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Petite leçon de marketing politique

Publié le 23 décembre 2013 par Oz

Quelle leçon ! Mais quelle leçon ! L’affaire de la non vente des Rafales au Brésil nous rappelle une vérité élémentaire en politique. Une vérité qui pourrait s’énoncer ainsi : en politique, le résultat ne colepte pas. Ce qui est important, c’est l’annonce du résultat. Un exemple pour bien comprendre : imaginons qu’un parti politique organise en son sein des élections pour désigner son président. Il se trouvera bien sûr toujours des petits malins pour croire qu’il est nécessaire d’attendre les résultats – ne riez pas – avant de les proclamer ! Et ils font comment, dites-moi, si le score ne tourne pas en leur faveur ?

Non ! Un véritable responsable politique conscient des enjeux ne peut pas prendre un risque pareil. Il sait qu’il doit annoncer sa victoire AVANT que ne tombent les résultats. C’est beaucoup plus sûr. Une simple question de bon sens.

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Avec les avions Rafales, c’est pareil : si vous attendez bêtement qu’un pays préfère un autre constructeur que celui que vous soutenez (celui de votre pays en général), vous risquez de devoir annoncer de mauvaises nouvelles aux citoyens. Et en plus de supporter le poids de cet échec aux yeux des électeurs, qui ne renouvelleront certainement pas son mandat à un type incapable de fourguer deux ou trois zingues à peine rouillés à des pays en voie de développement. Zéro sur toute la ligne.

La encore, la seule attitude responsable et sérieuse, c’est d’annoncer AVANT toute décision la vente d’un grand nombre d’avions. On ne peut quand même pas suspendre l’avenir de notre industrie aéronautique de pointe aux arbitrages de pays qui ne connaissent manifestement rien au sujet puisqu’ils ne sont pas en mesure d’en fabriquer eux mêmes !

Le récit de la vente vue par le Figaro: « Nicolas Sarkozy n’a pas fait un aller-retour au Brésil pour rien. Le chef de l’Etat est rentré, la nuit dernière, à Paris, avec le premier contrat de ventes du Rafale. Un succès politique, diplomatique et industriel pour le président français puisque l’achat de ces 36 avions de chasse représente un contrat d’environ 5 milliards d’euros. »

Ce ne serait pas très professionnel. Voyez comment s’y prend le maître en la matière. Celui qui n’a pas hésité autrefois à s’autoproclamer « meilleur ministre de l’intérieur » de tous les temps alors même qu’un simple examen rapide des chiffres de la délinquance démontrait le contraire ! Voyez comment il se réjouit d’avoir vendu autant d’avions – 36 au Brésil et 126 à l’Inde ! Mieux, tant qu’à faire il en rajoute, il en profite : ces ventes sont le témoignage de la confiance du reste du monde en l’économie française dans son ensemble, explique-t-il ! Et tout cela, alors qu’AUCUN contrat n’a été signé ! Bravo l’artiste.


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