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Cameroun: Policiers et gendarmes sont devenus des gardes du corps de n?importe qui :: Cameroon

Publié le 21 novembre 2013 par 237online @237online

Il suffit d’avoir un peu d’argent et de graisser la patte de quelque responsable haut placé à la gendarmerie ou à la police pour disposer d’un élément qui vous suivra comme votre ombre jour et nuit. Quand vous êtes en voyage, il accompagne les enfants à l’école et madame au marché.

Ceux qui sont même plus riches peuvent jouir de plusieurs éléments, certains étant affectés à la protection des diverses résidences construites à travers le pays. Même de grands corps comme la GP ne sont pas épargnés par cette saignée. On a vu il y a quelques années un lieutenant de ce corps garder un chef de village particulièrement populaire.
Mais si ce ne sont pas des individus, c’est certains organismes privés que les éléments des forces de l’ordre gardent. Les établissements de micro-finance décrochent la palme d’or des structures les plus gardées par la police et la gendarmerie.
Des contingents entiers de flics et de la maréchaussée sont ainsi immobilisés pour assurer la sécurité, même celle des établissements les plus obscurs. On parle de plus de 2000 hommes mobilisés à cette tâche. Estimations assez proches de la réalité si l’on considère qu’avec deux hommes par poste de travail, les effectifs consignés à la garde dépassent facilement 2000 éléments puisqu’il y a plus de 100 établissements et succursales de micro-finance.
Là où le bât blesse, c’est que les autorités se plaignent de l’insuffisance des effectifs, lorsqu’on déplore le développement du banditisme et de la criminalité. Les villes camerounaises se transforment en effet chaque jour en véritables coupe-gorge où on assassine, viole les femmes, agresse les gens dans leurs domiciles, trafique des organes humains, organise des crimes rituels, au grand dépit d’une police et d’une gendarmerie complètement débordées. Certains quartiers dans les villes de Douala et Yaoundé sont devenus des zones de non droit dans lesquelles les forces de l’ordre ne s’aventurent plus et où les bandits dictent carrément leur loi aux honnêtes citoyens.
Mais que peut-on faire ? Si autant d’éléments sont affectés à ces tâches de garde du corps, c’est parce que cela rapporte beaucoup d’argent à leurs supérieurs. On parle de dizaines de millions de
Fcfa par mois en jeu, car tout le monde doit passer à la caisse, et au moindre retard de paiement les policiers seraient retirés illico.
Le partage de ce gros pactole a même fait l’objet d’un scandale il y a quelques années, avec des policiers de garde qui se plaignaient que leurs patrons siphonnaient tout l’argent, sans leur refiler leur quote-part. Les plaignants ont même utilisé les réseaux sociaux pour rendre l’affaire publique. Ce qui a eu pour effet de provoquer le courroux de leurs chefs qui ont organisé les représailles en affectant disciplinairement les récalcitrants dans l’arrière-pays. Il s’agit donc d’une affaire de gros sous qui amène tous les intervenants à braver tous les risques que comporte l’opération.
Car l’affectation des gendarmes et policiers à la garde des personnes est strictement encadrée par les textes. Mais qui peut bien résister face à un gombo aussi juteux ? L’on est donc prêt à tout pour le défendre, y compris la mise à l’écart de tous ceux qui (grands ou petits) osent discuter de sa légalité.


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