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Made in Niamey.

Publié le 03 décembre 2013 par Maybachcarter

Made in Niamey.

Comme je le dis souvent, les voyages-presse, ça ressemble parfois à une colonie de vacances pour journalistes. A ceci près que ça ne se passe pas toujours comme on l’imagine.

Il y a 2 semaines à peu près, je suis partie tôt le matin de chez moi pour l’aéroport de Roissy, direction Niamey la capitale du Niger. Une fois à l’aéroport, j’embarque, en compagnie d’autres personnes des médias, de la mode et du showbiz. A peine le temps de sympathiser avec mon voisin - un bijoutier nigérien - que l’on décolle. Je commence à m’endormir, pensant rouvrir les yeux à l’atterrissage, et pourtant…

Alors que nous survolons les environs de Toulouse et nous approchons de la Mediterrannée, le pilote nous annonce avoir repéré un problème dans le train d’atterrissage de l’appareil et la panne serait si importante qu’il faille retourner à Roissy-Charles de Gaulle…. Super, bonjour la psychose silencieuse des passagers.

Vous me direz,  vaut mieux qu’il s’en soit rendu compte à ce moment-là. Je ne suis pas sûre de comment j’aurais réagi si cela s’était passé alors que nous survolions le Sahara. Enfin bref. Retour à Roissy. On désembarque, Air France nous fournit des sandwichs, on remonte dans un autre avion. Mais celui-ci ne décollera jamais pour des raisons que j’ai la flemme de détailler (plan de vol, personnel navigant n’étant plus mobilisable etc).

Made in Niamey.

 On attendra à peu près 2h dans l’avion, transformant peu à peu le fond de l’appareil en cocktail/apéro improvisé où chacun vient se servir et taper la discut’. 18h, on nous annonce enfin que….le vol est reporté au lendemain matin.

Je me faisais déjà une joie (faut bien positiver en toute circonstance) de passer une nuit à l’hôtel PULLMAN de l’aéroport (j’adore cet hôtel), mais faut croire que cette journée resterait particulière jusqu’au bout. Tous les hôtels dans les environs sont pleins. Résultat ? Des bus nous amènent dormir à… Disneyland. Ce n’est pas une blague. Bon, ma chambre était très sympa, le buffet était délicieux, mais le bonhomme de Disney en plein milieu du hall c’était tout de même surprenant.

Fast Forward, je saute les autres surprises du lendemain et autres, l’escale imprévue à Ouagadougou etcera.. Bref, 19h, on attérit enfin à Niamey. Le climat est bon, l’accueil est chaleureux, je retrouve des visages familiers, on grimpe dans nos bus et chacun atterrit dans son hôtel.

Made in Niamey.

Made in Niamey.

Made in Niamey.

Je n’avais pas d’a priori sur Niamey, ni sur le Niger en général. Je craignais l’air sec et incroyablement chaud, dû à la zone sahélienne à proximité, mais c’est tout. Globalement, je trouve Niamey très horizontale comme ville, avec une architecture très uniforme.. D’un quartier à l’autre, j’ai trouvé que tout se ressemble et que les espaces sont d’une troublante similitude. Ce qui change des villes que j’ai déjà visité, où il y a quasiment une atmosphère différente par quartier.

Made in Niamey.

Quant aux nigériens, je les ai trouvé très courtois, toujours souriants, avenants, pas agressifs et le ton de la voix toujours très posé. Pour les nigériennes par contre, faudra repasser. J’en ai très peu vu dans la ville, j’avais parfois l’impression d’être dans une ville sans femmes. Après, je ne suis pas allée en club de tout le séjour, mais paraît-il qu’elles ne sont pas si difficiles à voir, surtout de nuit.

Made in Niamey.

