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Test de KillZone Shadow Fall sur PS4

Publié le 23 décembre 2013 par Axime
Test de KillZone Shadow Fall sur PS4

Après des mois d’attente, la nouvelle génération de console a fait son apparition dans les magasins et avec elle son lot de jeux. Pour attirer le joueur, ce sont les exclusivités qui sont mises à l’honneur et pour la PS4 c’est Killzone : Shadow Fall qui endosse le rôle de porte étendard. Il faut dire que Killzone 2 avait fait les beaux jours de la PlayStation 3, démontrant par là même la puissance de la machine et on comprend que Sony ait une nouvelle fois fait confiance à Guerilla Games pour promouvoir sa console. Le retour des vectans et des helghasts sera-t-il suffisant pour faire basculer les joueurs vers la PS4 ?

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This is Vectaaaaaa

Il reste des FPS qui tentent de mettre en avant leur scénario, la série Killzone en fait partie même si celle-ci n’a jamais atteint des sommets. Après avoir été attaqués sur leur planète, les vectans envahissaient Helghan dans le deuxième épisode de la série, finissant par tuer le leader charismatique des autochtones. Bloqué sur une planète hostile, le petit commando responsable de ce coup d’éclat se trouvait au coeur d’un conflit politique entre helghasts. Cette guerre avait entraîné la destruction pure et simple de l’immense majorité des combattants aux yeux rouges et rendu leur planète inhabitable, ainsi prenait fin le troisième acte et la série sur PlayStation 3.

Les vectans, se sentant un peu coupables, pensent que c’est une bonne occasion de mettre fin à la guerre et de faire la paix. Ils proposent donc aux helghasts de les loger sur leur planète en délocalisant quelques habitants et, comme la vie privée est importante, ils érigent même un mur pour séparer les deux peuples. Inutile de dire que les choses ne se passeront pas aussi bien que prévu, surtout que laisser un peuple guerrier se charger lui-même de l’évacuation des anciens habitants n’était pas l’idée du millénaire. Si les errances étranges du scénario se limitaient à proposer à des tueurs psychopathes dont vous avez brûlé la maison de loger chez vous et d’aller chercher vos enfants à la sortie de l’école, on pourrait les oublier après quelques heures de jeux. Malheureusement, de nombreux petits détails rendent l’histoire incohérente, faisant que le joueur se demande si le mot logique fait partie du vocabulaire des scénaristes. C’est d’autant plus dommage que parfois nous avons le droit à des prises de risques payantes, des scènes qui marquent ou qui scotchent le joueur à son canapé, notamment une fin totalement réussie dont beaucoup devraient s'inspirer.

Vous incarnez Lucas Kellen, un vectan qui a malheureusement grandi dans la zone offerte aux adeptes des manteaux en cuir et des yeux rouges dont l’évacuation n’a pas été sans complication. Vous vivez en sachant ce qu’il se passe de l’autre côté du mur et la violence des helghasts, ce qui vous pousse à endosser le costume de Shadow Marshal. Ce corps d’armée est un regroupement de soldats d’élite dont les missions sont aussi secrètes que suicidaires, le tout sous la houlette de votre mentor Sinclair dont la crainte des helghasts n'a d'égale que son envie de les exterminer. Bref, vous allez voir du pays, parfois discrètement, parfois moins et n’attendez pas d’aide, vous êtes seul. Vous avez bien compris, vous n’arpenterez plus des couloirs sombres pendant une dizaine d’heures. Cette fois vous pouvez prendre l’air dans une petite forêt, une station spatiale et dans des lieux bien moins accueillants, le tout avec un gameplay qui a le mérite d’évoluer et de ne pas proposer une simple avancée uniquement ponctuée de combats. Cette variété nous permet de tenir la dizaine d'heures que dure l'aventure sans s'ennuyer le moins du monde. Une diversité qui fait plaisir à voir et qui surtout amène chaque joueur à attaquer une situation de manière personnelle lorsque cela est possible. Pour ne rien gâcher, la bande son nous plonge très bien dans l'ambiance, que ce soit la musique qui sait se faire discrète, les bruits de la forêt nous faisant oublier que la guerre fait rage ou le glissement des vaisseaux dans l'air, tout est fait pour nous faire endosser le costume de Kellen.

