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La dure vie du jardinier de ville au printemps

Publié le 09 mai 2008 par Alainparis19
Avec le retour du soleil et de la chaleur, une envie irrépressible de jardiner et de planter sur mon balcon se fait plus pressente, urgente même car il plus que temps de s'y mettre pour que l'été soit fleuri. Le 8 mai étant férié, mais les jardineries étant toutes ouvertes, je décide donc de partir à la recherche des quelques plantes fleuries qui vont venir boucher les trous dans mes jardinières déjà bien remplies.
Et c'est là que l'aventure commence, car mon balcon ne reçoit le soleil que le matin. C'est un jardin d'ombre, de mi ombre plutôt. Je voulais des bégonias 'Dragon Wing', une variété particulièrement robuste et florifère, rien de comparable avec les petits bégonias à massifs.
Mes ballades les semaines précédentes sur le quai de la Mégisserie et l'Île de la Cité ne m'ayant pas permis d'en trouver.La dure vie du jardinier de ville au printempsJe suis donc parti hier matin à 10 h, pour prendre le métro à Ourcq (ligne 5), direction Gare du Nord, correspondance avec le RER B direction Laplace à Arcueil (94). Beaucoup de monde sur le quai du RER pour un jour férié. Les valises souvent énormes trahissent les vacanciers en transite. J'arrive à monter dans la rame, le voyage se déroule assez rapidement.
Arrivée à Arcueil, petite marche dans l'avenue Laplace pour atteindre le centre commercial de la Vache-Noire, récemment ouvert avec un nouveau magasin Truffaut. Bel espace, presque désert en cette matinée du 8 mai, un peu plus de monde dans la jardinerie, mais nous n'étions pas bousculé. Et là, première déception : pas de bégonia 'Dragon Wing', quelques barquettes de bégonias semperflorens, quelques potées non fleuries d'impatiens... A Arcueil, les jardins sont tous ensoleillés semble-t-il ! Je regarde du côté des jardinières, étant à la recherche d'un modèle demi lune, idéal sur petit balcon. Beaucoup de pots ronds, de grands contenants design, mais pas ma petite suspension. Dépité, je repars après avoir flané dans les magasins de vêtements déserts.
Retour à la station Laplace, RER B pour revenir à Denfert-Rochereau où je change pour prendre la ligne 6, direction Nation. Je descends à la station Quai de la Gare, pour un tour dans le seul et unique Truffaut de la capitale, la plus grande jardinerie intra-muros. Là, beaucoup plus de monde, la matinée était bien avancée, les jardiniers parisiens avaient eu la même idée que moi. Une belle partie de slalom dans les allées encombrées, je tourne, je vire... Et je finis par trouver dans un coin non loin des caisses cinq pieds de ce fameux bégonias. 3 rouges, la couleur que je recherchais, 2 roses que je laisse. J'en voulais 6, tant pis, je ferai avec. Au passage je trouve des petits cuphéas blancs (Cuphea hyssopipfolia), un petit arbuste au feuillage luisant et aux minuscules fleurettes blanches ou pourpre, souvent utilisé en intérieur ou en bonsaî, alors qu'il pousse très bien en pot dehors à l'abri du soleil brulant. Je ne trouve pas ma suspension, mais j'ai mes plantes. Au passage, le plant de bégonia 'Dragon Wing' dans un godet de 0,8 l, donc un jeune plant un peu plus développé qu'en barquette, m'a couté 4,30 euros (soient plus de 28 de nos anciens francs). Pas mal non ?
Je ressors, décidé de pousser l'aventure jusqu'au Truffaut d'Ivry-sur-Seine, de l'autre côté du périphérique au début de l'avenue François Miterrand. A pied, cela fait une trotte et il faut passer sous le périph, pas très engageant même par un soleil magnifique. Car si les arbres au pied de la bibliothèque sont joliment fleuris de lin bleu, il n'en est pas de même plus on s'avance vers les limites de Paris.La dure vie du jardinier de ville au printempsJ'arrive à prendre un bus, le 325, qui fort heureusement est arrivé presque en même temps que moi à l'arrêt rue Tolbiac (un jour férié, c'était une chance). Et hop, en deux temps trois mouvements, il me dépose devant le centre commercial. Quelques marches et j'arrive dans la jardinerie où il y a affluence et profusion de fleurs. Mais pas de bégonia 'Dragon Wing', encore moins d'impatiens Spellbound, cette super variété retombante, créée il y a deux ans maintenant... Mon tour a été rapide, décidément les jardins ensoleillés sont les grands privilégiés, les jardiniers de l'ombre devant se contenter des sempiternelles petites impatiens crevardes en été par temps trop chaud et sec ou des petits bégonias (où sont les belles variétés à grosses fleurs, à fleurs doubles ?), de quelques fuschias invariablement violet et rouge, parfois rose ou rouge et blanc, bien sûr sans aucun nom de variété. Bref, une gamme courte, miniature !
Je continue mon expédition en passant chez Leroy-Merlin, derrière le magasin Truffaut. L'offre de plantes est plus que limitée, des géraniums en grande partie, en promotion certes. Mais je trouve ma fameuse suspension demi lune. Qui me coute quand même la bagatelle de 10,50 euros (et oui, presque 70 de nos anciens francs) pour un pot de quelques litres, la soucoupe et le support !La dure vie du jardinier de ville au printempsJe quitte le magasin et me pointe à l'arrêt du bus 325, au pied de l'énorme déchetterie, toute fumante de ses deux tours sur un fond de ciel azur resplendissant. Attente 13 mn annoncée, puis changement pour 33 mn. Le lieu n'est pas spécialement palpitant, je décide de rentrer dans Paris à pied, en longeant le quai de la Seine. Trottoirs cahotiques et longue distance pénible à faire au soleil. Et bien sûr, à mi chemin je me fais doubler par un bus arrivé bien avant les 33 mn affichées. Je décide donc d'attendre à l'arrêt suivant. 21 mn affichées (vivent les transports en commun ! Surtout un jour férié). Longue attente, le vent est agréable, il y a eu plus pénible. Et le bus arrive. Nous sommes deux à l'arrêt, je fais signe au chauffeur. Et le bus nous passe allègrement sous le nez sans s'arrêter !!!
Furieux, je repars à pied pour aller chercher le métro de la ligne 6, station Quai de la gare. Et commence le long retourdans le 19ème, je suis épuisé. Ce périple à la recherche du bégonia perdu m'a pris toute la matinée et le début de l'après-midi. Il faut aimer jardiner !
Je comprends maintenant pourquoi les fenêtres et les balcons parisiens ne sont pas plus fleuris. Il faut être passionné dingue pour courir autant et il faut aussi un porte-monnaie bien rempli pour se faire plaisir...

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