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LE QUOTIDIEN & VOUS > "John LOBB" Ltd : belles pompes pour gentlemen d’aujourd’hui

Publié le 25 novembre 2013 par Fab @fabrice_gil

Installé dans une maison où Lord Byron vécut avant son mariage, le chausseur John Lobb est considérée comme le plus bel endroit commerçant au monde et -quel bonheur- il appartient encore à un descendant du fondateur.
Au rez-de-chaussée, posées sur des étagères, trônent des bottines réalisées pour la reine Victoria ou  des souliers jadis mis aux pieds d’autres têtes couronnées. En face de l’atelier, on sculpte encore les formes en bois pour chaque client, avant de les stocker dans des sous-sols crépusculaires, à côté des moules de pieds célèbres, comme ceux du duc de Windsor, de Laurence Olivier ou de la princesse Diana. La maisonLobb est estimée, tel le Graal absolu, par tous les amateurs de souliers anglais : les fameux souliers bicolores étaient réalisés ici pour Cole Porter, les babouches favorites du maradjah de Cooch Behar et/ou les chaussons en velours monogrammés que tout le monde réclamait, du chat d’Iran à Mick Jagger restent les pièces emblématiques du bottier. La raison principale de cette irrésistible fascination est- en partie - due à son histoire. L’histoire d’une maison qui s’inscrit dans celle d’une région dédiée entièrement à l’art de la fabrication de la botte et du savoir-faire séculaire de ses artisans.
L’apprenti bottier de Northampton, John Lobb, fraîchement revenu d’Australie pour y être parti chercher de l’or, débute sa carrière par l’invention d’une botte utile destinée à ses ex-confrères dénicheurs du précieux métal. La botte dotée d’un talon creux pour entreposer son butin, lui vaudra d’être récompensé d’une jolie médaille, durant l’Exposition Universelle de Londres.Le roi des cordonniers devenu Cordonnier des rois  -comme il sera surnommé plus tard- inaugurera en 1849 son magasin londonien de la rue St James, le John Lobb Bookmakers. L’artisan n’exécutera que des souliers sur mesure, destiné principalement à la classe dirigeante et influente de la capitale.
Son travail minutieux sur un cuir de très grande qualité pour un rendu d’une résistance et d’une élégance sans égal, lui confère une telle notoriété que la maison sera agréé par la famille royale à partir de 1863. [John Lobbreste à ce jour fournisseur officiel de la cour d’Angleterre]. Bottier d’Edouard VII mais aussi du Duc d’Edimbourg, et du Prince de Galles, il fut également le chausseur de Winston Churchill.
Depuis 2005, le jaune bouton-d’or des boîtes, estampillées de jolies initiales et de la signature Bootmaker, ne laisse aucun doute sur la filiation du célèbre orange -"les connaisseurs auront compris." Dans les 190 étapes de fabrication, comme dans les détails et les proportions qui font la qualité de ces souliers, tout reste pensé dans un esprit sur-mesure. Le chausseur prend son temps : cinq jours pour la confection d’une paire de souliers à boucle, mocassins ou bottines. Il s’agit de laisser le temps au cuir, issu d’une demi-douzaine de tanneries en Europe, d’épouser en douceur la forme modèle, avant de passer d’une main à une autre. Les machines, centenaires pour certaines, sont utilisées, ici, pour gagner du temps et permettre au "plus grand nombre" de s’offrir des souliers (€900 en moyenne - plus de €4.000 pour le sur-mesure).
Les petites sérénades caractéristiques des différentes opérations de conception s’enchaînent selon une partition bien réglée. A l’étage, consacré à la préparation des cuirs et à la couture de la tige (dessus du soulier), tout commence par le clicking, opération de découpe des morceaux de cuir qui doit son nom au bruit de la lame du cutter à la fin de son tracé autour de la forme. Une bonne moitié de la peau utilisée partira au rebut. Plus loin dans le chuintement des jets de vapeur, la peau est préformée. Le bruit metallico-huilé des machines à coudre prend le relais. Des ouvrières aguerries piquent le dessus du soulier pour lui donner son volume en trois dimensions.Parmi les cinquante-six modèles qui composent aujourd’hui le cœur de la collection, dix à quinze nouvelles références réinterprètent chaque année les codes de modèles cultes. Depuis quelques saisons, pour moderniser les lignes, les lisses s’arrondissent, les semelles s’affinent, et les cambrures s’affichent avec simplicité.
A Londres, nous nous devons de tester les pubs, parmi les plus réputés, et de faire un "crochet" par les magasins de souliers. John Lobb, avec Church’s, Crockett and Jones et Edward Green, est l’un des derniers grands noms à perpétuer la tradition de belle botterie.F/Gwww.johnlobbltd.co.uk

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