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Killzone Gear Solid

Pour ceux s’étant adonnés aux joies des épisodes PS3, la série de Guerilla Games ne faisait pas vraiment dans la dentelle. Seuls ou presque durant l’invasion de la planète ennemie, nos héros ne faisaient que fuir en avant, cherchant à survivre tout en essayant d’accomplir leur mission. L’action était au rendez-vous et chaque temps mort n’était que le prélude à une avalanche de nouveaux problèmes. S’il perd malheureusement cette intensité, Killzone : Shadow Fall y gagne dans la variété des situations. Certaines missions vous demanderont de tuer des dizaines d’ennemis à coup de grosse mitraillette tandis que d’autres nécessiteront un minimum d’infiltration. On est très loin des maîtres du genre, mais se faufiler pour briser une nuque et enchainer avec un lancer de couteau apportera toujours une pointe de satisfaction pour bien entamer le massacre à venir. On en tirerait encore plus de plaisir si l’IA n’était pas autant à la rue. Arriver en tyrolienne à côté d’un ennemi qui vient à peine de tourner le dos pour se laisser poignarder comme si de rien n’était n’est pas vraiment l’attitude qu’on attend d’un soldat d’élite.

Les amateurs des précédents épisodes peuvent être sous le choc, l’IA qui était l’une des grandes forces de Killzone est devenue l’une de ses faiblesses. Les ennemis arrivent au fur et à mesure, ne cherchent pas à vous déborder, et préfèrent vous laisser tranquillement à couvert pendant que vous les alignez. Même si vous vous retrouvez seul face à cinq d’entre eux derrière un muret, ils attendront patiemment que vous montriez votre tête plutôt que d’aller vous chercher eux-mêmes. Heureusement, ils demeurent toujours aussi forts et rester quelques secondes à découvert est souvent signe de mort. Le problème est que l’on perd beaucoup en pression et l’on ne se sent pas obligé de bouger de sa cachette tant qu’on a des munitions. Il faut alors se contenter des quelques scènes originales du jeu pour sentir l’adrénaline monter et l’excitation prendre le pas sur le sentiment de déjà-vu.

Alors qu’on pensait que ce Killzone allait rejoindre les tonnes de FPS bons mais sans originalité qui sortent par paquets tous les ans, un petit drone le sauve en apportant un peu de fraicheur bienvenue. Rapidement dans votre aventure, vous gagnerez un module répondant à votre guise. Celui-ci pourra attaquer, dresser un bouclier, émettre un choc électromagnétique ou servir de grappin. Bien que simple, cet ajout permet de changer radicalement la façon dont vous jouerez chaque situation. Vous pourrez ainsi avancer d’une cache à une autre derrière votre bouclier ou faire diversion en attaquant dans le dos les ennemis focalisés sur votre drone. Les choses deviennent encore plus tactiques lorsqu’on se rend compte que votre petit ami à boulons peut vous remettre sur pied après avoir mordu la poussière, mais uniquement si vous avez de quoi vous soigner et qu’il est disponible. Après chaque utilisation, votre acolyte se posera dans votre dos pour se recharger, il est alors indisponible pendant un moment. Si vous tombez au combat durant ce laps de temps, il ne pourra rien pour vous. On en vient donc à ne pas envoyer son sauveur à l'assaut de peur qu’il ne puisse pas nous sauver lorsqu’on en aura besoin. Sans être révolutionnaire, cet ajout apporte une dimension tactique supplémentaire qui rend le gameplay de cet épisode un peu moins classique.

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Next gen or not next gen, that is the question

Pour beaucoup, évaluer Killzone : Shadow Fall se résumait à savoir si le jeu mettrait la fameuse baffe graphique que tout le monde attend de la nouvelle génération. Killzone 2 avait fait fort sur la grande soeur de la PS4, alors forcément tout le monde espère la même chose de son descendant. La réponse à cette grande question est : oui. Le jeu est très joli à tous les niveaux, les visages, les animations et surtout la profondeur de champ absolument phénoménale sont de franches réussites. On sent que la génération précédente est déjà dépassée mais n’oublions pas qu’il s’agit d’un jeu de lancement, le meilleur est encore à venir.

Si l’évolution est là par rapport à ce qui se fait sur la désormais old gen, on ne peut s’empêcher de remarquer quelques petits effets, notamment dans les destructions, qui restent un peu trop artificiels. Ce n’est qu’une goutte d’eau face à l’océan de détails qui accrochent l’oeil, comme les traces de pas si vous marchez dans le sang de vos ennemis (ça marche aussi avec la boue pour les pacifistes), les effets de lumière et surtout cette profondeur de champ de vision qu’on a déjà évoquée mais qui est bien trop impressionnante pour ne pas en parler à nouveau. Cette affluence de détails est parfois mise un peu trop en avant, surtout sur les premières missions, où l’on a l’impression que l’on veut simplement nous montrer ce que la console a dans le ventre en plaçant des effets de lumières toutes les quinze secondes. Heureusement, on profite d’autres évolutions bienvenues avec des zones plus ouvertes qui donnent le choix du chemin à prendre, de la façon d’aborder la situation et donnent une réelle sensation de liberté. La plus grande surprise étant de découvrir qu’un décor lointain est en fait une zone qu’on peut aller visiter alors qu’auparavant on aurait eu droit à un mur invisible. On regrettera que ce sentiment de liberté et les zones ouvertes se terminent assez vite pour repasser sur un mode de progression plus classique avec des couloirs et autres bridages de progression.

