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Diminution des exigences = baisse de niveau

Publié le 04 mai 2008 par Alexandre Tizel

Quand notre système éducatif débloque

Une réunion, comme tant d'autres, dans un lycée français. Des représentants du rectorat sont venus pour remonter les bretelles des profs. Leur lycée présente des statistiques inférieures à la moyenne nationale. Les inspecteurs ne s'en cachent même pas et affichent clairement leur position : il faut que les profs diminuent leur niveau d'exigence pour améliorer les résultats du lycée. Il ne faut plus évaluer uniquement les élèves sur leurs savoir, mais aussi sur leurs compétences, comme si les deux n'allaient pas de paire. De toute façon, à quoi bon exiger quelque chose des élèves quand on sait qu'une grande partie des bachelier français obtiendront encore une fois leur bac cette année, sans rien faire. Car les jurys de bac sont comme ça. Aux rattrapages, les jurys ont clairement pour consigne d'améliorer les résultats de l'année précédente, en allant repêcher des élèves qui n'ont parfois pas le niveau brevet d'il y a vingt ans... Le bac au rabais. A quoi bon ? Pour quel résultat pour notre société ?

Les statistiques à courte vue sont une plaie. On évalue de plus en plus les managers sur leurs résultats immédiats, peu importe les dégâts qu'ils font sur le long terme. En matière d'éducation comme de politique d'entreprise. Un proviseur qui améliore le taux de réussite des élèves sera promu. Peu importe si leur niveau à la sortie est catastrophique.

Exemple de statistique "à la con" : un lycée peut avoir 85% de réussite au bac avec une moyenne de 11 et un autre 82% de réussite au bac, avec une moyenne de 11,5. Quel est le meilleur ? Moi, je dirais que c'est le second car les étudiants qui ont une moyenne plus élevée dans ce second lycée seront mieux armés pour réussir par la suite. Les élèves du premier lycée risque de se retrouver en échec par la suite. Mais ce résultat, au delà du bac, n'est pas pris en compte.

Autre exemple. Les prépa ont des taux d'échec important. En prépa, ne réussissent que ceux qui intègrent une école. Un élève qui, délibérément, décide de ne pas passer les concours car il se destine par la suite à un cursus universitaire compte comme un échec pour la prépa, peu importe si le bagage et les méthodes de travail qu'il a acquis lui permettront de briller à l'université et d'obtenir par la suite un poste à la hauteur de ses capacité. Par contre, pour la fac, qui n'aura peut être pas apporté autant à l'élève, c'est une franche réussite.

Arrêtons d'évaluer les choses sur le court terme, et évaluons les établissement non sur leur taux de réussite au brevet, au bac et aux différents examens, mais sur le devenir effectif de leurs élèves. Devenir professionnel et personnel car il vaux mieux former un mécanicien heureux qu'un bachelier dans le supérieur, en échec, et qui s'est trompé de filière...


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