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Cameroun - Incompétence, inertie : le glas aurait-il sonné pour Fritz Ntoné Ntoné ? Cameroon

Publié le 21 novembre 2013 par 237online @237online

Le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala, très critiqué ces derniers temps pour sa mauvaise gestion de la voirie urbaine, aurait été longuement admonesté par le chef de l'Etat, qui l'a reçu en audience samedi dernier à la résidence présidentielle de Bonanjo.

Des toutes les délégations reçues en audience vendredi après-midi et samedi derniers par le chef de l'Etat en visite officielle dans la métropole économique (10 délégations au total), seul le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala, Dr Fritz Ntoné Ntoné, est arrivé en singleton à la résidence présidentielle de Bonanjo.
Suffisant pour que les commentaires fusent de toutes parts. Très peu, en effet, donnent du crédit aux révélations faites par le premier magistrat municipal de Douala face à la presse à l'issue de l'audience. D'après Dr Fritz Ntoné Ntoné qui disait sa joie et sa fierté d'avoir eu un entretien avec le Président Biya, il en est sorti "optimiste et rassuré". Tout le contraire de ce que pensent certains. D'autant plus que, à en croire des sources bien introduites à la résidence présidentielle de Bonanjo, le chef de l'Etat aurait pris pour prétexte l'audience accordée au délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala pour lui exprimer tout son mécontentement quant à l'état de putréfaction avancée dans lequel la ville est plongée. On la surnomme désormais "Douala Caca".
A preuve, dans de nombreux quartiers, les constructions de fortune pullulent, les déchets ménagers s'enfouissent dans le sol et des flaques d'eau boueuses et nauséabondes favorisent la propagation de maladies telles que le paludisme et le choléra. L'arrivée du chef de l'Etat dans la ville était annoncée depuis des lustres. On s'était attendu, en vain, à ce que des mesures fortes soient prises pour toiletter la métropole économique. Rien n'a été fait. Personne n'a songé à curer les caniveaux et les drains sont restés bouchés.
Conséquence, la grande pluie qui s'est abattue la veille de l'arrivée du couple présidentiel dans la ville a occasionné des inondations dans de nombreuses habitations, les carrefours, les commerces et les stations service à Banapriso, Akwa, Bépanda, New Bell, Déido, Ndokoti, Cité des palmiers, Béedi, Bassa, entre autres quartiers populeux. C'est à dessein, pense-t-on, que le délégué du gouvernement de Douala a évité de présenter au chef de l'Etat les difficultés auxquelles font face les habitants de la capitale économique.
A l'occasion de la cérémonie marquant la pose de la première pierre du deuxième pont sur le Wouri, Fritz Ntoné Ntoné a prononcé un discours laudateur pour faire l'apologie du couple présidentiel, plus particulièrement de la Première dame, Mme Chantal Biya, qu'il a affublée de tous les superlatifs, reléguant au second plan les problèmes que rencontre la cité dont il a la charge.
"Vous êtes un homme d'Etat qui tient ses promesses. Nous savons pouvoir compter avec vous parce que le meilleur est à venir", a-t-il récité, d'une voix monocorde et sans conviction, devant un parterre d'invités quelque peu surpris par ce discours plutôt déphasé.
Un sabotage échoué
Inondations, délestages en continu, désordre urbain, habitat anarchique, absence de voies secondaires dans certains quartiers quand celles qui existent ne sont tout simplement pas dans un état de décrépitude frissonnant, effondrement en cascade des immeubles...et incendies à répétition dans les marchés : les sujets ne manquent pourtant pas. Rien de tout cela n'a été effleuré dans un discours à fort relents d'"aveu d'échec".
A en croire le délégué du gouvernement, Douala se porterait plutôt bien. C'est d'ailleurs pourquoi, il salue "la grande icône de la paix" qu'est le président de la République. Bien plus, Fritz Ntoné Ntoné dit devoir le degré de développement actuel de Douala et des autres villes du triangle national aux qualités "exceptionnelles de dialogue, de tolérance... et de justice" du président Biya.
Du n'importe quoi. Pour couronner le tout, le délégué du gouvernement a souhaité, pour terminer son propos, au Nnom Ngui d'aller de l'avant Douala est et sera toujours avec vous". Drôle de chute pour les nombreux jeunes et autres observateurs avertis massés non loin des tribunes dressées sur les berges du Wouri qui se seraient attendus à ce que le super maire égraine un chapelet de doléances au chef de l'Etat. Son mutisme y afférent peut-être justifié, eu égard à son incapacité à oser, comme le fait pourtant aisément son homologue de Yaoundé. Et quand par extraordinaire on croit qu'il voudrait enfin lui ressembler, il ne s'offusque guère de brandir l'alibi récurrent des limites de ses prérogatives, alors qu'il n'en fait pas autant quand il s'agit de percevoir en sous main des commissions occultes dans divers marchés diligenter par la Communauté urbaine de Douala.
Pourtant, "la cérémonie de pose de la première pierre du deuxième pont sur le Wouri était l'occasion idoine d'exprimer au Chef de l'Etat toutes les préoccupations des jeunes de la ville. Mais il ne l'a pas fait", fulmine un jeune dans la foule. Grande n'a pas été la surprise du chef de l'Etat qui, en faisant par route et non par hélico l'axe qui conduit à l'usine de traitement du gaz naturel de Ndogpassi, de constater que les travaux n'ont en rien avancé, malgré les 6 milliards débloqués pour ce faire. Dr Ntoné Ntoné s'est complu, dans son allocution de circonstance, de présenter les caractéristiques de la route qui sera bientôt construite.
En versant une couche de gravillon en guise de chaussée, le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala n'a pas trompé la vigilance du chef de l'Etat qui a touché du doigt la réalité que vivent les populations de Ndogpassi. Et dire que le Minhdu et le Minee ont débloqué de fortes sommes d'argent en sus des 6 milliards pour que la route qui dessert la centrale à gaz de Ndogpassi soit aménagée avant la visite du chef de l'Etat ! Du coup, on parle d'un sabotage orchestré par le premier magistrat de la ville pour faire échec à la visite du chef de l'Etat à Douala.


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