A noter que comme tout bon titre exclusif de lancement qui se respecte, Killzone en profite pour placer les petits plus de la machine. Tout d’abord vous trouverez des journaux audio comme on en voit partout depuis Bioshock et ceux-ci seront lus via la manette. Surprenant au début, ce système rend la chose assez agréable, comme si vous écoutiez un message directement dans votre casque pendant que vous continuez l’exploration d’une zone. Enfin, la zone tactile sera utilisée pour le drone afin de savoir quel mode vous voulez que celui-ci adopte, bouclier, grapin, attaque ou onde de choc. Sans être révolutionnaire, cela apporte un certain dynamisme aux affrontements puisqu’en une simple caresse à ce petit pavé tactile, vous pouvez changer la fonction de votre bot, ce qui se fait rapidement, sans passer par un menu ni mettre le jeu en pause. Une petite évolution appréciable sans être révolutionnaire.

KSF est la baffe graphique que tout le monde attendait et s'il ne frappe pas aussi fort que le second épisode en son temps, ce dernier avait bénéficié d’un temps de développement très long avant de sortir. Pour l’un des premiers titres de la machine, Guerilla Games remplit parfaitement son contrat comme attendu. On est impatients de voir ce que donnera la suite car tout ceci s’annonce très prometteur.

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La guerre sans fin

Le solo ne nous apportant pas le grand frisson tant espéré, qu’en est-il du multijoueur. Là encore on se retrouve face à du classique au premier abord mais Killzone n’ayant pas à rougir de ce côté-là, ce n’est pas forcément un mal. On retrouve les modes habituelsde la série, à savoir du deathmatch, du capture the flag, de la défense ou prise d’objectif et un mode roi de la colline. Dans les salons classiques, ces différentes tâches s’enchainent au fur et à mesure, l’équipe gagnante étant celle qui a remporté plus de manches que son adversaire. C’est rythmé, prenant et le map design aide beaucoup à ne pas s’ennuyer une seule seconde. Vous découvrirez vite des dizaines de chemins pour rejoindre un même lieu, et donc autant de façons de surprendre un adversaire un peu trop casanier dans ses cachettes.

Les classes sont toujours de la partie mais seulement trois sont disponibles. Un bourrin pour foncer dans le tas, un éclaireur pouvant jouer le rôle de sniper ou d’artillerie légère et un soutien qui se battra plus avec des accessoires qu’avec ses propres armes. Il sera possible de sauvegarder différentes combinaisons de pouvoirs, armes, accessoires, grenades et autres joyeusetés meurtrières pour chaque classe. Vous pourrez ainsi choisir rapidement le type de personnage que vous allez faire apparaître au point de spawn sans passer des heures à tout (re)configurer à chaque fois. L’idée a beau être bonne et efficace, on regrette de ne pas avoir plus de classes avec pour chacune une spécialité un peu plus marquée. Il est parfois difficile de savoir exactement ce que votre team comporte comme combattants et ce dont elle a besoin. Ainsi si vous voyez une tourelle, un drone volant ou que quelqu’un vous remet sur pied, cela peut être une même classe et vous ne savez pas exactement comment la compléter au mieux. C’est d’autant plus dommage qu’il y avait largement de quoi partager lorsqu’on voit que les soutiens cumulent tourelles, bot aériens et guérison.

Toujours efficace grâce à ses maps, le multijoueur de Killzone : Shadow Fall souffre, encore une fois, de son classicisme alors qu’on espérait voir plus de modes de jeux. Certes, vous avez le choix de modifier énormément de paramètres comme la possibilité de mourir en une balle ou de ne pas pouvoir revenir à la vie en chaîne comme dans les parties classiques, mais les missions restent tout de même relativement bateau. On aurait adoré une plus grande prise de risque pour le premier épisode PS4 de la licence.

Tout ceci résume au final assez bien un Killzone : Shadow Fall prenant, beau, avec ses moments de pur bonheur mais qui pèche par du classique à chaque coin de couloir. Quelques zones d’ouverture dans les décors autant que dans la narration et les idées de gameplay permettent de prendre une bonne bouffée d’air, mais elles demandent un certain temps avant de daigner se montrer. Guerilla Games nous offre une bonne base pour l’avenir de la série en prouvant qu’ils peuvent changer totalement l’ambiance par rapport à Killzone 2 et 3 mais nous ne sommes pas encore au coup de maitre tant attendu. Les fondations sont solides, on attend désormais impatiemment de voir ce qui va se dresser dessus dans les années à venir, en espérant que ce ne soit pas un cauchemar digne de new Helghan.


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