Magazine Côté Femmes

Ville lumière, vie d'humaine

Publié le 10 décembre 2013 par Gentlemanw

Que le monde est beau autour de moi, dans le froid du matin, je suis arrivée à Paris, nouveau défi de ma vie de femme. 

Oh j'en ai rêvé, je l'ai maudit aussi, ce moment-là où je quitterai mes parents, ma ville d'origine, mes amies surtout mes routines. Oui adolescente, je rêvais de cela tous les jours, puis j'ai fait des études ailleurs, dans une autre région, une autre province que la mienne, pour devenir une adulte, une professionnelle dans un monde appelé "business". Ecole de commerce, nouvelles copines, nouveaux repères et chaque fin de mois, je passais à Paris, pour changer de gare, juste un clin d'oeil rapide, vers un autre train.

J'avais coupé le cordon, trouvant goût ailleurs, dégustant mes premiers amours et vomissant mes premières ruptures. Loin de ce qui semblait être ma source, je devenais une autre, je devenais femme aussi. Plus encore j'ambitionnais avec justesse de me projeter dans le futur, en France ou à l'International, loin de tout, mais proche finalement de nouveautés, d'amitiés et de belles rencontres.

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La nourriture était un lien, un lieu commun de vie avec d'autres personnes, et puis les soirées à bosser les révisions, à boire pour oublier peut-être, pour rêver avec des discussions pour refaire le monde, un vrai lâcher-prise dans un cursus plein de stress. Cette nourriture de l'esprit que l'on vous oblige à prendre jeune, comme une drogue pour être plus facilement "agile", terme moderne pour dire "malléable, soumis à souhait au travail". 

Heureusement, des petits jobs et une année de césure plus tard, en Autriche, j'ai pu couper d'autres liens mais forger de vrais parties de moi, dont celle d'une éthique naturelle de vie en équilibre entre le boulot et la vie privée, entre respect de l'humain et un univers de finances. Je suis sereine, maintenant je ris de voir l'énervement, la pseudo inquisition des chefs "à la française" regardant la montre pour les horaires de leurs collaborateurs, mais ne sachant gérer cette équipe en mode projet, avec valorisation des compétences de chacun. Un parfum de XIXe siècle avec les contremaîtres à la sortie de l'usine, le monde a évolué, non ?

Un management français qui croise le chemins des névroses et du trou de la sécu, avec toutes les pillules et arrêts, alors que j'ai travaillé ailleurs et sans ces dérapages, mais avec autant de bons résultats.

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Alors oui, aujourd'hui je suis nommée au siège, pour partager cet actif immatériel qu'est l'humain et sa réelle valeur dans l'entreprise. Je vais me confronter au contrôle de gestion, si avare de main d'oeuvre, mais pas de primes, qui n'a aucune vision à moyen-terme et encore moins à long-terme dans la gestion du capital humain. Nouvelle mission, nouvelle vie peut-être, car il me manque quelqu'un dans ma vie personnelle, mais nous en parlerons plus tard.

Direction mon hôtel, après direction les visites d'appartements, mais aussi quelques magasins de mode. Et pourquoi des nouvelles chaussures pour fêter cela ?

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Nylonement


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