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Breaking Bad, S05E16, Felina

Publié le 01 octobre 2013 par Haiyken @JALFDM
Breaking Bad, S05E16, Felina, écrit et réalisé par Vince Gilligan.
Cette semaine sonne la fin tant attendue de Breaking Bad. Cette cinquième saison aura été la reconnaissance d'une série jusqu'alors méconnue et sous-estimée. Désormais, tout le monde ne jure que par Breaking Bad, si bien que j'en viens à en éprouver un malaise. Je pense que la série mérite ce succès, mais qu'il est si tardif qu'il en frôle l’hypocrisie chez la majorité des fans. Il est clair que l'engouement pour le personnage de Walter montre que la société se délecte des personnages les plus sombres, machiavéliques et destructeurs, aussi il n'est pas étrange que le succès de la série en fin de quatrième saison coïncide avec le sommet d'Heisenberg. Peu de gens s'étaient pris d'affection pour le petit prof de chimie maladroit atteint d'un cancer. J'éprouve un certain plaisir à savoir que j'ai fait le chemin depuis le début (non pas que je m'en sente supérieur) car j'ai pu évoluer au cours de ces 5 années aux côtés de Walter White et j'ai ce soir l'occasion de lui faire mes adieux en beauté.
Cet ultime épisode est à la fois très complet et d'une simplicité totale. Pas question de s'embourber dans une intrigue complexe et haletante au milieu de courses-poursuites avec les flics. Non, car Vince Gilligan a eut la sagesse de construire cette seconde partie de saison comme un seul gros épisode qui vient conclure l'histoire de son personnage. Toutes les pièces ont été mises en place dans les épisodes précédents et il n'y à vrai dire pas de grosse surprise au niveau de l'intrigue qui m'a fait penser au pèlerinage final d'un homme condamné voulant partir la conscience tranquille.
Contrairement au final de Dexter très intense et riche en émotions, Breaking Bad nous permet de dire au revoir progressivement, tout en douceur. Nous avons déjà vu partir Mike, Hank puis Saul dans l'épisode précédent. C'est désormais le moment des derniers adieux. J'ai trouvé du coup la scène entre Walter et Skyler tout à fait splendide. Anna Gunn est une fois de plus époustouflante et on voit que le couple parvient à se réconcilier, d'une certaine façon, au dessus du berceau de leur fille. C'est serein, calme, sans éclats de voix et même d'une douceur étonnante. Malgré tout ce qu'il s'est passé, Skyler aime Walter et j'imagine que de savoir qu'il va les mettre hors de danger avant de se rendre lui enlève un poids de sur les épaules.
  Par procuration, Walter dit également adieu à Marie en lui permettant de récupérer le corps de Hank et de lui donner un vrai enterrement. C'était la seule chose qu'il pouvait faire pour tenter de se racheter, et même s'il ne pourra pas racheter ses fautes, il dit se qu'il s'est passé à Skyler, peut être dans l'espoir qu'un jour Marie comprendra, même si cela frôle l'impossible. On comprend du coup l'utilité du ticket de loto d'un point de vue narratif. A vrai dire, je pense que Walter aurait pu s'en passer vu que l'endroit où il avait enterré son argent avait une symbolique toute particulière comme on a pu le voir dans l'épisode To'hajiilee. Je d'accord pour le côté un peu forcé de la chose étant donné ce que ce billet symbolise désormais.  J'ai trouvé triste que Walter ne puisse pas dire adieu à son fils et cela me brise le cœur de repenser à leur dernier échange. J'espère pour Flynn qu'il parviendra un jour à comprendre pourquoi son père à fait tout ça et qu'il le pardonnera.
