ceux-ci, sans alternatives, y consentent –, nous sommes fier-e-s de faire le choix du contrat social et d’un projet de société progressiste.

En cela, notre mobilisation dépasse largement la question de la seule prostitution. Et c’est pourquoi nous vous invitons à vous engager à nos côtés pour faire le choix de l’égalité entre les femmes et les hommes, le choix d’une sexualité vécue dans la réciprocité et l’égalité, une sexualité libérée du carcan de la domination et des violences mais aussi – et c’est là un véritable changement de société – de celui du marché !

Premier(e)s signataires : Pouria Amirshahi, député (PS) ; François André, député (PS) ; Sophie Auconie, députée européenne (UDI) ; Roselyne Bachelot, ancienne ministre (UMP) ; Marie-Noëlle Batistelle, députée (PS) ; Philippe Bies, député (PS) ; Martine Billard, co-présidente du Parti de Gauche ; Erwan Binet, député (PS) ; Maryvonne Blondin, sénatrice (PS) ; Brigitte Bourguignon, députée (PS) Danielle Bousquet, ancienne députée (PS) ; Marie-Georges Buffet, députée (PC) ; Sabine Buis, députée (PS) ; Sylviane Bulteau, députée (PS) ; Claire-Lise Campion, sénatrice (PS) ; Fanélie Carrey-Conte, députée (PS) ; Marie-Françoise Clergeau, députée (PS) ; Philip Cordery, député (PS) ; Catherine Coutelle, présidente de la délégation aux droits des femmes à l’AN (PS) ; Pascale Crozon, députée (PS) ; Laurence Dumont, députée (PS) ; Geneviève Gaillard, députée (PS) ; Jean-Marc Germain, député (PS) ; Jérôme Guedj, député (PS) ; Adeline Hazan, Secrétaire nationale aux droits des femmes du PS ; Sandrine Hurel, députée (PS) ; Chantal Jouanno, sénatrice (UDI) ; Armand Jung, député (PS) ; Philippe Kaltenbach, sénateur (PS) ; Fabienne Keller, sénatrice (UMP) ; Nicole Kiil-Nielsen, députée européenne (EELV) ; Chaynesse Khirouni, députée (PS) ; Bernadette Laclais, députée (PS) ; Pierre Laurent, sénateur (PC) ; Claudine Lepage, sénatrice (PS) ; Jean-Pierre Le Roch, député (PS) ; Valérie Létard, sénatrice (UDI) ; Michelle Meunier, sénatrice (PS) ; Jacques Moignard, député (RRDP) ; Ségolène Neuville, députée (PS) ; Philippe Nogues, député (PS) ; Maud Olivier, députée (PS) ; Luce Pane, députée (PS) ; Hervé Pellois, député (SRC) ; Martine Pinville, députée (PS) ; Anny Poursinoff, ancienne députée (EELV) ; Michel Pouzol, député (PS) ; Barbara Romagnan, députée (PS) ; Laurence Rossignol, sénatrice (PS) ; Gwendal Rouillard, député (PS) ; Julie Sommaruga, députée (PS) ; Marie-Jo Zimmermann, députée (UMP)


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