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« springboks-all blacks », une finale au sommet pour reenchanter le rugby !

Publié le 08 octobre 2013 par Tom_lexvnz @LEXVNZ

ÉNORMES! Les Sud-Africains et les Néo-Zélandais ont livré lors de cette finale du Rugby Championship un match de légende de plus au rugby international.

Avant même de débuter, ce match avait tout pour rentrer dans l’Histoire : les deux plus grandes nations du rugby s’affrontent dans un contexte bien particulier. Avec 5 points de retard, Heyneke Meyer veut créer l’exploit et pousser ses joueurs à tenter le tout pour le tout à l’Ellis Park (les All Blacks n’ont gagné que 3 fois en 11 matches dans ce stade). C’est en partie grâce à cette situation et cette volonté que ce match d’anthologie a eu lieu.

Il faut pour les locaux : gagner le match en empochant le point de bonus offensif tout en empêchant les visiteurs de prendre le moindre point de bonus.

L’avant match est tendu. Le match sent la poudre. Un avion 747 survole trois fois l’Ellis Park comme pour raviver la flamme de la Coupe du monde 1995. Les hymnes sont vécus intensément et les All Blacks de Liam Messam effectuent un Kapa O’Pango sous les « olé, olé olé olé » d’un stade plein à craquer. Tous les ingrédients sont là pour que ce grand match ait lieu. Et il a eu lieu.

Au terme d’un thriller à rebondissements, les All Blacks parviennent à s’imposer en « terre hostile ». Ils remportent avec panache leur second Rugby Championship d’affilée, tout en restant invaincus.

Kiwi_EllisPark_2013

Dès l’entame, les All Blacks récupèrent leur coup d’envoi et impriment une longue séquence aux Springboks. La volonté est de conserver la balle dans les premières minutes qui donnent souvent le ton du match. Mais ce sont finalement les Springboks qui ouvrent le score par leur incontournable buteur Morné Steyn.

Petit à petit, après quelques bons et surprenants mouvements, les Sud-Africains se font de plus en plus entreprenants et tentent de prendre à leur tour un ascendant sur le match.

Tout cela est vite annulé. Andrew Hore arrive à décaler Kieran Read qui donne dans un timing parfait à Ben Smith, prenant la défense à revers et plongeant dans l’en-but. Le match est bel et bien lancé. Il n’y a pas eu de round d’observation.3 à 7 pour les All Blacks.

La bataille physique n’est pas celle à laquelle on a souvent droit. Les Springboks repartent de plus belle et au lieu de défier frontalement, ils écartent fréquemment leurs ballons et sautent régulièrement la défense Néo-Zélandaise attendant peut-être trop massivement au près et au centre du terrain.

Duane Vermeulen en profite. Il perce entre un Faumuina trop court et un Nonu qui n’en croit pas ses yeux. Il n’a « plus qu’à » fixer et donner un ballon d’essai à l’ailier vedette Bryan Habana qui marque facilement. 10 à 7 pour les Springboks.

Déjà deux essais en 17 minutes ! Ce match part sur les chapeaux de roues car deux minutes plus tard, encore groggys par la réponse instantanée de leurs adversaires, les Néo-Zélandais encaissent un nouvel essai.

Un nouvel essai d’Habana et sur le même principe. Cette fois c’est François Louw qui prend les boulevards extérieurs au lieu de défier, pour venir livrer une passe à son ailier décalé. La suite se déroule comme dans un rêve pour Habana, qui avait déjà inscrit ce genre d’essai l’année dernière contre ces mêmes All Blacks. Accélération, coup de pied par-dessus, toujours le bon rebond et un 17ème essai dans le Four Nation pour dépasser Christian Cullen. 15 à 7 pour les Springboks.

Malheureusement pour lui, et sans doute pour les Springboks, il se blesse à la cuisse sur une action bénigne quelques minutes plus tard. Il quitte la fête trop tôt.

Blackboulés, les All Blacks n’ont pas l’habitude de prendre comme ça, coup sur coup deux essais, qui plus est sur des actions en tous points similaires. Mais même si les Springboks se donnent les moyens d’y croire en se lançant au mieux offensivement dans la bataille, les All Blacks vont comme à l’accoutumée ne pas s’affoler. Faire le dos rond en défendant près de leur ligne touches et mêlées, et puis remettre patiemment la main sur la balle pour jouer leur jeu et finir fort cette mi-temps.