J'ai trouvé la séquence chez Eliott et Gretechen stupéfiante et probablement la meilleure mise en scène de l'épisode. Le travail sur ces scènes est tout à fait impressionnant et j'étais excité comme pas possible à chaque seconde qui s'écoulait. J'aime assez cette résolution de la relation entre le couple et Walter. Il est clair depuis le début que Walter à une certaine rancœur envers ceux qui l'ont utilisé pour construire une entreprise valant des millions tandis que lui se retrouve à enseigner la chimie dans un petit lycée. Je trouve habile que sa vengeance ne soit pas physique mais morale. La pression psychologique qu'il parvient à leur faire subir est stupéfiante, surtout lorsqu'on comprend l'envers du décors. Walter parvient donc à les utiliser, à les faire ses derniers complices et à finalement donner une fraction de sa fortune à sa famille. C'est assez ironique comme situation et c'est ça qui rend toute cette séquence géniale. C'est bourré de tension mais aussi d'humour, et le trio d'acteurs fonctionne à merveille.  Niveau règlement de compte, ce qu'on avait tous vu venir c'était bien évidemment la mort de Lydia, dont le thé à la camomille avec du lait de soja aura été sa perte. Cette fin n'est bien entendu pas très surprenante, surtout étant donné l'importance donnée à Lydia et son thé à presque toutes ses dernières apparitions. Peut-être aurait-il fallu être plus subtils ? Ou peut-être étais-ce un moyen d'apporter un peu de légèreté, d'humour noir dans cet épisode mélancolique. C'est probablement le cas, la réalisation allant dans ce sens à mes yeux.
Le dernier acte de la série ne présente aucune surprise, et c'est exactement comme ça que je voulais pour finir. On sait depuis le départ que le plan de Walter est de tuer les gens qui mettent en danger sa famille, il est donc logique qu'il réussisse. Cela permet de nous montrer que malgré sa maladie et ses mésaventures, Walter n'a pas perdu son ingéniosité ni ses compétences scientifiques. L'idée du fusil automatique est très amusante et offre une fin en grandes pompes à nos amis néo-nazis qui ne méritaient pas moins.
  La vraie surprise, pour Walter, pas pour nous, c'est de découvrir la vérité sur Jesse et son état pitoyable. J'ai trouvé admirable qu'à ce moment toute la haine qu'il avait contre lui concernant la mort de Hank s'évapore. Il voit de nouveau ce deuxième fils, abattu, affamé, gardé captif par des tarés incontrôlables. Et il le sauve, tout simplement. Ce qui est triste c'est qu'il aurait probablement survécu s'il ne l'avait pas sauvé, mais ainsi il parvient à sauver le dernier membre de sa famille avant de partir. J'ai trouvé le départ de Jesse très beau, surtout après la scène d'ébénisterie éthérée entraperçue, et je suis profondément heureux qu'il soit libre. On a pas besoin d'en savoir plus à mes yeux, c'est juste parfait comme ça.
Pour finir j'ai envie de parler une dernière fois de Walter et de Heisenberg. Comme je l'ai dit et répété dans mes précédents articles, pour moi Heisenberg a disparu. Pourtant, les gens sur internet (oui encore eux) pensent encore que c'est Heisenberg qui est présent jusqu'à la fin, qui meurt au milieu du laboratoire. C'est pourtant clair, à la fois visuellement et au niveau de la narration que ce n'est pas le cas. J'ai même envie de dire qu'on le sait car Walter n'est plus chauve, tout simplement. La scène avec Skyler où il lui dit qu'il n'a pas vraiment fait ça pour sa famille mais pour lui même, car il aimait ça et il était bon dans ce qu'il faisait, fait écho au dernier plan où Walter meurt au milieu d'un laboratoire de chimie, au milieu de son élément.
  Même si Heisenberg refait parfois surface lorsque Walter tente de protéger son héritage - comme lorsqu'il tique lorsqu'il pense que Jesse a repris le flambeau de la meth bleue, il a bel est bien disparu. Le dernier acte de Walter, illustré par la chanson et ses déambulations au milieu du laboratoire, montre à mes yeux, non pas que Heisenberg est toujours là, mais que Walter souhaite qu'on lui attribue le mérite de tout ça. Il a créé la meth bleue lui, pas Heisenberg le criminel, mais Walter le chimiste. C'est son héritage en tant que scientifique et il veut qu'on lui attribue.
Ce dernier épisode de Breaking Bad était à la hauteur de mes espérances et assez proche de ce que j'avais imaginé. La réalisation est tout simplement splendide, chaque plan étant encore plus génial que le précédent. C'est bourré de symbolique et on revit sans mal la totalité des cinq saisons en voyant Walter déambuler de personne en personne, mettant ses affaires en ordre. Le jeu d'acteur de Brian Cranston est bien évidement magistral mais le reste du casting n'est pas en reste. La série finit en beauté, avec un épisode vraiment de haute qualité et qui place la barre haute pour les autres séries maintenant que les spectateurs sont habitués à ce genre d'épisodes. C'est une bonne chose pour les futures productions et une très bonne chose pour Vince Gilligan qui n'aura certainement pas de problème à nous offrir une prochaine série au moins aussi bonne.
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