American Horror Story : Coven // Saison 3. Episode 1. Bitchcraft.
Ryan Murphy a annoncé récemment que la saison 3 de American Horror Story était sa préférée de toutes, celle dont il était le plus fier. Il envisage même de faire
un spin-off sur "Coven". Ce ne serait pas surprenant que cela se fasse réellement mais je n'en ai personnellement pas envie. Disons que j'aime bien le fait que l'on ait une
saison et plus s'en va. Ni plus, ni moins. Du coup, quand j'ai entendu ça je me suis demandé si cette saison 3 valait réellement le coup pour un spin-off. Si ce premier épisode introduit de façon
intelligente et efficace la saison, on ne peut pas encore deviner l'intérêt d'un spin-off. Ce premier épisode, écrit par Ryan Murphy et Brad Falchuk les deux
créateurs de American Horror Story est un vrai délice. Le monde des sorcières est tellement puissant et intéressant qu'il y a de quoi remplir tout un tas d'épisodes. C'est un
univers riche avec tout un tas de personnages connus. Pour mettre en scène cet épisode, les créateurs ont fait appel à Alfonso Gomez-Rejon qui a déjà réalisé plusieurs épisodes
de American Horror Story (3 épisodes de la saison 2 pour être exact) et de Glee. Finalement, c'est un vrai cercle vicieux de Ryan Murphy.
Nous allons dans un premier temps en 1834 à la Nouvelle Orléans. Nous rencontrons alors Madame LaLaurie. Il s'agit d'une personnalité mondaine de la bourgeoise louisianaise et une tueuse en série
de près d'une centaine d'esclaves noirs. J'aime beaucoup quand Ryan Murphy s'inspire de la réalité pour créer ses séries. L'an dernier il l'avait déjà fait avec Anne Frank par
exemple. Kathy Bates (Misery) incarne ce personnage avec énormément de classe. De plus, on sent que ce personnage a de quoi nous plaire. Elle a un truc qui rend
tout de suite son personnage réellement fort. Sans parler de ses quelques mots en français qu'elle marmonne tout au long de l'épisode. Mais cette femme va aussi subir les foudres d'une jeune
femme qui est l'amante d'un esclave qu'elle a torturé et à qui elle a mis une tête de taureau sur la tête. Madame LaLaurie voulait un homme mi taureau ni homme et elle l'a eu. Quelle horreur.
C'est tellement barré que l'on sait tout de suite que l'on a mis les pieds dans le cerveau de Ryan Murphy.
Mais
je vous préviens, son cerveau est encore plus cinglé que ça. Kathy Bates ne va pas rester dans le passé puisque Jessica Lange va être là pour la sauver de nos
jours. J'ai hâte de voir ce qu'il va se passer car Madame LaLaurie dans le monde d'aujourd'hui, cela promet à mon humble avis de très belles choses. Tout ce que l'on voit autour de Madame
LaLaurie est basé sur une histoire vraie (sauf sa résurrection à la fin de l'épisode bien entendu). Mais cela rend aussi tout ce qu'il s'est passé au début de l'épisode encore plus terrible. Mais
j'aime bien. Tout ce que la série nous présente dans cet épisode parvient en tout cas à se lier d'une façon ou d'une autre, pas simplement par un lieu mais aussi par des personnages. Du coup, de
nos jours, American Horror Story tente de développer tout un tas de petites intrigues reliées par un même lieu : le Coven, cette sorte d'école de sorcières menée
par le personnage de la brillante Sarah Paulson. Nous avons notamment Gabourey Sibide, Jamie Brewer, Emma Roberts et
Taissa Farmiga. Je suis intrigué par ce que American Horror Story veut nous raconter avec ces quatre femmes.
Cette sorte d'école est menée par une certaine Cordelia Foxx (incarnée par Sarah Paulson). J'aime beaucoup ce personnage, et notamment l'influence que sa mère semble avoir sur
elle, Fiona Goode (incarnée par Jessica Lange). Fiona est une sorcière qui préfère que l'on s'intéresse à se défendre et à faire de grandes choses plutôt qu'à faire tout un tas
de petits trucs inutiles. En somme, elle veut apprendre la magie noire aux jeunes femmes de Cordelia. Cela m'excite un peu, notamment quand l'on nous fait visiter l'ancienne maison de Madame
LaLaurie (qui aurait été achetée par Nicolas Cage il y a quelques années de ça comme le dit si bien la guide du musée des horreurs). Le face à face entre Sarah
Paulson et Jessica Lange dans la cuisine fait son petit effet et j'ai bien envie d'en voir encore un peu plus. De son côté, Zoe Benson (incarnée par Taissa
Farmiga) est une fille qui a quelques problèmes. C'est une sorcière mais en plus de ça elle ne peut pas coucher avec des mecs puisqu'elle les tuent avec son vagins. C'est encore une
référence culturelle à un phénomène connu. Je ne l'ai pas en tête mais j'ai déjà vu ça dans un film d'horreur, cette fille condamnée à rester vierge.
Mais
j'aime bien comment Zoe utilise cette malédiction pour se venger ici et là. Notamment du viol en bande organisée de Madison (incarnée par Emma Roberts) lors d'une petite sauterie
sur le campus d'à coté menée par Kyle Spencer (incarné par Evan Peters). Il y a déjà tout un tas de personnages. Cette partie plus adolescente est suffisamment fun pour que l'on
ait envie de revenir suivre leurs petites aventures. Surtout que Madison, qui se relève de ce qui lui est arrivé comme si de rien n'était reste un moment amusant. American Horror
Story ne cherche pas à nous ennuyer avec tout un tas de choses pompeuses et préfère prendre la vie du bon pied. Ce qui est aussi une très bonne idée en somme. En tout cas, je n'ai rien à
redire de ce point de vue là. C'est une très bonne base pour une bonne série horrifique avec la vengeance qui va avec. Ici l'horreur fonctionne plutôt bien pour le moment mais si l'ambiance est
très différente de ce que l'on avait pu voir auparavant dans American Horror Story. L'ambiance est ici moins confinée mais plus libre d'exploiter tout un tas de thématiques
étranges.
Peut-être aussi qu'il y a trop de personnages. Notamment Lily Rabe qui fait également une apparition dans le rôle de Misty Day une sorcière un peu cinglée qui va très
certainement revenir hanté la Nouvelle Orléans elle aussi, surtout que le personnage de Fiona Goode nous a promis un orage de sorcières qui s'amène à grands pas. Sans parler du retour de
Denis O'Hare qui promet encore quelque chose de très bon. Mais ce que j'ai surtout hâte de découvrir finalement c'est comment Madame LaLaurie va vivre de nos jours. Cela promet
de très bonnes choses.
Note : 9/10. En bref, une introduction qui en met de partout. Attention à bien tout essuyer pour ne pas en laisser une goutte.