La 1ère riposte arrive par Liam Messam. Après une action bien menée de bout en bout par les All Blacks, le blindside des Chiefs arrive avec l’aide de Brodie Retallick à passer la ligne. A la 25ème minute, l’Afrique du Sud ne mène plus que 15 à 14.

L’ambiance est électrique mais très correcte. Bien sûr quelques joueurs se « chauffent » : Bismarck Du Plessis et Andrew Hore se chamaillent, Tendai Mtawarira « bouscule » Richie McCaw, Liam Messam et Eben Etzebeth se jaugent, mais tous sont bien trop pris par le rythme et le tempo du match pour s’éterniser sur ces accrochages.

La sirène retentit, les joueurs vont pouvoir aller prendre quelques minutes de pause bien méritée. Mais ce match n’est décidemment pas comme les autres. Kieran Read récupère un ballon au sol, et les All Blacks enchaînent doucement mais sûrement… et surtout parfaitement jusqu’au décalage pour Liam Messam en bout de ligne qui vient signer un doublé et porter un coup au moral des Springboks. Les All Blacks mènent à la pause sur le score de 21 à 15.

Au retour des vestiaires, les Springboks repartent tambour battant. Après une série de 13 phases de jeu près de l’en-but néo-zélandais, Liam Messam prend un carton jaune et Willie Le Roux en profite pour surprendre tout le monde et inscrire le 3ème essai Sud-Africain. Les Springboks reprennent l’avantage. 22-21 à la 46ème.

Steve Hansen réagit et se tourne vers son banc. Wyatt Crockett, Dane Coles et Beauden Barrett entrent en jeu et sont mis de suite à contribution.  «Nous avons utilisé nos réserves parce que nous pensons que nous avons un des meilleurs bancs du monde» déclarera Steve Hansen.

Alors que les deux équipes se rendent coups pour coups, elles ratent également successivement deux énormes occasions. Par Morné Steyn tout d’abord (48ème) qui commet un en-avant dans l’en-but, suite à un formidable cadrage débordement de JJ Engelbrecht et un bon relai de l’intenable Willie Le Roux. Puis par Ma’a Nonu (54ème) qui aplatit bel et bien dans l’en-but, mais en deux temps selon l’arbitre qui choisit de refuser l’essai. Les All Blacks manquent ici l’opportunité de gagner officiellement le Rugby Championship.

C’est finalement le Capitaine De Villiers qui va prendre ses responsabilités (57ème) et venir défier plein fer le jeune demi d’ouverture des Hurricanes Beauden Barrett. Personne, pas même Nonu, n’arrive à stopper le Springboks qui marque le 4ème essai synonyme d’espoir pour les Sud-Africains. Le match est totalement relancé. 27-24 Afrique du Sud.

C’est sans compter sur la force de réaction des All Blacks. Tout juste 3 minutes après, Beauden Barrett réagit du tac au tac et se joue de la défense Sud-Africaine pour venir donner le trophée à la Nouvelle-Zélande. Le match lui, n’est pas gagné pour autant, mais cet essai semble venir porter un sacré coup au moral des Springboks. 27-31 pour les visiteurs.

Ben Franks récolte lui aussi un carton jaune (62ème) et même si Steve Hansen réagit pour une fois énergiquement à la sanction, le fait d’être 14 contre 15 pendant 20 minutes ne changera pas grand-chose à la donne. Les All Blacks se resserrent et luttent avec acharnement. Plus le match avance et moins ils ne semblent vouloir en laisser passer.

Mieux encore, Richie McCaw va décaler Julian Savea petit côté, qui va parfaitement venir se recentrer pour rouvrir le côté fermé à son numéro 8 Kieran Read. Avec cet essai la Nouvelle-Zélande mène 38 à 27. A la 64ème, pour la 1ère fois du match, le break est fait.

Et les All Blacks ne vont rien lâcher. C’est encore Barrett qui reprend à la course Willie Le Roux et empêche les Sud-Africains de réagir comptablement (75ème). Cette fois c’est terminé, le sort du match est décidé. La victoire a choisi son camp. C’est celui des All Blacks qui battent les Springboks dans leur antre de l’Ellis Park.

