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#et9 – « Les enjeux de la gouvernance des OGD », un bel éclairage en 15′ à Pau, Paul !

Publié le 30 septembre 2013 par Jlboulin @etourismeinfo

Paul_ArseneaultPaul Arseneault est titulaire de la Chaire de tourisme Transat, Directeur du Réseau de veille en tourisme (un blog à suivre absolument !), Professeur en gestion des entreprises et des organismes touristiques au département d'études urbaines et touristiques à l'Université du Québec à Montréal. En 15' chrono jeudi matin à l'aube, tu as réussi à secouer le cocotier des #et9 avec cette intervention décoiffante... oui, je sais, elle était facile ;-)

Devant des "rencontrés" pas encore franchement réveillés après une longue nuit d'échanges e-touristiques variés dans les bars de Pau, notre jovial et brillant cousin québécois n'a pas craint le décalage horaire pour remettre les pendules à l'heure concernant nos chers OGD (Organisme de Gestion de Destination...) ou DMO, pour ceux qui ont oublié leur Français (et j'en connais une palanquée...).

Comme les très gentils organisateurs des #et9 ont bien mérité quelques jours de repos, je vous ai mis le support de son intervention en ligne par ici en attendant le dépôt "officiel".

Stéphanie nous en a déjà fait une synthèse efficace dans son billet de vendredi. Aussi je voudrais centrer mon propos sur son allégorie de la "danse de la pluie".

La danse de la pluie...

Paul nous explique par là que l'OGD, compte tenu des profonds changements sociaux (et pas technologiques !) qui ont influencé la pratique touristique, ne peut plus réellement prétendre "gouverner" une destination car la révolution communicationnelle a démultiplié à l'infini les sources d'informations et renforcé l'individualisme et le sur-mesures... Dans le même temps les intermédiaires marchands (Airbnb, Tripadvisor, Priceline, etc.) ont acquis un rôle central dans la consommation touristiques.

"Pour légitimer son action, l’OGD cherche et tente d’expliquer dans la réalité ce qu’elle désire y voir et y trouver" nous dit-il... Voilà la fameuse "danse de la pluie" : un langage codifié pour faire le "spectacle", les nouvelles technologies comme rites incantatoires... et s'auto féliciter de son approche parce qu'il y a effectivement des touristes sur son territoire !
Soyons objectifs : nous pratiquons tous, peu ou prou, cette "danse de la pluie", car qui, d'un CRT, d'un CDT, ou d'un OT peut réellement dire qu'il est le moteur de la fréquentation de son territoire ? On le sait, l'attractivité touristique est une alchimie entre des facteurs physiques (montagnes, mer, paysages), une histoire et ses vestiges, des activités récréatives ou sportives, et une identité culturelle... L'OGD n'y est sans doute pas pour grand chose...
En poussant le trait, on pourrait également faire un bilan des actions des OGD en matière de technologies de l'information et de la communication avec tous ces systèmes d'information, sites Internet, applications, etc. Y a-t-il corrélation entre le coût et l'effet ? 

Et Paul Arseneault de conclure en nous invitant à développer un nouveau modèle d'OGD dont les objectifs doivent être : 

  • "Maîtriser et valoriser la singularité de la destination
  • Animer à une échelle plus large que le numérique du territoire
  • Établir des métrique de l’activité de l’OGD et de ses résultats
  • Assumer un réel leadership de destination au sein de la gouvernance territoriale : fédérer les actions sur tout territoire et les interdépendances horizontale et verticale
  • Ajouter de la valeur (éthique, pertinence, structuration)
  • «Certificateur » face au client : réassurance (réduire l’incertitude)
  • Favoriser l’autonomie technologique des prestataires"

Merci Paul pour cette démonstration brillante qui doit obliger les OGD à se ré-inventer. En effet, si nos OGD ne se forgent pas un projet autour de ce modèle, leur "danse de la pluie" rituelle sera nécessairement frappée d'obsolescence rapidement car elle ne pourra plus suffire à justifier l'ambition portée par les collectivités de tutelle.

Heureusement, ce virage a déjà été engagé par de nombreux OGD, mais souvent de manière partielle en raison des freins au changement. Il faut sans doute aujourd'hui accélérer ce mouvement... même si accélérer en plein virage n'est pas sans risque ! ;-)


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