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Le jour où j'ai fait l'oiseau

Publié le 05 mai 2008 par Julie Bbg
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Je vous mentirais si je vous disais que c'était top. Que ça ne fait pas si peur que ça. Que si c'était à refaire, fingers in ze nose, je referai.  

No, no, no les petits gars. C'est haut putain. 182 mètres de vide total, un paysage magnifique mais impressionnant au possible. Le coeur qui bat comme jamais. Des tas d'excuses bidons qui poussent à ne pas le faire finalement. Des animateurs sympas, pas mal de monde, une super bonne ambiance mais malgré tout, de sérieux doutes qui s'installent. Les mains sont super moites. Et l'impression que la vie ne tient qu'à un fil commence à faire son petit chemin, merde.

Exit les déguisements. On nous fait remettre nos jeans, plus confortables pour fixer le baudrier qu'on trouve dailleurs un peu light puisqu'on s'imaginait avec du matos bien lourd, limite capitonné à outrance pour amortir une éventuelle chute.Ben quoi?

Alors.... qui sera la prem's ?? Un ange passe. On décide de tirer ça au sort et youpi, hourra, c'est bibi qui s'y colle. Mais en fait ça ne me gêne pas puisqu'à ce moment là, la tension entre nous est à couper au couteau alors autant s'en débarrasser fissa.

Et à partir de là, tout est allé très très vite. On me fixe le baudrier, m'attache les sangles, donne les dernières recommandations. Je suis sur le pont, je tiens à peine droit tellement je balise et du coup on me tient fermement. Ca commence bien. Je vois l'horizon, et surtout je vois RIEN. Maux de tête, souffle coupé, je-peux-le-faire-je-peux-le-faire, je-vais-le-faire-je-vais-le-faire.

Et bang. Trente secondes plus tard, je me prends une décharge inouïe de sensations fortes, le sentiment que je ne maitrise plus rien, une liberté incroyable, mais aussi l'impression d'être dans une dimension parallèle, je sais pas comment vous dire. C'est très rapide et très long à la fois, jouissif et complètement gerbant aussi. Mais surtout, qu'est ce que ça fait peur.

Une fois les pieds posés à terre, je suis comme en apesanteur, complètement destabilisée, déséquilibrée, et d'ailleurs je me rétame. J'ai du mal à réaliser que putain, j'ai fait l'oiseau sur presque 200 mètres accrochée à un fil.

Une fois mes esprits repris, retour sur le pont et je n'ai pas d'autre choix que celui de dire à mes cops que c'est juste énoooorme! Mais en vérité, ce qui est énorme, ce n'est pas le saut. Je crois que j'ai eu beaucoup trop peur pour le savourer pleinement même si avec le recul, je commence à me dire que quand même, c'était un truc de malade que je ne m'interdis pas de refaire un jour. Mais en toute honnêteté, contrairement à ce que l'on m'avait dit, j'ai trouvé ça un peu violent, ou plutôt disons que l'on est fortement secoué.

Non, ce qui est énoooorme, c'est d'avoir dépassé les limites de ma trouille, d'être passée outre les contre-indications médicales qui m'avaient été données et de ne pas en avoir souffert outre-mesure, c'est d'être allée au bout de ce défi, de ne pas avoir écouté les gentils détracteurs qui ne comprenaient pas quel était l'intérêt de prendre autant de risques (sic), c'est de me conforter une fois encore dans l'idée que dans la vie, tous domaines confondus, tout n'est que question de volonté

Et puis j'avoue que depuis ce saut, je suis requinquée à bloc, j'ai des idées plein la tête, je déborde d'énergie, et mes concurrents n'ont qu'à bien se tenir. Oué Oué Oué.


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