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La Banque de France intervient secrètement sur le marché de l’or

Publié le 17 décembre 2013 par Copeau @Contrepoints
Publié Par Contrepoints, le 17 décembre 2013 dans Économie internationale

Les Banques centrales appliquent peut-être une directive gouvernementale confidentielle, en influençant les marchés de l’or subrepticement, voire en les manipulant directement.

Par Chris Powell, secrétaire et co-fondateur du GATA.

Article publié sur Goldbroker.com

lingot-orLa banque centrale française négocie de l’or pour son propre compte « quasi quotidiennement » et est « active sur le marché de l’or interne des banques centrales et des institutions officielles », selon les dires d’un cadre de la banque, lors d’une conférence de la London Bullion Market Association (LBMA) à Rome, le 30 septembre.

Alexandre Gautier, directeur des opérations de marché pour la Banque de France, a ajouté que la banque songeait à reprendre son activité de prêt d’or. Il a laissé entendre que les objectifs de la banque, sur le marché de l’or, sont tout simplement l’allocation d’actifs en devises étrangères et les profits ordinaires pouvant être réalisés sur des transactions, plutôt que d’intervenir sur les marchés des devises ou de l’or.

Une transcription des propos de M. Gautier à la conférence du LBMA se trouve ici et sur le site de GATA ici.

En revanche, le chef adjoint des opérations de marché de la Bundesbank, Clemens Werner, a déclaré à la même conférence qu’à la banque centrale d’Allemagne, « il n’y a pas de gestion active des réserves d’or, pas d’achats et ventes chaque jour. » Werner a ajouté que la Bundesbank ne détient que neuf kilogrammes d’or sous forme de certificats, i.e. de métal non alloué. Cela démontre sa confiance dans le fait que l’or de l’Allemagne détenu à la réserve fédérale de New York y est toujours, et n’a pas été ré-hypothéqué, même si l’annonce de la Bundesbank, selon laquelle il faudra sept ans pour ne rapatrier que 20% de son or détenu à la Fed de New York, avait soulevé des soupçons.

Selon Werner,

« Après 1999, il y a eu plusieurs tentatives et des pressions pour que la Bundesbank vende de l’or, mais elle a résisté. »

Une transcription des propos de M. Werner est disponible sur le site de la LBMA ici et sur celui du GATA ici.

Une autre présentation à la conférence du LBMA était très intéressante : celle de Matthew Hunt, chef de la division des services bancaires aux particuliers à la Banque d’Angleterre, dont le sujet, selon le programme de la conférence, était « Les opérations de la Banque d’Angleterre avec ses stocks d’or ».

Il faut se souvenir qu’Alasdair Macleod a identifié en juillet ce qui semblait être un manque de 1200 tonnes d’or dans les stocks détenus par la Banque d’Angleterre (lire l’article sur Goldbroker), un déclin énorme qui semblait coïncider avec l’attaque d’avril sur le prix de l’or. La Banque d’Angleterre avait refusé catégoriquement d’expliquer cette différence : www.gata.org.

J’ai demandé par email à la Banque d’Angleterre de me faire parvenir une copie de la présentation de M. Hunt à la conférence du LBMA. Je n’ai toujours pas eu de réponse.

On peut en tirer certaines conclusions :

Les banques centrales interviennent quotidiennement sur le marché de l’or et en sont les plus important participants, mais elles ne rendent pas leurs transactions publiques et elles ne sont jamais mentionnées dans les médias financiers de masse ou dans les commentaires de la plupart des analystes financiers. La plupart de ces médias et ces analystes ignorent les actions des banques centrales et ne font qu’interpréter des tableaux et attribuer des mouvements de marché à de simples concoctions de toutes sortes. En effet, les banques centrales ne sont jamais questionnées par les médias et les analystes au sujet de leurs activités sur les marchés.

Même si elles sont des institutions gouvernementales, la Banque d’Angleterre et la Banque de France font des affaires, ou planifient de le faire, sur le marché de l’or pour des clients privés.

Comme le démontrent leurs participations à la conférence du LBMA à Rome, la Banque d’Angleterre et la Banque de France partagent avec ces clients privés des informations qui ne sont pas accessibles aux participants du marché ou au grand public. Cela veut dire que, en étant au service de leurs clients, les banques appliquent peut-être une directive gouvernementale confidentielle, en influençant les marchés subrepticement, voire en les manipulant directement.

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