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CPR Marrakech: Non ce n’est pas l’arlésienne.

Publié le 13 octobre 2013 par Fouzi53 @fouzi53
CPR Marrakech: Non ce n’est pas l’arlésienne.

Décidément, le Contrat Programme Régional de la région Marrakech Atlantique a du mal a se concrétiser à croire que les 7 patrons de Marrakech ne voient pas d’un bon oeil la signature d’un tel document? Boutade bien sûr, car les professionnels étaient fin prêts pour parapher le document en question si ce n’est l’agenda du Ministre qui a changé en dernière minute et pour cause: La présentation du nouveau Gouvernement  décidée pour le jeudi dernier , soit le jour même de la signature du fameux CPR. Et c’est une bonne raison.

La presse a beaucoup parlé sur les causes du retard de signature imputant cela à des divergences tantôt avec les élus, tantôt avec les professionnels sans pour autant expliquer la complexité d’un tel accord, qui engage la région et son avenir pour toute une décennie , voir plus.

Marrakech n’a jamais eu de PDRT et s’est développée au grès des opportunités et de l’intuition de quelques investisseurs, nationaux ou étrangers qui y ont cru dés les années 90, aidés en cela par les autorités du moment . Ce formidable  élan et la mobilisation de tous les acteurs ont fait que Marrakech a pris le lead du tourisme national. Ce n’est pas par hasard que le CPN vision 2010 a été signé à Marrakech et ce n’est pas non plus un hasard que Vision 2020 a été également signée à Marrakech.

Tout cela pour dire que la région, ou le Territoire puisqu’il faut l’appeler ainsi désormais, mérite un CPR à la hauteur de ses ambitions et que rien ne peut être laissé au hasard.

La dernière mouture, sur laquelle tous les intervenants se sont finalement mis d’accord à pris en considération les craintes de tous et devrait normalement répondre aux attentes légitimes des uns et des autres.

Pour le territoire Marrakech Atlantique constitué de 5 provinces ( Al Haouz, Chichaoua , Kelâa des Sraghna, Essaouira et Errhamna) en plus de la préfecture de Marrakech, le premier réflexe a été d’équilibrer l’offre touristique en développant l’arrière pays riche en espaces naturels d’exception et de faire d’Essaouira la station balnéaire où l’on ne viendra pas uniquement pour bronzer, mais également pour se ressourcer. Marrakech, quand à elle, devrait consolider son image de culture vivante , entre tradition et modernité, pour une clientèle avide d’authenticité sans oublier le MICE qui constitue une composante essentielle dans l’offre touristique des destinations matures.

Cela nécessite  des infrastructures qui font aujourd’hui défaut et qui devraient compléter à terme l’offre existante,  faciliter sa commercialisation , convertir l’intention en acte et  favoriser un taux de retour synonyme de fidélité.

L’attractivité est le maitre mot pour une destination touristique et cela passe obligatoirement par la qualité du produit, sa diversification et son aptitude à évoluer sans oublier ses ressources humaines qui doivent être formées de manière cohérente et rationnelle.

C’est l’attractivité qui fera que les compagnies aériennes mettront des lignes supplémentaires, que les unités d’hébergement assureront un bon taux de remplissage signe d’un bon retour sur investissement et création d’emplois.

Le CPR tient compte de tous ces paramètres et y répond de manière claire et chiffrée en essayant autant que faire se peut de ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre pour que chaque entité puisse y participer en fonction de ses moyens. En tout 88 projets structurants qui répondent aux attentes et dont certains nécessitent un foncier non encore identifié. Un soutien à l’investissement privilégiant tout projet lié aux loisirs, à l’animation et à l’exploitation durable du patrimoine naturel et culturel.

Le tourisme interne y est abordé de manière rationnelle et prend en compte l’offre existante résultant du changement de mode de commercialisation, ainsi que le profil du consommateur marocain qui recherche plus de loisirs pour sa famille.

Le chapitre de la durabilité n’a pas été occulté, le CPR insiste sur la sensibilité croissante des populations locales mais également des visiteurs sur ce sujet. Des démarches on d’ores et déjà été entamées dans ce sens, notamment en matière de ressources  hydrauliques. La station de traitement des eaux usées en est un exemple probant. Reste qu’aujourd’hui, tout projet touristique nouveau doit tenir compte de la notion de durabilité afin de préserver les cites et les populations.

Enfin, le dernier chapitre  est consacré à la gouvernance et au pilotage de ce CPR par les fameuses ADT , tant décriées par certains professionnels qui ont du mal à se séparer de nos non moins fameux CRT. Or, l’architecture globale de vision 2020, vient en rupture de ce qui a été fait auparavant et est largement inspirée de la vision française pour la décennie 2010-2020.

Comme chacun le sait, la France est la première destination touristique au monde accueillant aujourd’hui plus de 81 M de touristes et uniquement pour cette raison, on ne devrait avoir aucun complexe à vouloir adopter une démarche similaire pour booster notre tourisme.

Atout France qui est l’équivalent de notre future HAT, est administrée par un conseil d’administration nommé par le Ministre du tourisme qui préside lui même l’Assemblée Générale.

Le conseil d’administration se compose d’un président nommé par le Ministre, d’un directeur général, 7 représentants de l’Etat, 12 personnalités  qualifiées, personnes physiques ou morales, également nommées par le Ministre , les présidents des différentes Fédérations métiers et régions , 4 représentants des adhérents élus par les 4 collèges de l’assemblée Générale plus 5 autres personnes qui assistent avec voix consultatives.

Si en France, c’est un organisme central et de plus un GIE, qui dirige la politique touristique du pays, au Maroc, dans le cadre de la régionalisation, ce devrait être les ADT de chaque territoire qui devraient se prendre en main, et bien qu’ils soient des organisme publics, financées par l’état, les professionnels y siégeront dans le comité stratégique uniquement. En fait, ils seront réduit à un rôle consultatif, dilués dans la masse sans vraiment de possibilités d’influer sur la politique régionale du territoire.

C’est sur ce sujet qu’il est nécessaire aujourd’hui de revenir, en donnant aux professionnels toute la place qui leur revient au sein des ADT. D’où la nécessité aujourd’hui pour eux de se réorganiser en Fédérations Régionales du Tourisme, afin d’être l’interlocuteur et la force de proposition indispensable pour la mise en oeuvre des contrats programmes Régionaux.


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