« C’était un match d’enfer à gagner. Je n’ai pas vu les Springboks jouer comme ça depuis bien longtemps » Richie McCaw

Comme souvent, les All Blacks marquent tout simplement plus de points que l’adversaire. Parfois dominés, ils finissent « toujours » par trouver les solutions nécessaires pour se maintenir à flot. Les mêlées ont été bien gérées et les groupés pénétrants parfaitement contrés. Le jeu au sol était clairement ciblé comme une priorité pour Steve Hansen, ses vœux ont été exhaussés puisque les All Blacks terminent la rencontre en n’ayant perdu aucun ballon au sol. Le soutien aux breakdowns a été permanent sur 80 minutes. En altitude, le rythme du match était également incroyable, comme en témoigne en fin de rencontre les crampes de Nigel Owens. Il a convenu sûrement mieux aux néo-zélandais qu’aux Sud-Africains et a permis d’assister à une exceptionnelle confrontation.

Il aurait été dommage que la fête soit gâchée par l’erreur de typographie de Darren Shand, le gestionnaire des All Blacks qui s’est trompé de nom sur la feuille de match, en mettant Keven Mealamu au lieu de Dane Coles, pourtant bien annoncé comme remplaçant à l’annonce de l’équipe il y a une semaine maintenant.

Le match terminé, les joueurs étaient tous au bord de l’épuisement. Beaucoup de joie, mais plus beaucoup de force pour le montrer : « Là, je suis crevé, je suis encore en train de reprendre mon souffle même si j’ai eu une pause de 10 minutes » Liam Messam

« C’est un grand moment pour moi de jouer ici à l’Ellis Park. C’est l’un des matches les plus difficiles dans lequel j’ai joué ». Ben Smith

 « Les garçons sont heureux maintenant. Parce que c’était assez difficile de trouver l’énergie nécessaire pour arriver à l’emporter. Vous devez absolument tout faire correctement. Les gars réalisent ce qu’ils ont fait » Richie McCaw

Il semble que le match de l’an 2000 à Sydney ait trouvé son pendant moderne, cette fois à Johannesburg. Tout le monde s’accorde pour dire que ce match était monumental. Même si les All Blacks gagnent cette rencontre, il apparait logique de dire que les Springboks ont certes, été battus mais ne ressortent pas forcément perdants, tant ils ont montré de quoi ils étaient capables d’offrir au monde du rugby.

Quoi qu’il en soit, les All Blacks conservent leur titre de meilleure équipe du monde pour cette année encore. A coup sûr, la meilleure performance de l’ère Steve Hansen.

Quelques statistiques :

  • Ma’a Nonu et Conrad Smith dépassent l’association de Gordon D’Arcy et Brian O’Driscoll avec ce 51ème match en commun.

51_CS_MN

  • C’était la 12ème victoire en 12 rencontres en Rugby Championship pour les All Blacks qui sont toujours invaincus dans ce nouveau format.
  • Richie McCaw sans surprises est le joueur qui termine en tête des arrivées aux breakdowns (34). Il devance largement Sam Whitelock (23), Tony Woodcock (15) et Brodie Retallick (14).
  • 42% de possession et 40% d’occupation.
  • Assez rare pour être souligné, les Springboks terminent le match avec 14 cleanbreaks et 12 offloads, pour 9 CB et 9 OL pour les All Blacks.
  • Richie McCaw termine la rencontre avec 15 plaquages et 7 en tant qu’assistant (dont 3 manqués). Kieran Read (13+6 dont 2 manqués) était également omniprésent aux plaquages, ainsi que la paire de centre Nonu-Smith (11 plaquages chacun)
  • Les Springboks n’ont été pénalisés que 5 fois, les All Blacks 9.
  • 84% de plaquages réussis pour les All Blacks. Seulement 70% pour les Springboks. Sûrement une des clés du match.
  • Les All Blacks ont remportés 100% de leurs rucks, tandis que les Springboks seulement 91%.
  • C’est la 1ère fois depuis le test match de Hong Kong contre les Wallabies que les All Blacks encaissent 4 essais.
  • La dernière fois que les All Blacks l’avaient emporté à l’Ellis Park date de 1997.
  • Les All Blacks signent là seulement leur 4ème victoire à l’Ellis Park en 12 rencontres.
  • Avec cette victoire sur son grand rival, la Nouvelle-Zélande s’assure de terminer 1ère au classement IRB 2013.
  • C’était également la 50ème victoire des All Blacks sur les Springboks (en 87 matches).
  • Bryan Habana a inscrit un doublé dans ce match et dépasse ainsi le record d’essai inscrit dans la compétition de Christian Cullen (16 essais en 24 matches) avec 17 essais (en 39 matches).

