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RSA, allocations chômages : le « donnant-donnant » primate ?

Publié le 06 mai 2008 par Muzard

Natureoutsidedaylight_000802_c049_2 Notre société humaine a bien du mal à gérer la question de l’aide apportée à ses membres les moins favorisés.

Un pas en avant avec le Revenu de Solidarité Active, un pas en arrière avec le durcissement des conditions d’allocations chômage…

Est-ce que cela signifie que notre civilisation est en régression ? Pas sûr, car chez nos cousins singes, la vie semble plus dure.

Certes, la capacité à aider autrui n’est pas le propre du singe nu. Cela commence avec les femelles singes en particulier dans les espèces comme les chimpanzés dont les enfants ne sont pas matures avant 7/8 ans. L’évolution a favorisé les mères les plus attentives et protectrices par rapport à leurs petits, optimisant ainsi les chances de survie de leur progéniture.

Les femelles chimpanzés ont développé des capacités d’empathie, d’entraide et de protection dont leur progéniture puis leurs proches ont bénéficié.

Les grands singes ont développé également des capacités d’entraide et de coopération basé sur le principe de la réciprocité (ou du donnant donnant).

Si les grands fauves par exemple n’ont pas besoin d’assistance, les primates, individuellement sont plus exposés aux dangers. C’est pourquoi les comportements d’entraide sont apparus. Chez les chimpanzés, on peut même parler de contrat d’assistance mutuelle. Si je te donne un coup de main pour te débarrasser du rival qui lorgne sur la femelle sexuellement réceptive que je convoite, tu devras m’aider à affirmer mon statut si un rival me le conteste

Nous sommes les dignes héritiers de ces comportements d’entraide, d’échanges, nous surperformons même clairement nos cousins singes dans ces domaines.

Notre société est en effet basée sur la coopération, les échanges et le donnant donnant.

Ceci étant, on voit mal comment ce principe de réciprocité s’applique dans nos questions de solidarité sociale. C’est peut-être pour cela que certains traînent un peu des pieds ? Que peut-on attendre en retour, quand on se prive d’une partie de nos ressources pour les distribuer aux plus défavorisés (les chômeurs, les handicapés..) ?

C’est le don, l’acte gratuit qui serait en jeu et non la réciprocité.

Il y aurait de quoi être fier d’être humain. Car chez les singes, si l’on a pu observer des comportements d’entraide vis à de singes handicapés (la troupe se relaie pour porter le singe d’arbre en arbre, accepte de partager avec lui sa nourriture), ces actes altruistes restent rares. Alors que nous, nous avons érigé la solidarité sociale en institution.

Mais en y regardant de plus près, cette empathie collective respecte ce bon vieux principe de réciprocité, simplement, le bénéfice de notre acte est potentiel et en tout cas, différé.

Tant qu’on travaille, on cotise et on aide les plus démunis, et si un jour notre tour vient, on attendra des autres qu’ils nous renvoient l’ascenseur.

« Le désir d’aider les autres est à peu près égal au besoin d’être aidé »  conclue le primatologue F De Waal, réaffirmant l’importance de cette loi primate qui est visiblement  toujours à l’œuvre dans nos sociétés humaines.


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