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Reflets numériques

Par Doespirito @Doespirito

J'ai animé récemment plusieurs sessions autour du Marketing Personnel, avec différents publics, aux âges et aux positions sociales bien différentes. Des étudiants, des managers, des indépendants. L'expérience montre que ce sont toujours les mêmes réactions et interrogations qui remontent, à peu de choses près. Il y a d'abord une énorme surprise quand on fait ensemble des recherches sous différents angles sur Internet. La découverte de son image, de sa notoriété, de sa réputation (même quand elles se réduisent à rien) a toujours un effet cathartique. Découvrir son reflet numérique, mais aussi le partager, voir celui des autres, se comparer, découvrir des liens qu'on ne connaissait pas, retrouver des traces d'anciennes collaborations.

Sciencespocreteil
Ce sont les étudiants de Sciences Po qui m'ont le plus étonné. Un mélange de naïveté et d'inexpérience, bien plus surprenant que je ne l'aurais supposé au départ. Je pensais que cette génération, née avec un ordinateur dans les mains, qui prend des notes en cours directement sur son ordi, avait fait le tour de l'outil. Je m'attendais à prendre une belle leçon de surf et de connexion. Je peux comprendre qu'on me demande ce que c'est qu'un fil RSS, comme lors d'une récente Rencontre en soirée Marketing Personnel. Mais j'ai été surpris par cet étudiant qui me demandait pourquoi je mettais des guillemets avant et après les mots recherchés dans Google (pour trouver l'occurrence de lien relatif à une expression exacte). Avec Facebook, mes derniers a priori sont tombés. Ils pensaient, un peu ingénument, que leur profil n'était pas référencé, et ils étaient à des lieues de s'imaginer qu'on pouvait y accéder facilement (sous réserve de faire partie de Facebook et d'avoir réglé les paramètres de confidentialité en ce sens). Une jeune étudiante a eu les mêmes mots pour décrire ses réticences face à la démultiplication de son identité que le cadre confirmé ou l'indépendant débutant. « Je n'ai pas envie qu'on sache tout sur moi... ».

Les questions sur la confidentialité rejoignent alors celles des managers confirmés, qui s'en inquiètent d'emblée. «Pourquoi devrais-je m'afficher sur Internet ? » est une des questions qui revient le plus souvent. D'abord, il n'existe aucune obligation. Ensuite, cette question souligne des appréhensions classiques, qu'un simple examen du problème peut lever. La perspective d'abandonner une part d'intimité, la crainte de normaliser les comportements, la peur de se montrer. Autre inquiétude : s'afficher, oui, mais pour dire quoi. « Je veux bien ouvrir un blog », me disait récemment un manager. « Mais qu'est ce que je vais raconter ? ». A quoi il est répondu habituellement « Mais vous n'avez rien à dire ? Vous n'avez jamais d'avis ? Vous n'avez jamais écrit une belle note sur un sujet qui vous tient à cœur ? Vous n'en avez pas 20 déjà écrites dans vos dossiers ou sur votre disque dur ? ». D'ailleurs est-on obligé d'avoir un blog ? Non, évidemment. La seule chose sur laquelle il faut travailler, c'est la publication d'écrits relatifs à vos activités. On peut initier et contrôler en publiant soi-même sur un blog. Mais on peut aussi faire confiance aux blogs des autres, aux médias, aux entreprises, aux réseaux sociaux.

Chez les étudiants, cette inquiétude va plutôt se focaliser sur le manque de références professionnelles : « Si je m'affiche, et que je n'ai rien fait, ça va se voir ». Je me souviens que mon CV d'étudiant faisait une bonne page, alors que je n'avais quasiment que des stages à mettre sous la dent de mes futurs employeurs. L'intérêt des CV en ligne est de pouvoir renvoyer aux éléments de preuve. J'ai travaillé chez Tartempion, avec un lien actif sur le nom, renvoyant au site ou au service concerné, avec à la clé un document faisant référence.  etc. Evidemment, il faut avoir travaillé. Mais pas seulement : écrire, contribuer à des projets, avoir une activité associative, être scout, faire du sport, parler une langue ou avoir une passion rare. Pas besoin d'être un professionnel blanchi sous le harnois pour afficher ça et le prouver.

Les réseaux sociaux demeurent le sujet de saison
. A une exception près, tous les étudiants rencontrés ce soir là étaient sur Facebook (et j'imagine aussi sur MySpace, Flickr, etc.). Aucun des managers ne l'étaient. Mais l'aspect pratique (Quel réseau choisir ? Comment mettre en ligne sa fiche, etc.) l'a vite emporté chez les managers, sur les réserves habituelles que les étudiants avaient levées... sans se rendre compte des conséquences. Il y a eu, j'imagine, quelques réajustements par derrière : effacement d'album photos un peu trop festif, reprise de données personnelles trop voyantes, retrait d'applications un peu olé olé, etc.) quand les managers s'y sont mis en ayant pris conscience des enjeux (Facebook ou Linkedin ?). Le lendemain, je recevais les liens vers les profils ou je répondais aux demandes de mise en relation. 


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