AFRIQUE DU SUD 27: 4 essais, de Bryan Habana (2), Willie Le Roux et Jean De Villiers/ 2 transformations et 1 pénalité de Morné Steyn

NOUVELLE-ZELANDE 38 : 5 essais, de Liam Messam (2), Ben Smith, Beauden Barrett et Kieran Read/ 5 transformations d’Aaron Cruden (3) et Beauden Barrett (2) et 1 pénalité de Beauden Barrett.

L’arbitrage de Mr.Owens : Cohérent. Arbitrage intelligent et compréhensible. Intervenant avec parcimonie et de façon justifiée.

 Les notes Lexvnz :

  • Tony Woodcock : Parfait en mêlée, il a été précieux également dans le jeu courant, présent aux breakdowns et auteur de quelques bons portés de balle. 7
  • Andrew Hore : Un bon match pour finir. Propre sur ses lancés, véritable « poison » dans les rucks. 7
  • Charlie Faumuina : Encourageant. A tenu globalement le choc en mêlée fermée et a été très performant et en défense. Peu en vue balle en main. 6
  • Brodie Retallick : Bon défenseur, s’implique de plus en plus et dans tous les secteurs. 7
  • Sam Whitelock : Incroyablement sûr. Il a également été très performant en défense, impérial en touche et inspiré balle en main. Son meilleur match de la compétition. 8
  • Liam Messam : Match plein. Très à l’aise balle en main. Son meilleur match sous le maillot des All Blacks, alors que l’on vient d’apprendre que Jérôme Kaino est de retour en Nouvelle-Zélande.  8
  • Richie McCaw : « Au four et au moulin ». Match impressionnant pour un retour de blessure. Sobre, juste, efficace, acharné, vaillant. Doit-il réellement un jour arrêter sa carrière ? 8
  • Kieran Read : Quasi parfait … incroyable performance !  9

Kieran Read Ellis Park 2013

  • Aaron Smith : A redressé la barre après son match en Argentine. Excellent jeu au pied, il n’a jamais baissé de régime tout au long du match. 7
  • Aaron Cruden : Toujours diminué à cause de sa récente blessure, il a été peu décisif mais a bien assuré son poste. 6
  • Julian Savea : Toujours autant difficile à contenir. Il a su se rendre utile, était dans un bon jour sur les balles hautes et s’est beaucoup investi en défense. 7
  • Ma’a Nonu : Point d’encrage important pour l’attaque néo-zélandaise, il a su varier son jeu tout au long de la rencontre. « Mal payé » sur son essai refusé. Quelques largesses défensives. 7
  • Conrad Smith : Egal à lui-même pour son dernier match en 2013. Toujours précis en attaque, il a également retrouvé toute son activité défensive dans le match qu’il fallait. Classique. 8
  • Ben Smith : Un talent de finisseur impressionnant. Très bien placé, il a également été plus important sur les balles hautes qu’à l’accoutumée. Peut-être un peu « tendre » en défense. 7
  • Israël Dagg : Plus entreprenant que dernièrement, il a également été une nouvelle foix précieux au pied, avec 357 mètres gagnés. 7

Le banc de touche :

  • Dane Coles : Semblait bien en jambe. Assez utile dans ce genre de match à la fois rugueux et enlevé. Un lancé qui coûte cher. 3
  • Wyatt Crockett: Entrée en jeu hyperactive, 7 plaquages et 12 arrivées aux breakdowns en 27 minutes. 4
  • Ben Franks: Malgré un carton jaune inutile, il est plutôt bien rentré dans le match et a apporté beaucoup de fraîcheur. 3
  • Steven Luatua: Sa disponibilité est très intéressante pour un joueur pouvant évoluer également en seconde ligne. Une bonne rentrée. 3
  • Sam Cane: Bonne rentrée, un ballon gagné. 3
  • Tawera Kerr-Barlow: Toujours aussi brouillon. Encore quelques mauvais choix, dont une passe interceptée qui aurait pu donner un essai aux Sud-Africains sans l’incroyable retour de Beauden Barrett. 2
  • Beauden Barrett: Tranchant et serein. Mis à mal sur l’essai de Jean De Villiers, il a répondu par deux superbes actions décisives juste après. 4
  • Charles Piutau: Bonne présence physique. 3

Crédits: Photos Sports.yahoo, Getty Images/ Vidéo RugbyHighlightsHD/ Dessin Lexvnz


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