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Trail World Tour, Via Francigena, etape 28, entre collines et vaste plaine.

Publié le 11 novembre 2013 par Sylvainbazin
Lorsque je suis reparti ce matin, apres un excellent petit dejeuner servi dans mon beau bed and breakfast d Ivrea, Il Tuchino, ou les proprietaires m avaient hier accueilli avec une grande gentillesse, en ayant meme reproduit sur un joli cadre la couverture de Pelerin express et quelques photos qu ils m ont demander de signer, le vent, aui avait souffle bien fort durant la nuit, etait retombe.
Apres un court voyage pour nous rendre a nouveau sur Piverone, ou je m etais arrete hier, nous repartons. Nous, c est a dire Stefano, qui qujourd hui conduit la voiture suiveuse qui me permet de voyager leger et que nous retrouverons a presque toutes les intersections, appareil photo reflex pret a l action, et Afonso, qui me suit dans un premier temps a velo.
Le soleil brille sur la campagne et mes premieres foulees me conduisent vers une petite eglise qui domine le lac de Viverone ou nous prenons quelques photos avant de repartir dans la campagne. Nous sommes au bout de la colline morenique et la plaine va bientot s etendre devant mes pas; mais pour l heure le parcours est encore un peu vallone. Je trottine plutot bien, en contemplant tout de meme cette nature calme sous ce beau soleil. La lumiere automnale est vraiment belle et la temperature des plus clementes.
J atteins vite, escorte par Afonso, l entree de Roppolo ou Loretta, qui tient ici une chambre d hotes, nous a gentiment invite a prendre le cafe. Loretta est tres enthousiaste de me recevoir et semble vraiment interessee et impressionnee par mon periple. Son cafe est bien bon, ses petits gateaux aussi et surtout sa maison expose un decor plutot extraordinaire. Loretta a longtemps vecu dans des pays exotiques, notamment au Pakistan et en Afrique du sud et son interieur regorge de souvenirs de ces destinations, dans un melange bien agence de culture italienne, arabe et orientale. On est bien chez Lorette, mais il nous faut tout de meme repartir pour poursuivre cette etape; les 51 kilometres du jour ne se feront pas tout seul. Le petit toutou de la maison ne l entend pas vraiment ainsi et sa maitresse a bien du mal a lui faire lacher prise le vetement d Afonso qu il a kidnappe dans sa machoire.
Apres cet arret bien agreable, je reprends ma course en compagnie d un Afonso qui q laisse son velo dans la voiture. A travers les petits chemins et les petites routes d une campagne encore bien agreablem nous trottinons vraiment a un bon rythme. Sans doute un peu trop pour mes jambes tout de meme fatiguees et qui doivent s adapter a ce nouveau rythme qui certes me fatigue moins car le temps d effort est plus court et le corps libere du poids du sac est moins sollicite dans son ensemble, mais les mollets et les cuisses, davantage. Afonso, qui apres avoir longtemps joue au tennis et devenu un des meilleurs coureur d Europe dans sa categorie d age, me vante la beaute de ses parcours d entrainement a Genes tout en admirant les vues sur le Mont Rose qui s offrent a nos yeux.
Nous arrivons ainsi a Santhia. Comme il est midi et que Stefano nous attend ici avec les sandwichs, je m offre une petite pquse dejeuner. Afonso, qui doit s en retourner a velo, a quelques soucis. Le frein a disque de son bequ VTT est bloque et rien a faire pour y remedier. Stefano devra le ramener a notre point de depart du jour.
Je poursuis donc tout seul mon chemin, retrouvant pour un temps ma solitude de pelerin. Le decor s y prete: une large plaine, pas vraiment marrante, se dresse devant moi. Je retrouve les platitudes et les lassitudes des longues lignes droites bordees de champs, les villages qui se dessinent au loin. De ces endroits qui font du pelerin autre chose qu un simple promeneur, ou alors de ceux qui, solitaires, plongent dans leurs reveries. Mes pensees s envolent au dessus de cette morne plaine. Je songe a ce moine zen, le maitre du temple de Sagawa, qui m qvqit expliquer que l on pouvait mediter en courant, en marchant. J essaie plus ou moins. Je pense aussi a mon ami Typhoon, qui m a tant aide l an passe et dont j espere que la sante s ameliore. Je pense aussi a un cousin malade egalement.
La vie est fragile, elle peut, je le sais d experience, ne tenir qu a un centimetre qui decide qu une grosse pierre ne viendra pas fracasser une boite cranienne ou une colonne vertebrale: aussi, j essaie de la vivre avec intensite, quitte a y prendre quelques risques dans une epoque ou le reve ou la prison securitaire me semble  s etendre. Je pense a tout cela, tout en me rejouissant d etre en mesure de courir dans un tel paysage qui defile plus vite ainsi. J ai souffert dans les lignes droites de la voie romaine de Champagne qui n en finissait pas, et meme si cette souffrance n est rien par rapport a d autres souffrances physiques et encore moins compare a celle, psychologique, qui m a parfois tourmente, je prefere aujourd hui avoir un peu ma aux mollets.
Je retrouve mon ami Stefano au milieu de ces champs. Au loin, mais encore proches, derriere moi, s etendent encore les sommets enneiges. J atteins vite Verceli et je m arrete a l entree de la ville, ou se trouve notre hebergement du soir. Nous y rencontrons un peu plus tard le responsable de l association des amis de la Via Francigena de la ville, lui aussi enthousiaste quant a notre projet. Je suis vraiment touche par tous ces temoignages qui me donnent encore plus de forces pour poursuivre ce beau chemin, longues lignes droites et pensees problematiques incluses!

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