Venons-en à ce qui m’emmenait à Niamey: le festival international de la mode africaine. Organisé par le célèbre couturier Alphadi depuis de nombreuses années, l’édition 2013 a célébré en grandes pompes le 15ème anniversaire de l’événement. Sur le plan mode, je ne rentrerai pas dans les détails ici mais dans un prochain article de Fashizblack. Mais ce que je peux dire, c’est que les festivaliers avaient pour la plupart un rapport très “spectacle” face aux défilés. J’avais parfois l’impression qu’ils ne faisaient absolument pas la différence entre la présentation d’une collection et un concert, c’est assez drôle. J’avais eu la même sensation lors de la fashion week de Saint Domingue, avec des dominicains qui venaient aux défilés parfois mieux habillés que les mannequins sur les podiums.

Made in Niamey.

Made in Niamey.

Cependant, ça a été une occasion de faire de belles rencontres professionnelles, comme Poundo du site OkayAfrica, dont je suis une lectrice régulière. Ou encore la responsable du pôle Culture à l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine). Parlant de ça d’ailleurs, j’ai été invité au dîner de gala de la 1ère dame du Niger, organisé avant la soirée de clôture du FIMA.

Made in Niamey.

Je suis encore surprise d’avoir pu l’approcher d’aussi près, m’attendant à un service de sécurité bien plus agressif avec la presse. A la table de la première dame justement, se trouvait une jeune femme qui détonnait au milieu des autres épouses de chef d’état (Mali, Burkina Faso, République Centrafrique).

Made in Niamey.

Plus tard le soir même, j’ai appris que la jeune femme en question (en Louboutin svp) était la représentante de la première dame de Guinée Equatoriale, et était accessoirement la ministre de la Culture et du Tourisme du pays en question (à tout juste 31 ans !).

Made in Niamey.

(il s’agit de la jeune femme en tailleur, la 2ème en partant de la droite)

Je ne sais pas si sa jeunesse se ressent dans son bilan jusqu’ici, mais c’est déjà en soi un exploit qu’elle soit à la tête de ce ministère à cet âge dans un pays africain (on sait à quel point les africains ADORENT faire rimer “gouvernement” avec “vieillesse et virilité”). J’ai aussi pu échanger avec des designers et promoteurs de divers pays d’Afrique de l’Ouest, notamment du Ghana.

Donc, oui. L’événement a été riche en rencontres. Et surtout, en rapport avec mon précédent post, ça a une fois de plus alimenté ma réflexion sur un éventuel “retour“. Je le savais déjà, mais je me sens vraiment plus en accord avec moi-même quand je suis physiquement en Afrique, ce voyage l’a encore confirmé. Je ne saurais pas l’expliquer correctement, mais j’ai une sensation d’appartenance, d’être là où il faut que je sois. Ca ne veut pas dire que je veux aller m’enfermer en Afrique et ne plus jamais en sortir, mais j’ai viscéralement besoin d’y passer plusieurs mois de manière permanente. Peut-être pour justement être fixée, et ne pas continuer à nourrir une sorte de fantasme à distance. Je crois que j’ai emmagasiné tellement d’informations, d’images, d’histoires qu’il me faut être sur le terrain sinon j’ai l’impression que tout ce savoir ne me sert pas à grand chose. Maintenant, un retour où, quand, comment, pourquoi, je ne sais pas encore. Je serai fixée là-dessus dans les prochaines semaines.

A l’aube de la nouvelle année 2014, je vais poster pas mal de rétrospectives sur 2013 sur ce blog… ce que j’ai écouté le plus, ce qui a retenu mon attention, et un post non-exhaustif sur la scène urbaine camerounaise qui a eu une année plutôt riche…

En attendant, un recap’ en images de mon séjour à Niamey.

Made in Niamey.

Made in Niamey.

Made in Niamey.

Made in Niamey.

Made in Niamey.

Made in Niamey.

Made in Niamey.

Made in Niamey.

Made in Niamey.

Pour plus d’images, vidéos et une couverture des défilés, rendez-vous très bientôt  sur facebook ou sur le site web.


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