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Le combat des femmes espagnoles pour le droit à l'interruption de grossesse redevient notre combat

Publié le 22 décembre 2013 par Gezale

Le combat des femmes espagnoles pour le droit à l'interruption de grossesse redevient notre combat


Le combat des femmes espagnoles pour le droit à l'interruption de grossesse redevient notre combat

Une interruption volontaire de grossesse doit se faire dans un cadre hospitalier sécurisé et accueillant. (photo JCH)

Rien n’est jamais acquis à l’homme…surtout à la femme. Le gouvernement espagnol et sa majorité parlementaire de droite — majorité absolue aux Cortès — sont sur le point de modifier la loi adoptée sous le gouvernement Zapatero et accordant aux femmes espagnoles le droit d’interrompre leur grossesse selon leur propre volonté et en vertu des textes encadrant l'IVG. Ne subsisteront dorénavant que des possibilités exceptionnelles en cas de viol ou de mise en danger de la santé des femmes. (1)
Recul fantastique Il s’agit là d’un recul fantastique. Les Espagnoles croyaient à l’irréductibilité d’un progrès devenu un droit. Elles constatent que ce qu’une majorité a fait un jour, une autre peut le détruire. Et pourtant s’il est un domaine où le combat des femmes espagnoles a rejoint celui de centaines de milliers femmes de toute l’Europe (et ailleurs sur la planète) c’est bien celui de conquérir ce droit absolu : celui de maîtriser leur corps. Ce recul est rendu possible par une majorité idéologique machiste et religieuse. L’Eglise d’Espagne, réactionnaire et rétive à tout progrès, demeure figée sur des principes et des visions du monde totalement dépassés. Face à la liberté de l’avortement, le mot essentiel est le mot liberté : le droit de disposer de son corps et de choisir d’avoir ou non un enfant. Il ne s’agit pas de la liberté morale ou intellectuelle, il s’agit d’une liberté bien réelle, bien concrète car chacun sait qu’un avortement n’est pas un acte simple. Quiconque a approché ou approche des femmes désirant interrompre leur grossesse connaît leur détresse, leur culpabilité, leur angoisse. Si en plus, la société s’ingénie à les empêcher de dépasser ce geste salvateur, cette société va faire le malheur de plusieurs êtres : la femme, l’enfant et qui sait, le géniteur. C’est bien pourquoi la loi Veil en France a été accueillie comme une loi de progrès et comme une loi enfin favorable aux femmes. Elles auraient le droit et les moyens juridiques, médicaux, de choisir librement. Une société civilisée ne réduit pas le champ des libertés, elle l'accroît.
Désir et envie
Car vouloir et attendre un enfant ne peut être que le produit d’une alchimie mystérieuse faite de désir et d’envie. En 2013, il existe bien des façons d’éviter ce qu’on appelait pudiquement un accident : contraception, pilule du lendemain, préservatif…mais si les aléas de la vie en décident autrement, une société évoluée doit répondre à la détresse des femmes, une détresse maîtrisée, accompagnée, positivée.
Le choix des élus espagnols va entraîner de graves conséquences. Les femmes désirant avorter iront jusqu’au bout de leur volonté. Ou elles feront appel à des avorteurs clandestins avec toutes les fâcheuses conséquences sanitaires, soit elles iront à l’étranger comme on le faisait en France avant la loi Veil. Combien, avant la loi, de traversées vers Brighton et l’Angleterre ? Combien, dans le pire des cas, d’avortements clandestins aux conséquences dramatiques pour la santé des femmes. Ce qui se passe sous nos yeux en Espagne et aussi aux Etats-Unis où des médecins tombent sous les balles des fanatiques anti-avortement pourrait très bien se reproduire un jour en France si une majorité extrémiste venait au pouvoir. Certains promettent déjà d’abolir le mariage pour tous, pourquoi les mêmes ne proposeraient-ils pas d’interdire l’interruption volontaire de grossesse, l’homosexualité…Il s’agit de la même famille de pensée. Des Boutin et consorts…toujours à l’affut, toujours actifs, toujours prêts à sévir, à imposer leurs normes et leurs préjugés. Le combat des femmes espagnoles redevient notre combat. Ne fermons pas les yeux sur cette régression coupable de la droite ibère. 
(1) Il s'est trouvé un conservateur américain, candidat au Congrès, pour affirmer qu'une femme violée pouvait ne pas tomber enceinte si elle ne le voulait pas. « Elle a les moyens d'empêcher une grossesse dès la conception. » Il a été heureusement battu par les électeurs et je le souhaite par les électrices. Publié par à
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