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Femina pour Leonora Miano

Publié le 09 novembre 2013 par Busuainn_ezilebay @BusuaInn_Ezile

 LE PRIX FEMINA DÉCERNÉ À LEONORA MIANO

Femina pour Leonora Miano
Le prix Femina a été attribué à Léonora Miano pour La Saison de l’ombre (Grasset). La sélection comprenait également Au revoir là-haut, de Pierre Lemaitre (Albin Michel), distingué lundi par le prix Goncourt, Le Dernier seigneur de Marsad, de Charif Majdalani (Seuil), Faillir être flingué, de Céline Minard (Rivages) et Le cas Eduard Einstein, de Laurent Seksik (Flammarion).
Le prix Femina essai a été remis à Jean-Paul et Raphaël Enthoven pour Dictionnaire amoureux de Proust (Plon) et le Femina étranger à Canada de Richard Ford (L’Olivier).Avec La Saison de l’ombre, les jurées du Femina récompensent le septième roman d’une écrivaine à la prose grave et lumineuse, née à Douala (Cameroun) en 1973. Il commence après l’attaque et l’incendie des habitations des Mulongo, un clan imaginaire, qui vit à l’intérieur des terres. Douze hommes ont disparu lors de cette agression éclair, totalement incompréhensible. Comment se figurer les bateaux négriers quand on n’a jamais vu la mer ni affronté l’impensable arrogance des « étrangers aux pieds de poule », ces Européens dépêchés sur les côtes africaines pour bourrer les voiliers de bétail humain ? Le premier réflexe du conseil des (vieux) notables est de placer en quarantaine les femmes, « dont les fils n’ont pas été retrouvés » : comme si elles y étaient pour quelque chose…Contre cet aveuglement, ils sont pourtant plusieurs à se dresser : tandis que le jeune chef, Mukano, bravant l’avis des anciens, part à la recherche des disparus, la silencieuse Eyabe prend la route, elle aussi, violant la coutume ; elle marche, seule, jusqu’à l’océan – où elle découvrira le fin mot des razzias négrières. Restée au village, la vieille Ebeise, accoucheuse en titre, observatrice hors de pair, est la troisième grande voix du récit.Après Les Aubes écarlates (Plon, 2009), qui évoquait déjà les « disparus » de la traite, La Saison de l’ombre donne le premier rôle au petit peuple des broussards, « ceux dont on ne dit jamais rien », comme les a désignés l’auteur, en 2011, dans un discours prononcé au Brésil, publié dans Habiter la frontière (L’Arche, 2012). « Lorsqu’on parle de ce qu’a été le trafic négrier pour l’Afrique, soulignait alors Léonora Miano, on oublie ces millions d’anonymes à qui quelqu’un a été arraché. Les mères. Les promises. Les fiancés. Les frères (…). Tout est devenu tellement abstrait qu’on ne semble plus se souvenir que c’est sur des êtres humains que cette horreur a fondu. » Egalement effacés : ceux qui, sur place, ont résisté – mais se voient « passés sous silence parce qu’ils ont perdu la bataille » ou peut-être, ajoutait la romancière, parce que les reconnaître contredirait la « présentation fallacieuse » de l’Histoire, qui veut que les Africains (en général) aient vendu leurs frères aux étrangers. De tous ces « invisibles », l’humanité est ici restituée.Source : Le Monde
Ici, vous retrouverez un article entrevue de Leonora Miano, que j'ai posté il y à quelques jours.

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